Kabé a écrit : 09 juillet 2026 22:46
jeandu53 a écrit : 09 juillet 2026 21:37
Sinon, pour la suite du Tour, il ne faut pas se leurrer : Pogacar est trop fort, c'est plié. Il n'est pas à l'abri d'une chute ou d'une gastro carabinée, mais sinon, à la régulière, il ne pourra rien lui arriver.
Non, il n'est pas à l'abri d'un pépin, mais a priori je pense aussi que c'est plié. Ce n'est pas une bonne chose pour les organisateurs : comme au Tour de Suisse, il a enlevé tout intérêt de continuer à suivre la course. Les sponsors, les annonceurs et ces autres organisations qui financent grandement les courses cyclistes seraient peut-être moins enclins à continuer à soutenir ces courses quand il n'y a plus d'enjeux autres que de décerner le prix à Pogacar.
D'un point de vue sportif, sa domination est phénoménale et admirable, mais d'un point de vu de l'intérêt des courses c'est plutôt néfaste...
Le spot, de façon générale, se nourrit d'une glorieuse incertitude. Cela vaut pour tous les sports. Les événements sportifs qui passent à la postérité, ceux dont on se souvient, sont ceux où il y a eu du suspens. Et inversement, quand il n'y a pas de suspens, l'intérêt diminue, on s'ennuie ferme.
En cyclisme, par exemple, on se souviendra du Tour de France 1989 ou du Tour de France 2020, où il y a eu du suspens jusqu'au bout. Inversement, quand, dès la première étape de montagne, ou dès le premier contre-la-montre, on sait qui va gagner (périodes Armstrong, Froome, Indurain, Merckx...), c'est moins intéressant.
Idem en foot : quand, après 10 journée de championnat, on comprend que le PSG va être champion, le championnat perd de son intérêt...
Idem en Formule 1 : quand, après 10 grand prix, on sait qui va être champion, la compétition perd de son intérêt. Inversement, on va se souvenir du championnat 2021, où le titre s'est joué dans le dernier tour du dernier grand prix, entre Verstappen et Hamilton.
Donc clairement, une domination trop forte de Pogacar n'est pas bonne (surtout qu'en plus, en cyclisme, les soupçons de dopage ne sont jamais loin). Mais je pense quand même qu'ASO s'y est mal pris dans le tracé du Tour. En effet, ce tracé, avec beaucoup d'arrivées au sommet et peu de contre-la-montre, avantage clairement Pogacar. Le seul domaine où Pogacar est moins dominateur est le contre-la-montre. Donc il fallait mettre, au moins, deux contre-la-montre individuels sur des parcours tout plats, comme à l'époque d'Indurain, pour bien avantager Evenepoel et limiter la domination de Pogacar.