Je parie que Bardella le souhaite.
Procès en appel du RN : et si, finalement, Marine Le Pen pouvait se présenter à la présidentielle ?
A quelques jours de la décision qui confirmera ou pas son inéligibilité, des proches de la députée soupèsent les différents scénarios qui pourraient lui permettre, par un trou de souris, d’être candidate en 2027
Début juin, un petit groupe de forts en droit se forme à la sortie d’une salle de réunion, à Bruxelles. Il y a les anciens magistrats, Jean-Paul Garraud et Pascale Piera, l’avocat Alexandre Varaut, l’ex-préfet Christophe Bay et quelques autres députés européens du Rassemblement national qui tendent le cou pour glaner des oracles. La question les taraude tous depuis des mois : Marine Le Pen a-t-elle une chance de s’en sortir, le 7 juillet, jour du rendu de la décision de la cour d’appel de Paris dans le procès des assistants parlementaires du Front national ?
Brainstorming improvisé : on se repasse le film des cinq semaines d’audience, entre janvier et février, on égrène les hypothèses. Les raisonnements juridiques s’emmêlent aux spéculations psychologiques, sur la présidente de la Cour d’appel dont l’air de sphynx a rassuré les uns et inquiété les autres.
On fantasme sur la dernière rumeur qui circule dans les couloirs frontistes :
le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, aurait soufflé être convaincu que Le Pen pourrait finalement se présenter.
En 2024, lors du procès en première instance, le même n’avait-il pas estimé qu’il «serait profondément choquant que Marine Le Pen soit jugée inéligible» ?
On se demande surtout comment réagira la principale concernée, contre laquelle ont été requis quatre ans d’emprisonnement, dont un ferme aménagé sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende et, à titre de peine complémentaire, la confirmation de son inéligibilité pour une durée de cinq ans.
Si un jugement moins sévère que les réquisitions du parquet autorise Le Pen à se concourir quand même une quatrième fois à l’élection présidentielle, cette dernière acceptera-t-elle de le faire dans n’importe quelle condition ? Par exemple sous bracelet électronique, ce qu’elle a exclu à plusieurs reprises déjà ?
«Je crois toujours aux miracles»
Un témoin résume : «Il y a tellement d’hypothèses possibles… En plus, c’est mélangé avec les envies politiques. Je ne suis pas sûr d’avoir toutes les clés sur ses envies, sur lesquelles elle est réservée, secrète et changeante.» Le groupe bruxellois finit par se disperser, d’accord sur l’impossibilité de se prononcer avant la décision et qu’il n’y a plus qu’à s’en remettre à la grâce de Dieu.
C’est à ce niveau-là que Marine Le Pen elle-même a placé son salut. «
Je ne m’attends jamais à une bonne surprise quand je mets les pieds dans un prétoire [mais] je suis croyante, je crois toujours aux miracles», a-t-elle ironisé, le matin des réquisitions, début février.
De fait, pour candidater, la députée du Pas-de-Calais aurait besoin de voir son inéligibilité passer de cinq à deux ans. L’élection présidentielle étant prévue pour le mois d’avril 2027, Le Pen aura ainsi purgé sa peine, commencée à la date du jugement de première instance, le 31 mars 2025. Un trou de souris.
La prévenue s’est ajouté un autre handicap, en refusant d’avance de faire campagne un bracelet électronique à la cheville.*
https://www.liberation.fr/politique/ele ... ected=1594
* Encore heureux !....