le nom de la boxeuse Imane Khelif recalé par les élus LR et RN de la région Auvergne-Rhône-Alpes
Posté : 30 juin 2026 08:03
et qui avait été roposé par des lycéens pour baptiser une salle
Ce n'est pas le RN qui passe son temps à vouloir référendum sur référendum pour donner la "parole" aux français ?
Dans le cas présent, les lycéens ont reçu une fin de non recevoir.
"Dans le cadre d’un projet sur l’égalité filles-garçons, des élèves de Meyzieu, dans le Rhône, voulaient rendre hommage à la championne olympique. Un vote au conseil régional, jeudi 25 juin, a coupé court à leur suggestion.
Etre championne olympique de boxe et avoir été victime de théories transphobes et de discriminations dans sa discipline ne suffit pas pour avoir une salle à son nom. En tout cas pas dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Des élèves d’un lycée public de Meyzieu, dans le Rhône, voulaient donner le nom de la boxeuse algérienne Imane Khelif, cible d’attaques récurrentes sur sa féminité, à une salle de leur établissement. Mais jeudi 25 juin, lors d’un vote sur la «dénomination de son patrimoine», le conseil régional dirigé par Les Républicains (LR) leur a dit non.
Des «règles» à suivre avant de baptiser les lycées publics ou les équipements sportifs de la région ont en effet été adoptées par une majorité de conseillers régionaux, composée d’élus LR et Rassemblement national (RN), contre l’opposition de gauche qui a dénoncé une «police des pensées». C’est une mesure «de bon sens, tout simplement, parce qu’on ne pourrait pas rester dans un désordre où chacun irait de sa petite idée», a défendu de son côté le président de la région, Fabrice Pannekoucke, lors des débats.
Le RN redonne du crédit aux théories transphobes
En vertu du nouveau texte, ne pourront être retenus que des noms «consensuels, dignes et fédérateurs», avec une priorité aux noms de lieux de la région, éventuellement aux personnalités décédées au parcours «rassembleur». Si des personnalités vivantes sont envisagées, «elles devront avoir donné leur accord, être de nationalité française et entretenir un lien fort avec nos territoires». Dans tous les cas, le dernier mot reviendra aux élus de la région. Résultat : l’adoption du texte a permis à la droite et à l’extrême droite de passer directement à l’acte en opposant sur-le-champ une fin de non-recevoir à la proposition des élèves de Meyzieu. Ces derniers avaient choisi la boxeuse dans le cadre d’un projet sur l’égalité filles-garçons pour désigner la salle polyvalente de leur établissement.
Pour justifier ce vote défavorable, l’élu RN Benoît Auguste a estimé, rapporte Ici Auvergne-Rhône-Alpes, que «donner le nom d’un espace à une représentante étrangère dont le palmarès interroge les principes d’équité sportive et dont le pays crache allègrement sur la France» relevait, selon lui, d’un «agenda idéologique». Et l’ancien candidat lepéniste malheureux aux législatives de 2024 de raviver au passage la polémique qu’avait subie en 2024 la boxeuse médaillée d’or aux JO de Paris.
«Police des dénominations»
Bien que née fille, Imane Khelif est naturellement porteuse du gène SRY, considéré comme indicateur de masculinité, et présente donc un excès d’hormones masculines. Ce qui lui avait valu de violentes attaques sur son genre, sur fond de transphobie alimenté par le responsable politique d’extrême droite italien Matteo Salvini, allié de Marine Le Pen et Jordan Bardella, durant et après son parcours victorieux à Paris. En septembre dernier, elle s’était même vu refuser sa participation aux championnats du monde de World Boxing dont les organisateurs avaient imposé d’absurdes «tests de féminité» aux concurrentes.
Depuis, les injures n’ont jamais totalement cessé et le choix des lycéens de Meyzieu a d’ailleurs suscité le même type d’attaques, a rappelé l’élu écologiste Axel Marin : «L’ensemble des élèves et de la communauté éducative a été heurté, insulté, menacé en ligne.» Mais, «plutôt que de soutenir les élèves et l’équipe pédagogique, vous faites le choix de rejoindre l’extrême droite», a regretté le conseiller, en critiquant une réponse «indigne», «une véritable police de la pensée.» Lui aussi membre de l’opposition régionale, le communiste Boris Bouchet a également dénoncé une «police des dénominations». «Il suffira qu’une polémique soit fabriquée pour qu’un projet devienne impossible», a-t-il craint. Ou comment la droite pourrait se retrouver accusée de «cancel culture»."
https://www.liberation.fr/politique/pro ... C7PYL3RTA/
Ce n'est pas le RN qui passe son temps à vouloir référendum sur référendum pour donner la "parole" aux français ?
Dans le cas présent, les lycéens ont reçu une fin de non recevoir.
"Dans le cadre d’un projet sur l’égalité filles-garçons, des élèves de Meyzieu, dans le Rhône, voulaient rendre hommage à la championne olympique. Un vote au conseil régional, jeudi 25 juin, a coupé court à leur suggestion.
Etre championne olympique de boxe et avoir été victime de théories transphobes et de discriminations dans sa discipline ne suffit pas pour avoir une salle à son nom. En tout cas pas dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Des élèves d’un lycée public de Meyzieu, dans le Rhône, voulaient donner le nom de la boxeuse algérienne Imane Khelif, cible d’attaques récurrentes sur sa féminité, à une salle de leur établissement. Mais jeudi 25 juin, lors d’un vote sur la «dénomination de son patrimoine», le conseil régional dirigé par Les Républicains (LR) leur a dit non.
Des «règles» à suivre avant de baptiser les lycées publics ou les équipements sportifs de la région ont en effet été adoptées par une majorité de conseillers régionaux, composée d’élus LR et Rassemblement national (RN), contre l’opposition de gauche qui a dénoncé une «police des pensées». C’est une mesure «de bon sens, tout simplement, parce qu’on ne pourrait pas rester dans un désordre où chacun irait de sa petite idée», a défendu de son côté le président de la région, Fabrice Pannekoucke, lors des débats.
Le RN redonne du crédit aux théories transphobes
En vertu du nouveau texte, ne pourront être retenus que des noms «consensuels, dignes et fédérateurs», avec une priorité aux noms de lieux de la région, éventuellement aux personnalités décédées au parcours «rassembleur». Si des personnalités vivantes sont envisagées, «elles devront avoir donné leur accord, être de nationalité française et entretenir un lien fort avec nos territoires». Dans tous les cas, le dernier mot reviendra aux élus de la région. Résultat : l’adoption du texte a permis à la droite et à l’extrême droite de passer directement à l’acte en opposant sur-le-champ une fin de non-recevoir à la proposition des élèves de Meyzieu. Ces derniers avaient choisi la boxeuse dans le cadre d’un projet sur l’égalité filles-garçons pour désigner la salle polyvalente de leur établissement.
Pour justifier ce vote défavorable, l’élu RN Benoît Auguste a estimé, rapporte Ici Auvergne-Rhône-Alpes, que «donner le nom d’un espace à une représentante étrangère dont le palmarès interroge les principes d’équité sportive et dont le pays crache allègrement sur la France» relevait, selon lui, d’un «agenda idéologique». Et l’ancien candidat lepéniste malheureux aux législatives de 2024 de raviver au passage la polémique qu’avait subie en 2024 la boxeuse médaillée d’or aux JO de Paris.
«Police des dénominations»
Bien que née fille, Imane Khelif est naturellement porteuse du gène SRY, considéré comme indicateur de masculinité, et présente donc un excès d’hormones masculines. Ce qui lui avait valu de violentes attaques sur son genre, sur fond de transphobie alimenté par le responsable politique d’extrême droite italien Matteo Salvini, allié de Marine Le Pen et Jordan Bardella, durant et après son parcours victorieux à Paris. En septembre dernier, elle s’était même vu refuser sa participation aux championnats du monde de World Boxing dont les organisateurs avaient imposé d’absurdes «tests de féminité» aux concurrentes.
Depuis, les injures n’ont jamais totalement cessé et le choix des lycéens de Meyzieu a d’ailleurs suscité le même type d’attaques, a rappelé l’élu écologiste Axel Marin : «L’ensemble des élèves et de la communauté éducative a été heurté, insulté, menacé en ligne.» Mais, «plutôt que de soutenir les élèves et l’équipe pédagogique, vous faites le choix de rejoindre l’extrême droite», a regretté le conseiller, en critiquant une réponse «indigne», «une véritable police de la pensée.» Lui aussi membre de l’opposition régionale, le communiste Boris Bouchet a également dénoncé une «police des dénominations». «Il suffira qu’une polémique soit fabriquée pour qu’un projet devienne impossible», a-t-il craint. Ou comment la droite pourrait se retrouver accusée de «cancel culture»."
https://www.liberation.fr/politique/pro ... C7PYL3RTA/