Des soldats français ayant posé avec un drapeau symbole des suprémacistes blancs visés par une procédure disciplinaire
Posté : 25 août 2026 06:25
Racisme
Le ministère des Armées a déclaré ce lundi 24 août avoir identifié les deux groupes de militaires concernés, photographiés alors qu’ils étaient munis d’un drapeau de la Rhodésie.
Publié le 24/08/2026 à 18h08
Le ministère des Armées a lancé une procédure disciplinaire pouvant conduire à «des sanctions disciplinaires sévères» contre des militaires français ayant posé avec un drapeau de l’ancienne Rhodésie, symbole associé aux mouvances suprémacistes blanches, a déclaré l’institution ce lundi 24 août, confirmant une information de Mediapart.
Selon le site d’investigation, deux groupes de soldats distincts apparaissent sur des photos diffusées en ligne autour du drapeau de la Rhodésie, ancien territoire sécessionniste d’Afrique australe dirigé par une minorité blanche jusqu’en 1980.
«Deux événements sont parfaitement disjoints»
«Les vérifications conduites ont permis de confirmer et d’identifier les militaires concernés», a fait savoir le ministère, qui ne communiquera ni sur l’identité des intéressés, ni sur leur unité d’appartenance. «La position du ministère est sans ambiguïté : les armées françaises ne tolèrent aucune manifestation à caractère raciste, suprémaciste ou extrémiste», souligne l’institution. «Les militaires sont soumis à une exigence particulière d’exemplarité et de neutralité, qui s’applique également à leurs comportements et à leurs publications sur les réseaux sociaux», rappelle-t-elle.
D’après Mediapart, l’un des groupes est composé de militaires du 2e Régiment étranger d’infanterie de Nîmes, tandis que l’autre réunit des soldats en entraînement aux Emirats arabes unis. «Les premiers éléments de l’enquête permettent de confirmer que les deux événements sont parfaitement disjoints, sans aucun lien, ni entre les protagonistes, ni entre les activités», a précisé le ministère.
La Rhodésie est le nom porté entre 1965 et 1980 par un régime dirigé par la minorité blanche de l’ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud, qui avait proclamé unilatéralement son indépendance afin d’échapper à une transition vers le suffrage majoritaire. Le territoire, jamais reconnu par la communauté internationale, a disparu avec l’accession à l’indépendance du Zimbabwe en 1980.
Au fil des décennies, les références à la Rhodésie ont été reprises par des groupes et militants suprémacistes blancs, particulièrement dans les pays anglo-saxons où elles sont associées à une nostalgie de la domination coloniale blanche. Selon Mediapart, les photographies des militaires français ont notamment été relayées par une page Instagram faisant l’apologie de l’ancienne colonie. Le site rappelle également que le tueur raciste américain Dylann Roof, auteur du massacre de neuf Afro-Américains dans une église de Caroline du Sud en 2015, revendiquait cette référence idéologique dans un manifeste intitulé «The Last Rhodesian».
https://www.liberation.fr/societe/polic ... U7RIO663U/
Le ministère des Armées a déclaré ce lundi 24 août avoir identifié les deux groupes de militaires concernés, photographiés alors qu’ils étaient munis d’un drapeau de la Rhodésie.
Publié le 24/08/2026 à 18h08
Le ministère des Armées a lancé une procédure disciplinaire pouvant conduire à «des sanctions disciplinaires sévères» contre des militaires français ayant posé avec un drapeau de l’ancienne Rhodésie, symbole associé aux mouvances suprémacistes blanches, a déclaré l’institution ce lundi 24 août, confirmant une information de Mediapart.
Selon le site d’investigation, deux groupes de soldats distincts apparaissent sur des photos diffusées en ligne autour du drapeau de la Rhodésie, ancien territoire sécessionniste d’Afrique australe dirigé par une minorité blanche jusqu’en 1980.
«Deux événements sont parfaitement disjoints»
«Les vérifications conduites ont permis de confirmer et d’identifier les militaires concernés», a fait savoir le ministère, qui ne communiquera ni sur l’identité des intéressés, ni sur leur unité d’appartenance. «La position du ministère est sans ambiguïté : les armées françaises ne tolèrent aucune manifestation à caractère raciste, suprémaciste ou extrémiste», souligne l’institution. «Les militaires sont soumis à une exigence particulière d’exemplarité et de neutralité, qui s’applique également à leurs comportements et à leurs publications sur les réseaux sociaux», rappelle-t-elle.
D’après Mediapart, l’un des groupes est composé de militaires du 2e Régiment étranger d’infanterie de Nîmes, tandis que l’autre réunit des soldats en entraînement aux Emirats arabes unis. «Les premiers éléments de l’enquête permettent de confirmer que les deux événements sont parfaitement disjoints, sans aucun lien, ni entre les protagonistes, ni entre les activités», a précisé le ministère.
La Rhodésie est le nom porté entre 1965 et 1980 par un régime dirigé par la minorité blanche de l’ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud, qui avait proclamé unilatéralement son indépendance afin d’échapper à une transition vers le suffrage majoritaire. Le territoire, jamais reconnu par la communauté internationale, a disparu avec l’accession à l’indépendance du Zimbabwe en 1980.
Au fil des décennies, les références à la Rhodésie ont été reprises par des groupes et militants suprémacistes blancs, particulièrement dans les pays anglo-saxons où elles sont associées à une nostalgie de la domination coloniale blanche. Selon Mediapart, les photographies des militaires français ont notamment été relayées par une page Instagram faisant l’apologie de l’ancienne colonie. Le site rappelle également que le tueur raciste américain Dylann Roof, auteur du massacre de neuf Afro-Américains dans une église de Caroline du Sud en 2015, revendiquait cette référence idéologique dans un manifeste intitulé «The Last Rhodesian».
https://www.liberation.fr/societe/polic ... U7RIO663U/