Près d’Oradour-sur-Glane, un candidat RN reprend la propagande russe sur le massacre de 1944
Posté : 15 janvier 2026 12:24
Le Rassemblement National n'a décidément honte de rien.
Investi par le Rassemblement national pour les municipales à Condat-sur-Vienne, Jean-René Garinaud diffuse sur Facebook messages islamophobes, caricatures racistes et intox poutiniennes, notamment sur le tout proche village martyr.
Pour annoncer sa candidature à la mairie de Condat-sur-Vienne, une petite commune en périphérie de Limoges (Haute-Vienne), le RN Jean-René Garinaud a pu compter sur le soutien d’Albin Freychet, délégué départemental du parti à la flamme et lui-même en lice à Limoges. Parmi ses priorités, Jean-René Garinaud a affirmé au Populaire du Centre qu’il entendait «remettre de l’ordre» dans cette ville de 5 200 habitants qui, assure-t-il, souffrirait d’une «hausse de la délinquance de 10 %». Charité bien ordonnée commençant par soi-même, le candidat lepéniste aurait pu commencer par remettre de l’ordre dans son compte Facebook, où Libération a trouvé une série de messages islamophobes et de saillies complotistes au sujet du conflit ukrainien.
Depuis le début de l’offensive russe contre le pays voisin, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella louvoie : ses dirigeants expriment un timide soutien à Kyiv, mais nombre de ses cadres n’ont pas varié dans leur admiration pour l’autocrate russe Vladimir Poutine. Jean-René Garinaud, notamment, dit tout le mal qu’il pense du soutien européen à l’Ukraine. Au déclenchement du conflit, en 2022, il garnissait sa photo de profil d’un drapeau russe (remplacé depuis par un drapeau français). En mars de la même année, il relayait sur son compte un article tiré d’un obscur blog d’extrême droite radicale («Info-nationalistes») présentant faussement l’Ukraine comme «la plaque tournante du trafic international d’enfants».
Fausse information alignée sur le récit poutinien
Quelques semaines plus tard, le 11 mai, il poste ce message : «Zelensky ose évoquer le massacre d’Oradour-sur-Glane dans un discours mélodramatique en noir et blanc. Petit rappel historique, le bataillon nazi qui a rasé ce village [et fait 643 morts le 10 juin 1944, ndlr] était composé à 85 % d’Ukrainiens nazifiés.» Or, les travaux de nombreux chercheurs ont établi que sur l’ensemble du régiment «Der Führer», soit plus de 2 600 soldats, on ne comptait que quatre Volksdeutsche (Allemands vivant en dehors des frontières du Reich) originaires d’Ukraine, quatre venus de Russie et 24 auxiliaires soviétiques, pas forcément Ukrainiens d’ailleurs. Jean-René Garinaud, dont la commune se trouve à une trentaine de kilomètres du village martyr, reprenait une fausse information alignée sur le récit poutinien, où «l’opération spéciale» contre l’Ukraine est présentée comme une lutte pour «la dénazification de l’Ukraine».
https://www.liberation.fr/politique/pre ... E3Y43XVNI/
Investi par le Rassemblement national pour les municipales à Condat-sur-Vienne, Jean-René Garinaud diffuse sur Facebook messages islamophobes, caricatures racistes et intox poutiniennes, notamment sur le tout proche village martyr.
Pour annoncer sa candidature à la mairie de Condat-sur-Vienne, une petite commune en périphérie de Limoges (Haute-Vienne), le RN Jean-René Garinaud a pu compter sur le soutien d’Albin Freychet, délégué départemental du parti à la flamme et lui-même en lice à Limoges. Parmi ses priorités, Jean-René Garinaud a affirmé au Populaire du Centre qu’il entendait «remettre de l’ordre» dans cette ville de 5 200 habitants qui, assure-t-il, souffrirait d’une «hausse de la délinquance de 10 %». Charité bien ordonnée commençant par soi-même, le candidat lepéniste aurait pu commencer par remettre de l’ordre dans son compte Facebook, où Libération a trouvé une série de messages islamophobes et de saillies complotistes au sujet du conflit ukrainien.
Depuis le début de l’offensive russe contre le pays voisin, le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella louvoie : ses dirigeants expriment un timide soutien à Kyiv, mais nombre de ses cadres n’ont pas varié dans leur admiration pour l’autocrate russe Vladimir Poutine. Jean-René Garinaud, notamment, dit tout le mal qu’il pense du soutien européen à l’Ukraine. Au déclenchement du conflit, en 2022, il garnissait sa photo de profil d’un drapeau russe (remplacé depuis par un drapeau français). En mars de la même année, il relayait sur son compte un article tiré d’un obscur blog d’extrême droite radicale («Info-nationalistes») présentant faussement l’Ukraine comme «la plaque tournante du trafic international d’enfants».
Fausse information alignée sur le récit poutinien
Quelques semaines plus tard, le 11 mai, il poste ce message : «Zelensky ose évoquer le massacre d’Oradour-sur-Glane dans un discours mélodramatique en noir et blanc. Petit rappel historique, le bataillon nazi qui a rasé ce village [et fait 643 morts le 10 juin 1944, ndlr] était composé à 85 % d’Ukrainiens nazifiés.» Or, les travaux de nombreux chercheurs ont établi que sur l’ensemble du régiment «Der Führer», soit plus de 2 600 soldats, on ne comptait que quatre Volksdeutsche (Allemands vivant en dehors des frontières du Reich) originaires d’Ukraine, quatre venus de Russie et 24 auxiliaires soviétiques, pas forcément Ukrainiens d’ailleurs. Jean-René Garinaud, dont la commune se trouve à une trentaine de kilomètres du village martyr, reprenait une fausse information alignée sur le récit poutinien, où «l’opération spéciale» contre l’Ukraine est présentée comme une lutte pour «la dénazification de l’Ukraine».
https://www.liberation.fr/politique/pre ... E3Y43XVNI/