Meurtre de Crépol : ce que la justice a vraiment trouvé
Posté : 27 juin 2026 07:06
Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, tué d’un coup de couteau en novembre 2023 lors d’une fête de village dans la Drôme, les procureurs ont demandé le renvoi de 11 suspects devant la cour d’assises des mineurs. Voici ce que l’enquête a réellement établi, loin des rumeurs, des mensonges et des fantasmes qui ont enflammé la France.
25.06.2026
L’actualité déborde : l’affaire Lyhanna, du nom de cette fillette retrouvée morte et violée malgré les alertes judiciaires ignorées, la guerre en Iran, la Coupe du monde de football (dont les matchs organisés dans trois pays différents ne font pas oublier la façon dont l’Amérique de Trump traite les étrangers), la canicule qui s’abat sur la France… Dans ce brouhaha médiatique, l’annonce du réquisitoire définitif concernant le drame de Crépol, signé le 10 juin par le parquet de Valence, est passée presque inaperçue.
Ce réquisitoire ne manque pourtant pas d’intérêt, tant il permet de faire peu à peu émerger la réalité judiciaire de ce drame, loin des tempêtes politico-médiatiques qui ont alimenté des mois de haine, après la nuit tragique du 18 au 19 novembre 2023, durant laquelle le jeune Thomas Perotto a été tué d’un coup de couteau à la sortie d’un bal de village. Une réalité très différente, sans grande surprise, de ce que beaucoup ont raconté à l’époque.
291 pages de réquisitoire, pas d’aveu, un suspect principal
Sur les 14 personnes mises en examen, la vice-procureure demande que 11 soient jugées devant la cour d’assises des mineurs pour meurtre, tentative de meurtre et violences aggravées. Elle demande par ailleurs que deux autres suspects soient relaxés. Le quatorzième devra comparaître séparément pour « violence volontaire à l’égard d’une personne » dans le cadre d’une procédure plus rapide où il reconnaîtrait les faits. C’est maintenant aux juges d’instruction de décider s’ils confirment ou non ces demandes. Si c’est le cas, le procès se tiendra probablement au cours du second semestre 2027.
Ce document de 291 pages que Blast a consulté compile des dizaines de témoignages, des centaines d’heures d’écoutes téléphoniques, d’interrogatoires, de gardes à vue, de confrontations entre témoins et suspects, et une reconstitution organisée sur les lieux mêmes pour comprendre précisément comment les événements se sont enchaînés.
Aucun des prévenus dont le renvoi en cours d'assises est demandé n’a reconnu avoir porté le coup mortel sur Thomas Perotto. Pourtant, à la lecture du réquisitoire, les soupçons se focalisent sur un jeune homme en particulier.
Plusieurs éléments l’accablent. Un témoin l’a formellement désigné comme l’auteur des coups de couteau. Il reconnaît lui-même « avoir été en possession d'un couteau, qu'il dit avoir ramassé par terre alors qu'il était déjà ensanglanté », détaille la magistrate. Des écoutes téléphoniques le mentionnent, par des surnoms, « comme l'auteur du coup mortel sur Thomas Perotto. Il est d'ailleurs identifié par un témoin, […] comme étant tout près de Thomas Perotto puisqu'il aurait perdu sa chaussure à cet endroit-là ». Et surtout, « son empreinte génétique est retrouvée dans le sang prélevé sur la trappe au sol, ce qui confirme sa présence à cet endroit ». Comme tous les autres, il est présumé innocent jusqu’à ce qu’un tribunal le déclare coupable.
Quant aux dix autres suspects, ils sont poursuivis parce qu’ils faisaient partie du même groupe et se trouvaient au même endroit au même moment. La procureure explique : « La proximité géographique et temporelle dans laquelle les coups ont été portés, les cris des victimes qui signalaient l'usage de couteaux, l'affolement causé par la survenance des faits qui a fait dire à plusieurs victimes qu'elles ont eu l'impression de vivre un attentat, ne laissent aucun doute sur le fait que chacun des membres du groupe d'auteurs a mesuré pleinement la réalité et l'ampleur des actes auxquels il a participé ». Et elle ajoute : « Le seul fait de ne pas avoir été tous porteurs de couteau ne les exonère pas de leur responsabilité commune, les coups de couteaux n'ayant pu être portés qu'au bénéfice de l'action de l'ensemble du groupe d'individus, certains portant des coups ou jetant des projectiles, d'autres empêchant la fuite, dans une attitude agressive démontrant l'envie d'en découdre, qui ressort clairement des très courts extraits vidéo de la scène. » Autrement dit, tous ont participé à ce qui s’est passé.
Une soirée ordinaire, Tchikita et huit minutes de chaos
L’enquête a permis de reconstituer précisément le déroulement de la soirée : l’arrivée successive de ses participants, la montée progressive des tensions, jusqu'à l’explosion finale, brutale et dramatiquement courte.
C’est un bal classique qui se tient en ce soir de novembre à Crépol, organisé pour les jeunes gens de la région : musique contemporaine, alcool, agents de sécurité à l’entrée, espace fumeurs à l’extérieur. Se côtoient sans vraiment se mélanger les joueurs de l’équipe locale de rugby, les jeunes du village et ceux des quartiers populaires de Romans-sur-Isère. Plus d’une centaine de personnes au total.
La boisson aidant, les tensions apparaissent. La vice-procureure les décrit ainsi : « Jusqu'à 2h01, la soirée se déroulait sans particularité, étant tout de même précisé que de nombreux témoins font état de tensions existantes entre le groupe "de la Monnaie" qui ne participait pas, qui se sont accrochés avec plusieurs personnes à l'extérieur, ont pu proposer des produits stupéfiants à la vente ou être insistants avec les jeunes filles. Il est même évoqué que certains bousculaient et cherchaient les problèmes ». Ce comportement, note-t-elle, « n'est pas sans faire écho à plusieurs propos tenus par des témoins ou des mis en examen, selon lesquels les bals finissent bien souvent en bagarre, comme cela avait été le cas à Saint-Paul-lès-Romans par le passé ».
Des filles abordées de façon agressive, des regards qui s’affrontent, des algarades, et une étincelle. Sur un morceau du rappeur Jul, un jeune de Crépol tire les longs cheveux d’un jeune de Romans et l’appelle « Tchikita ». Le ton monte très vite. À 2h01 du matin, Thomas Perotto envoie un texto : « Dehors ça va partir en couille ».
Ce qui suit, la justice le résume sobrement : « Une bagarre décrite comme "généralisée" s'est ensuite tenue à l'extérieur de la salle ». Entre 2h01 et 2h09, de violents affrontements éclatent entre jeunes avinés et munis de couteaux. « Au cours de ces 8 minutes, il est constant que Thomas Perotto a été atteint d'un coup de couteau ayant entraîné son décès, porté au niveau du thorax, jusqu'à la garde compte tenu des berges ecchymotiques de la plaie, sans qu'il soit porteur par ailleurs de traces pouvant laisser penser qu'il ait lui-même porté des coups. »
Sans racisme ni préméditation
Huit minutes de chaos total. Un mort, deux blessés graves. Et, trois ans plus tard, 11 personnes renvoyées devant une cour d’assises. Sur ce fait horriblement divers, des médias déchaînés se sont jetés pour fabriquer un fantasme : celui d’un affrontement entre deux France, d’une expédition vengeresse des quartiers populaires contre les villages, d’une réplique, des siècles après, de l’attaque des « barbares » contre la « civilisation »… En boucle, ad nauseam. Blast l’a documenté en se rendant sur place en Isère, puis dans un numéro de « Rhinocéros » consacré à l’affaire, ainsi que dans une enquête fouillée sur la façon dont l’extrême droite a récupéré ce drame.
De tout ce déferlement politico-médiatique, de toutes ces bouffées de haine opportuniste, que reste-t-il aujourd’hui ? C’est simple : la justice n’a retenu aucun des éléments assénés à l’époque par ceux qui voulaient faire de ce tragique fait divers un « fait de civilisation ».
Sur la question de l’organisation d’abord. Le réquisitoire est direct : « Les éléments recueillis ne permettent pas d'établir l'existence d'une organisation suffisamment structurée entre les mis en examen ». Or, cette « bande organisée », une qualification juridique qui alourdit les peines, était au cœur du récit médiatique. Elle n’existe nulle part dans les faits établis par l’enquête.
Sur la préméditation ensuite, c’est-à-dire le fait d’avoir préparé le crime à l’avance. La procureure conclut qu’elle « apparaît en fin d'information judiciaire insuffisamment caractérisée. » En clair : personne n’est venu à Crépol cette nuit-là avec l’intention de tuer. Le fantasme d’une expédition vengeresse préparée de longue main n’était qu’un délire médiatique et raciste.
Sur le racisme, enfin. Des témoins disent avoir entendu des insultes racistes, dans les deux sens : du côté des jeunes de Crépol (« j’ai envie de taper du bougnoule »), comme du côté des jeunes de Romans (« De toute façon on est ici pour tuer des blancs »). Mais la justice n’a pas pu établir que ces paroles ont réellement été prononcées. La magistrate l’écrit clairement : « S'il ressort de la procédure que des insultes à caractère raciste ont été dénoncées de part et d'autre, le motif racial des faits n'a pas été retenu au stade de l'ouverture d'information judiciaire et n'a pas été davantage démontré au cours de l'information judiciaire ».
En attendant que les juges d’instruction valident ou non ces conclusions et que le procès s’ouvre, sans doute en 2027, la justice prend de grandes distances avec ce que certains présentaient comme une vérité établie. Ses conclusions sont nettement moins spectaculaires que l’emballement médiatique qui avait suivi le drame.
C’est sans doute pour cela qu’elles font si peu de bruit. La haine, décidément, se vend mieux que les faits.
https://www.blast-info.fr/articles/2026 ... w6G0pmok9w
25.06.2026
L’actualité déborde : l’affaire Lyhanna, du nom de cette fillette retrouvée morte et violée malgré les alertes judiciaires ignorées, la guerre en Iran, la Coupe du monde de football (dont les matchs organisés dans trois pays différents ne font pas oublier la façon dont l’Amérique de Trump traite les étrangers), la canicule qui s’abat sur la France… Dans ce brouhaha médiatique, l’annonce du réquisitoire définitif concernant le drame de Crépol, signé le 10 juin par le parquet de Valence, est passée presque inaperçue.
Ce réquisitoire ne manque pourtant pas d’intérêt, tant il permet de faire peu à peu émerger la réalité judiciaire de ce drame, loin des tempêtes politico-médiatiques qui ont alimenté des mois de haine, après la nuit tragique du 18 au 19 novembre 2023, durant laquelle le jeune Thomas Perotto a été tué d’un coup de couteau à la sortie d’un bal de village. Une réalité très différente, sans grande surprise, de ce que beaucoup ont raconté à l’époque.
291 pages de réquisitoire, pas d’aveu, un suspect principal
Sur les 14 personnes mises en examen, la vice-procureure demande que 11 soient jugées devant la cour d’assises des mineurs pour meurtre, tentative de meurtre et violences aggravées. Elle demande par ailleurs que deux autres suspects soient relaxés. Le quatorzième devra comparaître séparément pour « violence volontaire à l’égard d’une personne » dans le cadre d’une procédure plus rapide où il reconnaîtrait les faits. C’est maintenant aux juges d’instruction de décider s’ils confirment ou non ces demandes. Si c’est le cas, le procès se tiendra probablement au cours du second semestre 2027.
Ce document de 291 pages que Blast a consulté compile des dizaines de témoignages, des centaines d’heures d’écoutes téléphoniques, d’interrogatoires, de gardes à vue, de confrontations entre témoins et suspects, et une reconstitution organisée sur les lieux mêmes pour comprendre précisément comment les événements se sont enchaînés.
Aucun des prévenus dont le renvoi en cours d'assises est demandé n’a reconnu avoir porté le coup mortel sur Thomas Perotto. Pourtant, à la lecture du réquisitoire, les soupçons se focalisent sur un jeune homme en particulier.
Plusieurs éléments l’accablent. Un témoin l’a formellement désigné comme l’auteur des coups de couteau. Il reconnaît lui-même « avoir été en possession d'un couteau, qu'il dit avoir ramassé par terre alors qu'il était déjà ensanglanté », détaille la magistrate. Des écoutes téléphoniques le mentionnent, par des surnoms, « comme l'auteur du coup mortel sur Thomas Perotto. Il est d'ailleurs identifié par un témoin, […] comme étant tout près de Thomas Perotto puisqu'il aurait perdu sa chaussure à cet endroit-là ». Et surtout, « son empreinte génétique est retrouvée dans le sang prélevé sur la trappe au sol, ce qui confirme sa présence à cet endroit ». Comme tous les autres, il est présumé innocent jusqu’à ce qu’un tribunal le déclare coupable.
Quant aux dix autres suspects, ils sont poursuivis parce qu’ils faisaient partie du même groupe et se trouvaient au même endroit au même moment. La procureure explique : « La proximité géographique et temporelle dans laquelle les coups ont été portés, les cris des victimes qui signalaient l'usage de couteaux, l'affolement causé par la survenance des faits qui a fait dire à plusieurs victimes qu'elles ont eu l'impression de vivre un attentat, ne laissent aucun doute sur le fait que chacun des membres du groupe d'auteurs a mesuré pleinement la réalité et l'ampleur des actes auxquels il a participé ». Et elle ajoute : « Le seul fait de ne pas avoir été tous porteurs de couteau ne les exonère pas de leur responsabilité commune, les coups de couteaux n'ayant pu être portés qu'au bénéfice de l'action de l'ensemble du groupe d'individus, certains portant des coups ou jetant des projectiles, d'autres empêchant la fuite, dans une attitude agressive démontrant l'envie d'en découdre, qui ressort clairement des très courts extraits vidéo de la scène. » Autrement dit, tous ont participé à ce qui s’est passé.
Une soirée ordinaire, Tchikita et huit minutes de chaos
L’enquête a permis de reconstituer précisément le déroulement de la soirée : l’arrivée successive de ses participants, la montée progressive des tensions, jusqu'à l’explosion finale, brutale et dramatiquement courte.
C’est un bal classique qui se tient en ce soir de novembre à Crépol, organisé pour les jeunes gens de la région : musique contemporaine, alcool, agents de sécurité à l’entrée, espace fumeurs à l’extérieur. Se côtoient sans vraiment se mélanger les joueurs de l’équipe locale de rugby, les jeunes du village et ceux des quartiers populaires de Romans-sur-Isère. Plus d’une centaine de personnes au total.
La boisson aidant, les tensions apparaissent. La vice-procureure les décrit ainsi : « Jusqu'à 2h01, la soirée se déroulait sans particularité, étant tout de même précisé que de nombreux témoins font état de tensions existantes entre le groupe "de la Monnaie" qui ne participait pas, qui se sont accrochés avec plusieurs personnes à l'extérieur, ont pu proposer des produits stupéfiants à la vente ou être insistants avec les jeunes filles. Il est même évoqué que certains bousculaient et cherchaient les problèmes ». Ce comportement, note-t-elle, « n'est pas sans faire écho à plusieurs propos tenus par des témoins ou des mis en examen, selon lesquels les bals finissent bien souvent en bagarre, comme cela avait été le cas à Saint-Paul-lès-Romans par le passé ».
Des filles abordées de façon agressive, des regards qui s’affrontent, des algarades, et une étincelle. Sur un morceau du rappeur Jul, un jeune de Crépol tire les longs cheveux d’un jeune de Romans et l’appelle « Tchikita ». Le ton monte très vite. À 2h01 du matin, Thomas Perotto envoie un texto : « Dehors ça va partir en couille ».
Ce qui suit, la justice le résume sobrement : « Une bagarre décrite comme "généralisée" s'est ensuite tenue à l'extérieur de la salle ». Entre 2h01 et 2h09, de violents affrontements éclatent entre jeunes avinés et munis de couteaux. « Au cours de ces 8 minutes, il est constant que Thomas Perotto a été atteint d'un coup de couteau ayant entraîné son décès, porté au niveau du thorax, jusqu'à la garde compte tenu des berges ecchymotiques de la plaie, sans qu'il soit porteur par ailleurs de traces pouvant laisser penser qu'il ait lui-même porté des coups. »
Sans racisme ni préméditation
Huit minutes de chaos total. Un mort, deux blessés graves. Et, trois ans plus tard, 11 personnes renvoyées devant une cour d’assises. Sur ce fait horriblement divers, des médias déchaînés se sont jetés pour fabriquer un fantasme : celui d’un affrontement entre deux France, d’une expédition vengeresse des quartiers populaires contre les villages, d’une réplique, des siècles après, de l’attaque des « barbares » contre la « civilisation »… En boucle, ad nauseam. Blast l’a documenté en se rendant sur place en Isère, puis dans un numéro de « Rhinocéros » consacré à l’affaire, ainsi que dans une enquête fouillée sur la façon dont l’extrême droite a récupéré ce drame.
De tout ce déferlement politico-médiatique, de toutes ces bouffées de haine opportuniste, que reste-t-il aujourd’hui ? C’est simple : la justice n’a retenu aucun des éléments assénés à l’époque par ceux qui voulaient faire de ce tragique fait divers un « fait de civilisation ».
Sur la question de l’organisation d’abord. Le réquisitoire est direct : « Les éléments recueillis ne permettent pas d'établir l'existence d'une organisation suffisamment structurée entre les mis en examen ». Or, cette « bande organisée », une qualification juridique qui alourdit les peines, était au cœur du récit médiatique. Elle n’existe nulle part dans les faits établis par l’enquête.
Sur la préméditation ensuite, c’est-à-dire le fait d’avoir préparé le crime à l’avance. La procureure conclut qu’elle « apparaît en fin d'information judiciaire insuffisamment caractérisée. » En clair : personne n’est venu à Crépol cette nuit-là avec l’intention de tuer. Le fantasme d’une expédition vengeresse préparée de longue main n’était qu’un délire médiatique et raciste.
Sur le racisme, enfin. Des témoins disent avoir entendu des insultes racistes, dans les deux sens : du côté des jeunes de Crépol (« j’ai envie de taper du bougnoule »), comme du côté des jeunes de Romans (« De toute façon on est ici pour tuer des blancs »). Mais la justice n’a pas pu établir que ces paroles ont réellement été prononcées. La magistrate l’écrit clairement : « S'il ressort de la procédure que des insultes à caractère raciste ont été dénoncées de part et d'autre, le motif racial des faits n'a pas été retenu au stade de l'ouverture d'information judiciaire et n'a pas été davantage démontré au cours de l'information judiciaire ».
En attendant que les juges d’instruction valident ou non ces conclusions et que le procès s’ouvre, sans doute en 2027, la justice prend de grandes distances avec ce que certains présentaient comme une vérité établie. Ses conclusions sont nettement moins spectaculaires que l’emballement médiatique qui avait suivi le drame.
C’est sans doute pour cela qu’elles font si peu de bruit. La haine, décidément, se vend mieux que les faits.
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