« Mettre la dette au frigo » : faisable ou farfelu ?
Posté : 24 août 2026 19:41
Suite au ballon d'essai de Mélenchon, une cinquantaine d'économistes signe une tribune dans le Nouvel Obs pour défendre cette idée :
Je n'ai cité que les premiers et le dernier paragraphes, le reste peut se lire ici : https://www.nouvelobs.com/opinions/2026 ... ciers.html
Dans le reste de l'article ils expliquent la faisabilité d'une telle démarche, en faisant - entre autres - référence à la pratique actuelle de la Fed (Banque centrale américaine).
Une chose est sûr, quant à moi : les économies réelles et les politiques économiques et sociales des états sont beaucoup trop dépendantes des humeurs des marchés de la finance, donc il est grand temps de s'en autonomiser et de mieux réguler ces derniers.
Qu'en pensez-vous ?
Tribune - « Mettre la dette au frigo » : le débat est celui de notre dépendance aux marchés financiers
Pour Éric Berr, de l’Institut La Boétie, Benjamin Lemoine (CNRS) et la cinquantaine d’économistes signataires de la tribune, dont certains sont proches des insoumis, la proposition de Jean-Luc Mélenchon de « mettre au frigo » les titres de la dette pose la question de la reprise en main démocratique de notre économie.
Ces derniers jours, une polémique secoue le bocal médiatico-politique. En cause : une conférence de presse où Jean-Luc Mélenchon suggère de « mettre au frigo » la dette publique française avec l’appui de l’Eurosystème (Banque centrale européenne et Banque de France). Car cette proposition vient percuter un tabou et une pratique devenue si familière qu’elle en paraît naturelle : l’Etat doit nécessairement passer sous les fourches caudines des marchés financiers pour se financer. La conséquence de cette pratique est une dette publique de 3536 milliards d’euros au premier trimestre 2026, qui représente 117,5 % du PIB.
Provoquer ainsi les réactions de l’économie mainstream permet de rappeler plusieurs fondamentaux du débat contemporain sur la politique économique, monétaire et financière. Une dette détenue par la banque centrale n’a pas le même statut économique et politique qu’une dette détenue par des investisseurs privés. Tant qu’un titre public figure au bilan de l’Eurosystème, il est soustrait aux arbitrages quotidiens des marchés, où s’expriment les goûts et dégoûts des professionnels de la finance gérant l’épargne mondiale. Il ne peut plus être vendu par des créanciers privés qui décideraient soudain que la politique d’un gouvernement suscite de vives inquiétudes ou est insuffisamment « crédible ». Cet emprunt ne participe plus de la même façon à la mécanique disciplinaire qui traduit des propositions politiques considérées comme insatisfaisantes pour les marchés obligataires en hausse de taux, puis en argument pour réduire la dépense publique de la main gauche de l’Etat. « Congeler » la dette dans le bilan de la banque centrale, c’est donc annuler le pouvoir de nuisance des marchés et désarmer le chantage à la dette.
Mais il faut aller plus loin, et faire en sorte que les Etats européens et les options démocratiques évoluent à l’abri des aléas et conceptions socialement entendues des marchés financiers.
(...)
Rétablir les canaux durables de financement public hors marché ne signifie évidemment pas que les déficits pourraient être financés sans limite. Mais la mise en œuvre de politiques raisonnées n’a rien à voir avec le fait de laisser aux marchés financiers un droit de veto permanent. Il ne s’agit pas d’un petit aménagement technique, mais la première pièce d’une architecture macrofinancière qu’il faut reconstruire en profondeur. La loi de l’offre et de la demande de titres d’emprunts, dirigée en réalité par les désirs d’accumulation de la finance privée, ne saurait présider au destin des populations. C’est d’ailleurs cette richesse privée qui requiert, pour fonctionner, des supports de placement stables et réputés sans risque – au premier rang desquels figure la dette souveraine. Contribuer à mettre la dette souveraine hors marché pave la voie d’une reprise en main démocratique du crédit et de ses circuits d’allocation. Ce qui prendrait tout son sens dans le cadre d’une planification écologique et d’un gouvernement par les besoins. La proposition de Jean-Luc Mélenchon a le mérite de rouvrir le débat : voulons-nous continuer à placer notre avenir dans les mains des marchés financiers ?
Je n'ai cité que les premiers et le dernier paragraphes, le reste peut se lire ici : https://www.nouvelobs.com/opinions/2026 ... ciers.html
Dans le reste de l'article ils expliquent la faisabilité d'une telle démarche, en faisant - entre autres - référence à la pratique actuelle de la Fed (Banque centrale américaine).
Une chose est sûr, quant à moi : les économies réelles et les politiques économiques et sociales des états sont beaucoup trop dépendantes des humeurs des marchés de la finance, donc il est grand temps de s'en autonomiser et de mieux réguler ces derniers.
Qu'en pensez-vous ?