L’antifascisme n’est pas un slogan conjoncturel. Il est l’une des matrices historiques, morales et politiques de la gauche. De la Résistance aux combats contre les dictatures, des luttes contre le racisme aux mobilisations pour l’égalité des droits, la gauche s’est construite dans le refus des idéologies autoritaires, nationalistes et xénophobes. L’antifascisme n’est donc pas un excès ; il est un fondement. Le rappeler aujourd’hui n’a rien d’anecdotique. C’est même une nécessité à l’heure où certains voudraient brouiller les repères et installer l’idée dangereuse qu’il existerait une symétrie entre « extrêmes ».
Car c’est là l’un des glissements les plus préoccupants du débat public : mettre sur un même plan extrême gauche et extrême droite. Cette équivalence est historiquement fausse et politiquement trompeuse. L’extrême droite, en France comme en Europe, s’inscrit dans une filiation idéologique qui a porté des régimes autoritaires, xénophobes, antisémites, parfois collaborationnistes. En France, l’héritage du pétainisme, les violences racistes, les réseaux néofascistes des années 1970, puis la structuration électorale autour du Rassemblement national témoignent d’une continuité idéologique centrée sur l’exclusion et la hiérarchisation des citoyens.

