CNews définitivement condamnée pour les propos diffamatoires d’Éric Zemmour contre Danièle Obono
Posté : 27 juin 2026 17:57
La Cour de cassation a confirmé la condamnation de la chaîne, qui avait laissé Éric Zemmour accuser la députée LFI de « dire tout son amour pour Mohammed Merah ». Dernière sanction d’une longue liste pour l’ancien polémiste, qui a multiplié les outrances racistes sur les plateaux du média de Vincent Bolloré.
26 juin 2026 à 14h33
Aux mises en demeure de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) s’ajoutent les condamnations en justice. Alors que la première vient de sanctionner CNews pour ses manquements répétés aux règles du pluralisme, la chaîne de Vincent Bolloré a été définitivement condamnée, mardi 23 juin, pour diffamation envers la députée La France insoumise (LFI) Danièle Obono.
L’auteur des propos incriminés est un multirécidiviste, condamné à de nombreuses reprises pour incitation à la haine, diffamation, injure ou contestation de crimes contre l’humanité : Éric Zemmour. Le président de Reconquête, à l’époque éditorialiste de CNews, où il multipliait les outrances racistes, avait attaqué l’élue insoumise, qui venait d’être caricaturée en esclave par le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles.
Dans l’émission « Face à l’info », Éric Zemmour avait accusé Danièle Obono « d’organiser des réunions interdites aux Blancs » et « de dire tout son amour pour Mohammed Merah, qui tue des enfants juifs ». Des propos que le tribunal de Paris avait condamnés en 2024. Confirmée en janvier 2025 par la cour d’appel de Paris, cette décision est donc devenue définitive après le rejet du pourvoi en cassation du directeur de publication de CNews de l’époque, Jean-Christophe Thiery.
Dans son arrêt, la cour d’appel avait confirmé que les propos d’Éric Zemmour étaient diffamatoires, étant « à l’évidence contraires à la morale publique et susceptibles de porter atteinte à l’honneur et à la réputation » de la députée LFI, et n’étant adossés à « aucune base factuelle ». « Que chacun·e se le tienne pour dit : je ne laisserai rien passer », a réagi Danièle Obono sur le réseau social X, se réjouissant de cette condamnation définitive du polémiste et de la chaîne d’extrême droite.
Éric Zemmour, multirécidiviste
Selon le décompte récent effectué par Le Nouvel Obs, les différentes déclarations d’Éric Zemmour sur le plateau de « Face à l’info » l’ont amené devant la justice à sept reprises, aux côtés de la chaîne de Vincent Bolloré. Il avait notamment accusé l’Institut national d’études démographiques (Ined) de « truquer les chiffres » ; affirmé que « tous les trafiquants de crack sont des Sénégalais » ; prétendu que Philippe Pétain avait « sauvé » les juifs français ; ou encore accusé « les personnes homosexuelles » d’avoir « asservi l’État à leur profit ».
En septembre 2020, celui qui considère que ses condamnations « sont des médailles » avait encore déclaré en plateau, à propos des mineurs isolés, que « ces jeunes, comme le reste de l’immigration […], n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs ! C’est tout ce qu’ils sont ». Des propos violents qui lui avaient valu, ainsi qu’à CNews, une condamnation pour injure publique et provocation à la haine.
La chaîne de Vincent Bolloré avait par ailleurs été sanctionnée d’une amende de 200 000 euros par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui avait constaté qu’« aucune réaction suffisamment marquée n’a[vait] été apportée à ces déclarations par les personnes en plateau ».
Au total, selon un décompte de Mediapart, CNews a été sanctionnée à vingt-huit reprises par l’autorité de régulation de l’audiovisuel, pour un total de 630 001 euros d’amende, dont 31 % du seul fait d’Éric Zemmour. Sans compter les amendes que la chaîne doit payer après ses diverses condamnations en justice, pour avoir laissé le polémiste, probable candidat à la présidentielle de 2027, prononcer des propos diffamatoires ou incitant à la haine.
https://www.mediapart.fr/journal/politi ... iele-obono
26 juin 2026 à 14h33
Aux mises en demeure de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) s’ajoutent les condamnations en justice. Alors que la première vient de sanctionner CNews pour ses manquements répétés aux règles du pluralisme, la chaîne de Vincent Bolloré a été définitivement condamnée, mardi 23 juin, pour diffamation envers la députée La France insoumise (LFI) Danièle Obono.
L’auteur des propos incriminés est un multirécidiviste, condamné à de nombreuses reprises pour incitation à la haine, diffamation, injure ou contestation de crimes contre l’humanité : Éric Zemmour. Le président de Reconquête, à l’époque éditorialiste de CNews, où il multipliait les outrances racistes, avait attaqué l’élue insoumise, qui venait d’être caricaturée en esclave par le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles.
Dans l’émission « Face à l’info », Éric Zemmour avait accusé Danièle Obono « d’organiser des réunions interdites aux Blancs » et « de dire tout son amour pour Mohammed Merah, qui tue des enfants juifs ». Des propos que le tribunal de Paris avait condamnés en 2024. Confirmée en janvier 2025 par la cour d’appel de Paris, cette décision est donc devenue définitive après le rejet du pourvoi en cassation du directeur de publication de CNews de l’époque, Jean-Christophe Thiery.
Dans son arrêt, la cour d’appel avait confirmé que les propos d’Éric Zemmour étaient diffamatoires, étant « à l’évidence contraires à la morale publique et susceptibles de porter atteinte à l’honneur et à la réputation » de la députée LFI, et n’étant adossés à « aucune base factuelle ». « Que chacun·e se le tienne pour dit : je ne laisserai rien passer », a réagi Danièle Obono sur le réseau social X, se réjouissant de cette condamnation définitive du polémiste et de la chaîne d’extrême droite.
Éric Zemmour, multirécidiviste
Selon le décompte récent effectué par Le Nouvel Obs, les différentes déclarations d’Éric Zemmour sur le plateau de « Face à l’info » l’ont amené devant la justice à sept reprises, aux côtés de la chaîne de Vincent Bolloré. Il avait notamment accusé l’Institut national d’études démographiques (Ined) de « truquer les chiffres » ; affirmé que « tous les trafiquants de crack sont des Sénégalais » ; prétendu que Philippe Pétain avait « sauvé » les juifs français ; ou encore accusé « les personnes homosexuelles » d’avoir « asservi l’État à leur profit ».
En septembre 2020, celui qui considère que ses condamnations « sont des médailles » avait encore déclaré en plateau, à propos des mineurs isolés, que « ces jeunes, comme le reste de l’immigration […], n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs ! C’est tout ce qu’ils sont ». Des propos violents qui lui avaient valu, ainsi qu’à CNews, une condamnation pour injure publique et provocation à la haine.
La chaîne de Vincent Bolloré avait par ailleurs été sanctionnée d’une amende de 200 000 euros par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui avait constaté qu’« aucune réaction suffisamment marquée n’a[vait] été apportée à ces déclarations par les personnes en plateau ».
Au total, selon un décompte de Mediapart, CNews a été sanctionnée à vingt-huit reprises par l’autorité de régulation de l’audiovisuel, pour un total de 630 001 euros d’amende, dont 31 % du seul fait d’Éric Zemmour. Sans compter les amendes que la chaîne doit payer après ses diverses condamnations en justice, pour avoir laissé le polémiste, probable candidat à la présidentielle de 2027, prononcer des propos diffamatoires ou incitant à la haine.
https://www.mediapart.fr/journal/politi ... iele-obono