Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Actualité hebdo, politique, économie, informations...
Avatar du membre
Corvo
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 31733
Enregistré le : 31 décembre 2018 07:01
A Liké : 4 fois
A été liké : 7 fois

Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Corvo »

Face à la tentation de renvoyer dos à dos « les extrêmes », aux fractures internes et aux ambiguïtés stratégiques, une question traverse le débat public : en brouillant les repères de son combat historique contre l’extrême droite, la gauche ne risque-t-elle pas de s’égarer elle-même ?

L’antifascisme n’est pas un slogan conjoncturel. Il est l’une des matrices historiques, morales et politiques de la gauche. De la Résistance aux combats contre les dictatures, des luttes contre le racisme aux mobilisations pour l’égalité des droits, la gauche s’est construite dans le refus des idéologies autoritaires, nationalistes et xénophobes. L’antifascisme n’est donc pas un excès ; il est un fondement. Le rappeler aujourd’hui n’a rien d’anecdotique. C’est même une nécessité à l’heure où certains voudraient brouiller les repères et installer l’idée dangereuse qu’il existerait une symétrie entre « extrêmes ».

Car c’est là l’un des glissements les plus préoccupants du débat public : mettre sur un même plan extrême gauche et extrême droite. Cette équivalence est historiquement fausse et politiquement trompeuse. L’extrême droite, en France comme en Europe, s’inscrit dans une filiation idéologique qui a porté des régimes autoritaires, xénophobes, antisémites, parfois collaborationnistes. En France, l’héritage du pétainisme, les violences racistes, les réseaux néofascistes des années 1970, puis la structuration électorale autour du Rassemblement national témoignent d’une continuité idéologique centrée sur l’exclusion et la hiérarchisation des citoyens.
ZOOM : L’urgence est à l’unité
À l’inverse, les traditions de la gauche radicale, aussi discutables que puissent être certaines de leurs stratégies ou de leurs outrances, s’ancrent dans l’égalité sociale, l’anti­racisme et l’émancipation. Confondre les deux, c’est effacer des décennies d’histoire, c’est ignorer que l’une combat l’égalité quand l’autre la revendique, que l’une stigmatise quand l’autre universalise. Cette mise à égalité ne fragilise pas seulement la gauche ; elle abîme l’ensemble du débat démocratique en banalisant l’extrême droite.

Le piège tendu par l’extrême droite : faire croire que combattre une idéologie mortifère reviendrait à lui ressembler.

C’est dans ce contexte que la gauche apparaît aujourd’hui comme ayant perdu sa boussole. Déchirée par ses querelles internes, brouillant ses repères stratégiques et ses mots, elle semble incapable de faire front face à l’extrême droite et au macronisme. Entre polémiques sur la violence, renoncements budgétaires, rivalités électorales et tentation d’emprunter les thèmes sécuritaires de la droite, elle donne le sentiment de ne plus savoir clairement pour qui et contre quoi elle se bat.

Inversions
La mort de Quentin Deranque a agi comme un révélateur brutal. Au lieu d’affirmer d’une seule voix que l’antifascisme est une valeur mais qu’aucun crime ne saurait s’en réclamer, la gauche s’est fracturée. Il faut pourtant être clair : l’anti­fascisme ne tue pas. Lorsqu’un homicide est commis « en son nom », il s’agit d’un crime, et il doit être condamné comme tel. Refuser cette distinction, c’est accepter le piège rhétorique tendu par l’extrême droite : faire croire que combattre une idéologie mortifère reviendrait à lui ressembler.

Dans le même temps, un glissement lexical inquiétant s’opère. Les antifascistes deviendraient des fascistes, les écologistes des « écoterroristes », les féministes des « féminazies ». À force d’inverser les mots, on finit par inverser les responsabilités. Or cette confusion profite toujours aux mêmes : à ceux qui ont intérêt à banaliser l’extrême droite et à délégitimer celles et ceux qui la combattent.

La perte de repères ne se limite pas au terrain symbolique. Elle est aussi stratégique. À l’approche des municipales, entendre dans plusieurs grandes villes des responsables affirmer qu’aucun accord ne sera conclu avec La France insoumise, ni au premier ni au second tour, relève d’une myopie politique préoccupante. Dans un scrutin local, refuser toute alliance à gauche, c’est mécaniquement favoriser la droite et l’extrême droite. Gouverner une ville ne consiste pas à proclamer sa pureté idéologique, mais à améliorer concrètement la vie des habitants.

La crédibilité de la gauche est d’autant plus entamée que certains de ses acteurs ont laissé passer le budget du gouvernement, incarné par le camp présidentiel autour d’Emmanuel Macron, alors même qu’il était dénoncé comme injuste. Or voter un budget n’est jamais neutre : c’est un acte fondateur qui dit si l’on se situe dans l’opposition ou dans l’accompagnement. On ne peut prétendre incarner l’alternative tout en validant l’architecture financière du pouvoir en place.

Identifier l’adversaire
À cela s’ajoute une autre dérive : courir derrière les thèmes de la droite, notamment la sécurité, au point d’en faire parfois le cœur du discours. Pendant ce temps, les enjeux structurants du quotidien – logement, services publics, transports, santé, école – passent au second plan. Pour des élections municipales, c’est une faute stratégique majeure. La gauche s’est historiquement construite sur la transformation sociale concrète ; elle se dilue lorsqu’elle abandonne ce terrain.

Une force politique ne disparaît pas seulement quand elle perd des élections, mais lorsqu’elle perd le sens de son propre combat.

L’histoire offre pourtant des rappels utiles. Le 21 juin 1973, après les affrontements liés au meeting du mouvement d’extrême droite L’Ordre nouveau, la gauche, malgré ses divisions, avait su manifester une solidarité politique face à la menace d’extrême droite. Comme le rappelle l’avocat Jean-Pierre Mignard sur X  : « François Mitterrand reçoit Alain Krivine au siège du Parti socialiste, Edmond Maire fait de même pour la CFDT, et Michel Rocard vend Rouge, l’organe de la Ligue communiste révolutionnaire, en signe de soutien. Là était la gauche. »

Les désaccords existaient, parfois profonds. Mais l’essentiel était identifié : l’adversaire prioritaire était l’extrême droite. C’est peut-être cela, aujourd’hui, la boussole à retrouver. Se souvenir que l’antifascisme n’est pas une dérive mais un socle. Refuser la fausse symétrie entre extrêmes, qui banalise l’un et caricature l’autre. Réaffirmer que l’égalité, la justice sociale et la solidarité demeurent des lignes directrices. Et comprendre qu’une force politique ne disparaît pas seulement quand elle perd des élections, mais lorsqu’elle perd le sens de son propre combat.

La gauche n’a jamais été homogène, et elle ne doit pas le devenir. Mais elle a toujours su, dans les moments décisifs, distinguer l’essentiel de l’accessoire. La question n’est donc pas seulement de savoir si elle a perdu sa boussole. Elle est de savoir si elle veut encore s’en servir.

https://www.politis.fr/articles/2026/02 ... istorique/
UBUROI
Dieu D'Interaldys
Dieu D'Interaldys
Messages : 21329
Enregistré le : 19 février 2017 21:40
A Liké : 14 fois
A été liké : 2 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par UBUROI »

Un journalisme engagé qui décrit le péril, le piège tendu par les néo fascistes ripolinés du RN et consorts aidés par la fachosphère mediatique qui voudraient nous faire assimiler LFI et consorts aux fascismes que la gauche a toujours combattu depuis le premier tiers du siècle dernier.
RN, Meloni et Salvani, l'AfD, Orban, l'illibéralisme, le trumpisme, le poutinisme sont à combattre comme le cancer.
Modifié en dernier par UBUROI le 27 février 2026 07:59, modifié 1 fois.
'Ubu XIV régna de 800 av.jt à l'an 2035, date présumée de la fin du monde, sur le peuple des Provocs en lutte contre les envahisseurs Bollogoths, peuplade barbare d'extrême droite convertie au cathodicisme intégral par Vincent de Ker Meinkampf.
Avatar du membre
Mesoke
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 17879
Enregistré le : 03 juillet 2020 09:59
A été liké : 17 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Mesoke »

Je viens d'aller voir le film "les enfants de la résistance", tiré de la BD du même nom. Bon, c'est nul, sans surprise, caricatural, mal joué, ne dépensez pas vos sous pour le voir, mais n'empêche qu'on y voit là la base de l'antifascisme et des premiers antifascistes : des gens, ici des enfants, qui décident de monter un réseau de résistance dans leur village face à l'occupant allemand, son arbitraire, sa violence, etc

Rappelez-vous en les gaullistes : vous êtes les enfants de l'antifascisme de de Gaulle.

Et pour tous, rappelez-vous que soit on soutient le fascisme, soit on est contre le fascisme et on est alors antifasciste, soit on est neutre vis à vis du fascisme et on est un collabo mou qui ne voit pas de problème à laisser le fascisme prospérer. Pas besoin de lutter activement contre le fascisme pour être antifasciste, il suffit d'être opposé à l'idée même du fascisme. Choisissez votre camp.
Avatar du membre
mic43121
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 35925
Enregistré le : 23 mars 2016 19:42
A Liké : 6 fois
A été liké : 2 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par mic43121 »

Mesoke a écrit : 27 février 2026 07:32 Je viens d'aller voir le film "les enfants de la résistance", tiré de la BD du même nom. Bon, c'est nul, sans surprise, caricatural, mal joué, ne dépensez pas vos sous pour le voir, mais n'empêche qu'on y voit là la base de l'antifascisme et des premiers antifascistes : des gens, ici des enfants, qui décident de monter un réseau de résistance dans leur village face à l'occupant allemand, son arbitraire, sa violence, etc

Rappelez-vous en les gaullistes : vous êtes les enfants de l'antifascisme de de Gaulle.

Et pour tous, rappelez-vous que soit on soutient le fascisme, soit on est contre le fascisme et on est alors antifasciste, soit on est neutre vis à vis du fascisme et on est un collabo mou qui ne voit pas de problème à laisser le fascisme prospérer. Pas besoin de lutter activement contre le fascisme pour être antifasciste, il suffit d'être opposé à l'idée même du fascisme. Choisissez votre camp.
Tes Gaullistes n'ont absolument rien a voir avec LFI ...( l'huile et le vinaigre ne se mélangent pas C'est DE GAULLE qui l'a dit )
Crois moi .. :] ils sont à l'opposé de ce parti ...
Chez moi le Gaullisme régnait en Maitre ...Maintenant c'est le FN ..
NON on peut très bien être anti fascisme et anti LFI ..
D'ailleurs les sondages te le prouvent ...
La FAUTE ?
La Gauche est pro islamiste ..
La Droite n'a plus de Couilles ..
:hello:
La tolérance c'est quand on connait des cons- et qu'on ne dit pas les noms
Avatar du membre
Mesoke
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 17879
Enregistré le : 03 juillet 2020 09:59
A été liké : 17 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Mesoke »

J'ai parlé de LFI quelque part ? Non, juste que les gaullistes sont les descendants politiques des premiers antifascistes, ces gens qui ont résisté face au nazisme.

Donc oui bien sûr qu'on peut être antifasciste et contre LFI. Je le suis moi-même. Je ne parlais pas de LFI mais de l'antifascisme.
vivarais
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 47867
Enregistré le : 04 avril 2018 16:39
A Liké : 1 fois
A été liké : 1 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par vivarais »

UBUROI a écrit : 27 février 2026 07:21 Un journalisme engagé qui décrit le péril, le piège tendu par les néo fascistes ripolinés du RN et consorts aidés par la fachosphère mediatique qui voudraient nous faire assimiler LFI et consorts aux fascismes que la gauche a toujours combattu depuis le premier tiers du siècle dernier.
RN, Meloni et Salvani, l'AfD, Orban, l'illibéralisme, le trumpisme, le poutinisme sont à combattre comme le cancer.
C'est vrai ; c'est eux qui ont mis une ch7vre "Quentin " pour qu'il soit tué" afin de disqualifié LFI
Vous avez encore combien de conneries de ce genre encore en réserve
On combat des idées par des idées pas en tuent ceux qui n'ont pas les mêmes idées que soit
Et ces idées doivent être intelligentes et censées et pas des connerie répétées en boucle "faciste " "facho" "nazi" etc
Pendant que vous débitez cela en boucle le RN progresse parce qu'il repond aux questions de les français se posent sur leur quotidien
Come aussi répéter en boucle , ils n'ont pas de programme alors que les gens le voient qu'ils ont un programme
Les gens n'aiment pas qu'on les prenne pour des imbéciles
Meloni et Salvani, l'AfD, Orban, l'illibéralisme, le trumpisme, le poutinisme sont à combattre
Les gens s'en tapent ce qu'il s veulent c'est que l'on combattent pour résoudre les problèmes de leur quotidien
Au salon de l'agriculture bardella et MLP ont écouté les doléances des agriculteurs et ce qu'ils voulaient que ce soit fait pour leur apporter des solutions
Ils ne veulent plus qu'n des leur e suicide chaque jour (ils n'ont pas parlé de Meloni et Salvani, l'AfD, Orban, l'illibéralisme, le trumpisme, le poutinisme sont à combattre )
Et MLP n'a pas parlé de cuba ; ni de la Corée du nord
Alors les niaiseries dont vous nous gavez les gens n'en ont rien à braire tout comme moi
Les gens sont assez grands pour constater que les 259 interdictions à l'initiative de FLI et des vert s votée à l'assemblée leur pourrie la vie
Et ceux qui le peuvent (250 milles comme moi) vont exercer chaque année leur activité hors de france car en france
Même ceux qui n'en seraient obligés comme le médecin de Fonck1
Un artisan boulanger en france ne peut pas survivre à cause des règlementations et interdictions alors qu'il se fait des burne en or s'il exerce son activité à l'étranger
Et pour faire boulanger pas la pine de hautes études , un simple CAP suffirait
Avatar du membre
mic43121
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 35925
Enregistré le : 23 mars 2016 19:42
A Liké : 6 fois
A été liké : 2 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par mic43121 »

Mesoke a écrit : 27 février 2026 08:26 J'ai parlé de LFI quelque part ? Non, juste que les gaullistes sont les descendants politiques des premiers antifascistes, ces gens qui ont résisté face au nazisme.

Donc oui bien sûr qu'on peut être antifasciste et contre LFI. Je le suis moi-même. Je ne parlais pas de LFI mais de l'antifascisme.

Tu vois c'est simple :] je suis comme toi ..
la différence entre nous c'est que toi tu laisses l'AFRIQUE (qui crève de faim ) envahir la France ..
Moi je suis pour qu'on fassent de certains pays Africains (ceux qui crèvent de faim) ce qui é été fait en Israël ..
Les aider (ne pas se contenter de creuser quelque puits) Ils meurent de faim ..de maladie ..Personne be devrait mourrir de faim ..
Tiens je vient de lire que le milliardaire Arnaud vient de commander un nouveau bateau ..+ de150m...
Ça ça me révolte ....ensuite tu vois des gamins qui n'ont que la peau et les os ..ILS CRÈVENT ...
Par contre que le Maghreb s'installe en France ...je suis contre ...ils nous ont combattus ..qu'ils restent chez eux ..
.leurs us et coutumes c'est BIEN chez eux ...Pas chez NOUS ..
:hello:
La tolérance c'est quand on connait des cons- et qu'on ne dit pas les noms
vivarais
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 47867
Enregistré le : 04 avril 2018 16:39
A Liké : 1 fois
A été liké : 1 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par vivarais »

Mesoke a écrit : 27 février 2026 08:26 J'ai parlé de LFI quelque part ? Non, juste que les gaullistes sont les descendants politiques des premiers antifascistes, ces gens qui ont résisté face au nazisme.

Donc oui bien sûr qu'on peut être antifasciste et contre LFI. Je le suis moi-même. Je ne parlais pas de LFI mais de l'antifascisme.
Vous avez parfaitement raison et ils étaient qui ?
c'est 2 documentaires sur la ase d'archives y répondent
"Quand la gauche collaborait " et " quand l'extrême droite résistait "
Vous ne vous êtes pas même rendu compte que le secret des archives a été levée depuis quelque temps et que cela est à l'origine des 2 reportages documentaires sur la base d'archives
Quand Mélenchon parle de la nouvelle france future on peut en faire le parallèle avec la nouvelle france du régime de vichy
Comme par exemple empêcher la liberté de la presse
Ne changez pas votre fusil d'épaule ,tous vos propos sanctifient Mélenchon , LFI et la jeune garde bras armé comme l'étaient les milices de vichy
Ne prenez pas les gens pour des imbéciles
Il suffit d'aller sur le sujet relatif à l'assassinat abject de Quentin
On ne vous a pas entendu condamné l'empêchement d'accès d'étudiants à sciences PO PARCE QUE JUIF alors que des élus LFI étaient présents pour soutenir cela
Epargnez nous votre hypocrisie
Avatar du membre
Azial
Posteur de Bronze
Posteur de Bronze
Messages : 242
Enregistré le : 22 décembre 2025 19:07
A Liké : 39 fois
A été liké : 5 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Azial »

Etre neutre vis à vis du fascisme revient à le cautionner. Je suis d'accord sur le fait que soit on est pour (ou neutre ce qui revient au même) soit on est contre.

Et bien entendu, être contre le fascisme, et ses nouvelles versions, ne signifie pas qu'on cautionne un quelconque parti, ni une quelconque personnalité politique.

Mais je ne vois pas trop le rapport avec l'Afrique... Personnellement, je suis contre le fascisme mais pour autant je ne me réjouis pas de voir des migrants entassés dans des camps qui sont de vraies cocottes minutes.

Mais fascisme, ou antifascisme, n'a pas à être mis en balance avec la gestion de l'immigration, ça n'a rien à voir. L'un ne définit pas l'autre...
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 5197
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A été liké : 4 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par jeandu53 »

Mesoke a écrit : 27 février 2026 07:32 Je viens d'aller voir le film "les enfants de la résistance", tiré de la BD du même nom. Bon, c'est nul, sans surprise, caricatural, mal joué, ne dépensez pas vos sous pour le voir, mais n'empêche qu'on y voit là la base de l'antifascisme et des premiers antifascistes : des gens, ici des enfants, qui décident de monter un réseau de résistance dans leur village face à l'occupant allemand, son arbitraire, sa violence, etc

Rappelez-vous en les gaullistes : vous êtes les enfants de l'antifascisme de de Gaulle.

Et pour tous, rappelez-vous que soit on soutient le fascisme, soit on est contre le fascisme et on est alors antifasciste, soit on est neutre vis à vis du fascisme et on est un collabo mou qui ne voit pas de problème à laisser le fascisme prospérer. Pas besoin de lutter activement contre le fascisme pour être antifasciste, il suffit d'être opposé à l'idée même du fascisme. Choisissez votre camp.
De Gaulle était le chef de la Résistance, et il n'était pas spécialement de gauche.

Votre référence à de Gaulle prouve bien que la gauche n'a pas et n'a jamais eu le monopole de la lutte contre le fascisme.

Car la lutte contre le fascisme, contrairement à ce que dit l'article proposé, n'est pas dans l'ADN de la gauche. C'est une dimension parmi d'autres de la gauche (et encore, pas toutes les gauches), et aussi d'une partie de la droite.

L'ADN de la gauche, c'est le concept marxiste de la lutte des classes, qui postule une opposition d'intérêts entre les patrons et les salariés, entre les riches et les pauvres. Ce concept peut être décliné de différentes façons selon les familles de gauche (de la gauche révolutionnaire qui veut renverser le capitalisme à la social-démocratie qui veut simplement réguler l'économie de marché dans un souci de redistribution des richesses), mais il est commun à toutes les familles de gauche.

Et puis il va bien falloir que ces énervés qui se disent antifas (et qui donc ne représentent pas toute la gauche) nous fournissent la définition du fascisme qu'ils prétendent combattre. Car j'ai l'impression qu'ils sont une définition très large du fascisme : quiconque n'est pas d'accord avec eux est un facho, et de ce fait, ils s'autorisent à combattre par tous moyens les gens qu'ils qualifient de fachos.
Avatar du membre
Mesoke
Posteur DIVIN
Posteur DIVIN
Messages : 17879
Enregistré le : 03 juillet 2020 09:59
A été liké : 17 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Mesoke »

Je parle d'antifascisme, et j'ai JUSTEMENT pris de Gaulle en exemple pour montrer que l'antifascisme CA N'EST PAS une dérive de hooligans gauchistes. TOUT LE MONDE devrait être antifasciste, de la même manière que des gens de tous horizons politiques hors extrême droite ont été les premiers antifascistes il y a près d'un siècle.

Or ça n'est pas ce qu'on observe actuellement. Aujourd'hui tout le monde tape sur l'antifascisme, coupable de tous les maux. Les gens mettent les antifascistes sur le même plan que les fascistes. Vous vous rendez compte que ça revient à mettre les résistants sur le même plan que les nazis, à savoir des genre violents qui s'affrontent ?

Et tu le fais toi-même dans ton message en niant encore l'évidence du néofascisme qu'on voit pourtant de partout dans les médias ces derniers jours. Tu n'as pas vu des croix gammées taguées à la suite des cortèges en la mémoire de Deranque ? Pas entendu les propos antisémites, racistes ou homophobes dans ces cortèges ? Pas vu l'histoire du meilleur pote de Deranque, assistant parlementaire RN, qui appelait à la révolution fasciste pour renverser la république ? Pas vu les croix celtiques et autres symboles néonazis chez les potes de Déranque ? Tu ne les vois pas ces symboles de la montée du fascisme ou tu ne veux pas les voir ? Et c'est sans parler des signes clairs précis de montée du fascisme aux USA, qui cochent de plus en plus de cases, sachant que les USA font une grosse ingérence dans les affaire des autres pays, notamment pour influencer notre opinion publique et favoriser le RN, qui est leur cheval de Troie.
Avatar du membre
jeandu53
Posteur Titanesque
Posteur Titanesque
Messages : 5197
Enregistré le : 05 septembre 2023 22:48
A été liké : 4 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par jeandu53 »

Le problème, c'est que les gens qui se disent antifascistes discréditent leur combat. Vu de l'extérieur, on voit des énervés, qui prétendent lutter contre le fascisme, mais qui se comportent comme des tyrans bien peu démocrates en allant faire le point contre leurs opposants, en empêchant leurs opposants de tenir meeting, etc. Et bien fatalement, dans ces conditions, on a envie de mettre tout le monde dans le même sac : des excités, de gauche ou de droite, qui recourent à la violence au nom de certaines idées, et qui prétendent imposer leurs idées par la force.

Et puis moi, j'ai toujours du mal avec les gens qui se définissent comme anti quelque chose. Ils se définissent en opposition à quelque chose, mais à part ça, qui sont-ils, quelles sont leurs idées, quel est leur projet de société ?

De Gaulle ne s'est jamais défini comme antifasciste. Son truc, c'était la défense de la souveraineté française et des libertés. Cela impliquait la lutte contre l'occupant, oui. Son combat avait une dimension antifasciste, mais il était plus large que çà.

Et puis il va bien falloir se mettre d'accord sur les définitions de "fascisme" et "antifascisme". Le fascisme, c'est la doctrine politique en vigueur en Italie sous Mussolini. Tous les tyrans et dictateurs autoritaires ne sont pas des fascistes, ils peuvent relever d'autres doctrines que le fascisme (par exemple : le nazisme ou le communistes). Le racisme n'est pas du fascisme. L'antisémitisme n'est pas du fascisme. L'intolérance n'est pas du fascisme. Le complotisme n'est pas du fascisme. La connerie humaine n'est pas du fascisme. Il convient donc de lutter contre tous ces maux, et plus généralement pour la tolérance, le respect, l’État de droit (dans sa conception originelle), mais c'est beaucoup plus large que la lutte contre le fascisme.
Avatar du membre
Victor
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 45750
Enregistré le : 29 août 2014 19:21
A été liké : 7 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Victor »

UBUROI a écrit : 27 février 2026 07:21 Un journalisme engagé qui décrit le péril, le piège tendu par les néo fascistes ripolinés du RN et consorts aidés par la fachosphère mediatique qui voudraient nous faire assimiler LFI et consorts aux fascismes que la gauche a toujours combattu depuis le premier tiers du siècle dernier.
RN, Meloni et Salvani, l'AfD, Orban, l'illibéralisme, le trumpisme, le poutinisme sont à combattre comme le cancer.
Enfin je dirais que l'uburisme me paraît être une priorité dans les combats essentiels à mener ! :siffle:
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville
Avatar du membre
Victor
Rang Tisiphonesque
Rang Tisiphonesque
Messages : 45750
Enregistré le : 29 août 2014 19:21
A été liké : 7 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Victor »

Mesoke a écrit : 27 février 2026 09:35 Je parle d'antifascisme, et j'ai JUSTEMENT pris de Gaulle en exemple pour montrer que l'antifascisme CA N'EST PAS une dérive de hooligans gauchistes. TOUT LE MONDE devrait être antifasciste
Je ne suis pas d'accord.
Nous sommes dans un pays libre. A partir du moment où les lois françaises sont respectées et que la violence n'est pas utilisée on peut être monarchiste, fasciste, anarchiste, etc.
Fasciste dans le sens où l'on peut considérer qu'un pouvoir autoritaire serait bien plus efficace que nos démocraties qui semblent très faibles face à tous les enjeux du monde actuel.
En politique, ce qu'il y a de plus difficile à apprécier et à comprendre c'est ce qui se passe sous nos yeux.
Alexis de Tocqueville
Avatar du membre
Azial
Posteur de Bronze
Posteur de Bronze
Messages : 242
Enregistré le : 22 décembre 2025 19:07
A Liké : 39 fois
A été liké : 5 fois

Re: Antifascisme : quand la gauche doute de son combat historique

Message par Azial »

Victor a écrit : 27 février 2026 10:28
Fasciste dans le sens où l'on peut considérer qu'un pouvoir autoritaire serait bien plus efficace que nos démocraties qui semblent très faibles face à tous les enjeux du monde actuel.
A part qu'on ne peut pas définir le terme "fasciste" comme on veut ! Il a un sens qui est déjà établi, une définition précise, et ce n'est pas seulement le fait de vouloir un pouvoir autoritaire.

Mais on a aussi le droit de contester le fait qu'on veuille un pouvoir autoritaire à la place de notre démocratie. On est dans un pays libre justement !
Mais une fois qu'on aura un pouvoir autoritaire, est-ce qu'on pourra encore dire qu'on n'est pas d'accord ? Est-ce qu'on sera encore dans un pays libre (spoiler alert : non, justement parce que ça sera un pouvoir autoritaire, dont le principe est de ne pas accepter la critique)

C'est donc assez cavalier de réclamer la liberté d'expression pour appeler de ses vœux un régime qui détruira la liberté d'expression.
En gros : "je veux avoir la liberté de vouloir te priver de ta liberté"... ça sent l'arnaque !
Karl Popper, vient nous sauver, ils sont devenus fous ! :content79
Répondre

Retourner vers « DISCUSSIONS POLITIQUE - ACTUALITÉ - DÉBATS »