"«Pas possible» : Jordan Bardella écarte pour le moment toute alliance avec Bruno Retailleau, à rebours de l’appel lancé par son allié Éric Ciotti
Invité mercredi soir de LCI, le président du RN a pris ses distances avec la proposition de son homologue de l’UDR adressée au patron de LR, en faveur d’un «renversement d’alliance à droite» au profit du bloc nationaliste.
Le chemin vers l’«union des droites» reste semé d’embûches. Au lendemain de la proposition formulée par le président de l’UDR, Éric Ciotti, d’un «renversement d’alliance à droite» au profit du bloc nationaliste à son successeur à la tête des Républicains, Bruno Retailleau - dans la foulée de son départ fracassant du gouvernement - son allié du RN, Jordan Bardella, fait savoir qu’il n’est pas sur la même longueur d’onde. Et ce, bien que le député des Alpes-Maritimes ait réitéré son appel ce mercredi dans un entretien accordé au Figaro.
Comme son interview l’a illustré ce 15 octobre sur LCI, l’eurodeputé nationaliste se montre inflexible. Le dauphin de Marine Le Pen a beau affirmer «inscrire un certain nombre des valeurs qu’(il) défend dans un écosystème de droite», il refuse, pour l’instant, de tendre la main à l’ancien ministre de l’Intérieur. En cause selon lui : le manque de clarté de Bruno Retailleau vis-à -vis des motions de censure déposées contre le gouvernement «Lecornu 2», notamment après le discours de politique générale du premier ministre, marqué par la promesse de suspendre la réforme des retraites. «Les LR s'apprêtent à se renier sur leurs propres convictions au regard de ce qu'ils ont défendu jusqu'à présent», a pourfendu Jordan Bardella, exprimant sa «compassion» pour les électeurs LR s’estimant «trahis».
«Comment peut-on être sérieux quand depuis des années, la réforme des retraites est une ligne rouge», a-t-il poursuivi, y voyant un manque de «crédibilité» et une raison suffisante, ajoutée à ses critiques sur le soi-disant laxisme de LR en matière migratoire, pour ne pas s’allier avec la droite. «Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui, au moment où l’on se parle, cette alliance n’est pas possible avec l’actuel président des Républicains ? Parce que Monsieur Retailleau a été ministre de l’Intérieur d’Emmanuel Macron, il n’y a jamais eu autant d’étrangers en France», a épinglé Jordan Bardella, pointant les «400.000 étrangers entrés en 2024, un record absolu», au cours de son passage place Beauvau.
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Une entente d’autant moins envisageable, à ce stade, que le Vendéen, regrette Jordan Bardella, «a eu l’occasion à plusieurs reprises de quitter le gouvernement et de le faire sur des questions politiques» - qu’il s’agisse, selon lui, de la question algérienne ou sur la remise en cause de l’Aide médicale d’État (AME). «Pourquoi est-ce qu’il part ? Parce que LR n’a pas eu assez de postes dans le gouvernement, parce que le deal ne convenait pas, et parce que Monsieur Le Maire est revenu au gouvernement (aux Armées, NDLR)», a dénoncé le patron du RN. Et le trentenaire d’aller sur un registre moqueur : Bruno Retailleau ne s’est pas senti «dérangé, pendant un an, de s’asseoir en Conseil des ministres, à côté d’Élisabeth Borne, socialiste et de Messieurs Valls ou Rebsamen, socialistes.» «Tout cela est un jeu de dupes», cingle-t-il.
L’alliance Bardella-Ciotti mise en exergue
Si l’alliance politique, voire électorale, entre toutes les droites semble impossible aujourd’hui, est-elle définitivement exclue à l’avenir ? D’autant que 52% des Français se disent favorables à une telle union pour former un gouvernement, selon un récent sondage Ifop réalisé pour Valeurs actuelles. «Je me bats, chaque jour que Dieu fait, pour mettre en place les conditions politiques de l’arrivée de nos idées au pouvoir», rétorque Jordan Bardella. Lequel rappelle avoir déjà fait un pas vers la droite, en bâtissant en 2024 une coalition nationaliste avec Éric Ciotti, alors patron de LR, dans le sillage de la dissolution - sous les cris d’orfraie de l’immense majorité des cadres LR - mais aussi en «invitant» les eurodéputés du parti à voter la motion de destitution contre la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Une main tendue que François-Xavier Bellamy a saisie, salue-t-il.
Avant d’enfoncer le clou contre les troupes LR à l’Assemblée nationale : «Comment voulez-vous que j’ouvre mes listes aux élections, que j’ouvre un accord de gouvernement avec des gens qui sont incapables de censurer un gouvernement macrono-socialiste», cingle-t-il, fustigeant au passage le «suicide politique» de Laurent Wauquiez, coupable de préférer la stabilité institutionnelle à la fidélité à ses convictions."
https://www.lefigaro.fr/politique/pas-p ... i-20251015
Il va être content de l'apprendre Bruno Retailleau, lui qui n'a pas hésité à soutenir un candidat RN aux municipales. Le RN vient de le poignarder dans le dos en remerciements.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells