L’eurodéputée Rima Hassan jugée pour «apologie du terrorisme» ce mardi
Posté : 07 juillet 2026 07:17
L’élue comparaît devant la justice ce mardi 7 juillet pour un message glorifiant l’auteur d’un attentat en Israël en 1972. L’insoumise et ses soutiens dénoncent un procès «politique», alors que les procédures pour ce délit se multiplient.
Il s’agit du premier renvoi d’une personnalité politique devant la justice pour ce motif. Rima Hassan comparaît auprès du tribunal correctionnel de Paris ce mardi 7 juillet pour «apologie du terrorisme», après un message publié en mars sur X dans lequel elle reprenait les propos de Kōzō Okamoto, auteur d’un massacre ayant fait 26 morts en mai 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv, au nom du Front populaire de libération de la Palestine.
Dans cette publication, supprimée depuis, l’élue insoumise de 34 ans, devenue figure du mouvement de solidarité avec la Palestine, reprenait des propos attribués à cet ancien membre de l’Armée rouge japonaise. «Kōzō Okamoto : J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir», écrivait l’eurodéputée, accompagnant une photo «sur laquelle il était porté sur les épaules d’hommes vêtus de treillis et de keffieh», précisait le parquet de Paris. Ces propos ont été signalés au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis l’Organisation juive européenne et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. «C’était normal de faire un signalement […] le tweet de Mme Hassan est grave […], il n’y a pas d’acharnement», avait fait valoir la place Beauvau, affirmant qu’il ne «fallait rien laisser passer».
Rassemblement et tribune de soutien
Sollicité par Libération, l’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, dénonce «une volonté politique» et «un acharnement judiciaire» à l’encontre de sa cliente. Le procès de ce mardi illustre «l’utilisation de la voie pénale pour débattre de propos qui tombent sous le coup de la liberté d’expression», estime le conseil de l’élue.
Un rassemblement est prévu à 12 h 30 sur le parvis du tribunal pour dénoncer «la répression de la solidarité avec la Palestine en France et alerter sur le glissement de l’Etat de droit et le rétrécissement de nos libertés fondamentales», rallié par plusieurs personnalités et élus insoumis, à l’instar du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.
Une tribune intitulée «Non au délit de Palestine», publiée par l’Humanité, a également été rédigée en soutien à l’eurodéputée franco palestinienne. Le texte compte plus de 210 signataires, parmi lesquels Christiane Taubira, Xavier Dolan, Annie Ernaux ou encore Camille Etienne. «Il s’agit de la 22ème procédure engagée contre moi en raison de mes opinions et positions politiques en lien avec mon mandat d’élue», a rappelé Rima Hassan sur X, à la veille de son procès, saluant le soutien de ces «personnalités issues du monde de la culture, de la politique et de la société civile, en France et à l’international».
Signalements en forte hausse
Le délit d’apologie du terrorisme fait débat, notamment depuis le 7 octobre 2023 et l’attaque du Hamas en Israël. Jusqu’en 2014, il relevait du droit de la presse, avant de passer dans le code pénal. S’inquiétant des conséquences d’une telle requalification sur la liberté d’expression, La France insoumise avait d’ailleurs présenté en novembre 2024 un texte visant à abroger ce délit du code pénal et à revenir à la loi de 1881 sur la liberté de la presse, sans succès.
Sous l’effet de cette nouvelle législation et depuis l’attaque du Hamas, le nombre de signalements et plaintes pour «apologie du terrorisme» a explosé. Entre le 7 octobre 2023 et le 23 avril 2024 seulement, le parquet de Paris, qui gère la majorité de ces affaires, comptait 386 saisines en lien avec ce conflit – à titre de comparaison, pour l’année 2022, le pôle haine en ligne avait été saisi 500 fois, toutes affaires confondues. Selon l’avocat Christophe Bigot, la hausse des poursuites pour ce motif est notamment le fait de plaintes d’associations engagées pour la défense d’Israël et la politique de son Premier ministre, Benyamin Nétanyahou.
https://www.liberation.fr/societe/polic ... PHE6P7ZRM/
Il s’agit du premier renvoi d’une personnalité politique devant la justice pour ce motif. Rima Hassan comparaît auprès du tribunal correctionnel de Paris ce mardi 7 juillet pour «apologie du terrorisme», après un message publié en mars sur X dans lequel elle reprenait les propos de Kōzō Okamoto, auteur d’un massacre ayant fait 26 morts en mai 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv, au nom du Front populaire de libération de la Palestine.
Dans cette publication, supprimée depuis, l’élue insoumise de 34 ans, devenue figure du mouvement de solidarité avec la Palestine, reprenait des propos attribués à cet ancien membre de l’Armée rouge japonaise. «Kōzō Okamoto : J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir», écrivait l’eurodéputée, accompagnant une photo «sur laquelle il était porté sur les épaules d’hommes vêtus de treillis et de keffieh», précisait le parquet de Paris. Ces propos ont été signalés au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis l’Organisation juive européenne et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. «C’était normal de faire un signalement […] le tweet de Mme Hassan est grave […], il n’y a pas d’acharnement», avait fait valoir la place Beauvau, affirmant qu’il ne «fallait rien laisser passer».
Rassemblement et tribune de soutien
Sollicité par Libération, l’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, dénonce «une volonté politique» et «un acharnement judiciaire» à l’encontre de sa cliente. Le procès de ce mardi illustre «l’utilisation de la voie pénale pour débattre de propos qui tombent sous le coup de la liberté d’expression», estime le conseil de l’élue.
Un rassemblement est prévu à 12 h 30 sur le parvis du tribunal pour dénoncer «la répression de la solidarité avec la Palestine en France et alerter sur le glissement de l’Etat de droit et le rétrécissement de nos libertés fondamentales», rallié par plusieurs personnalités et élus insoumis, à l’instar du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.
Une tribune intitulée «Non au délit de Palestine», publiée par l’Humanité, a également été rédigée en soutien à l’eurodéputée franco palestinienne. Le texte compte plus de 210 signataires, parmi lesquels Christiane Taubira, Xavier Dolan, Annie Ernaux ou encore Camille Etienne. «Il s’agit de la 22ème procédure engagée contre moi en raison de mes opinions et positions politiques en lien avec mon mandat d’élue», a rappelé Rima Hassan sur X, à la veille de son procès, saluant le soutien de ces «personnalités issues du monde de la culture, de la politique et de la société civile, en France et à l’international».
Signalements en forte hausse
Le délit d’apologie du terrorisme fait débat, notamment depuis le 7 octobre 2023 et l’attaque du Hamas en Israël. Jusqu’en 2014, il relevait du droit de la presse, avant de passer dans le code pénal. S’inquiétant des conséquences d’une telle requalification sur la liberté d’expression, La France insoumise avait d’ailleurs présenté en novembre 2024 un texte visant à abroger ce délit du code pénal et à revenir à la loi de 1881 sur la liberté de la presse, sans succès.
Sous l’effet de cette nouvelle législation et depuis l’attaque du Hamas, le nombre de signalements et plaintes pour «apologie du terrorisme» a explosé. Entre le 7 octobre 2023 et le 23 avril 2024 seulement, le parquet de Paris, qui gère la majorité de ces affaires, comptait 386 saisines en lien avec ce conflit – à titre de comparaison, pour l’année 2022, le pôle haine en ligne avait été saisi 500 fois, toutes affaires confondues. Selon l’avocat Christophe Bigot, la hausse des poursuites pour ce motif est notamment le fait de plaintes d’associations engagées pour la défense d’Israël et la politique de son Premier ministre, Benyamin Nétanyahou.
https://www.liberation.fr/societe/polic ... PHE6P7ZRM/