
"Après avoir fait le choix d'une économie basée sur le tourisme et l'agriculture, les immigrés sont devenus une main-d'œuvre incontournable en Espagne. Cette vague massive de régularisations contente donc la gauche comme le patronat.
En avril 2026, le gouvernement socialiste au pouvoir a lancé un vaste plan de régularisation des personnes en situation irrégulière, avec plus de 500 000 étrangers éligibles, sur près de 840 000 présents sur son territoire
D'après le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez il s'agit notamment de soutenir l'économie du pays. Pourtant, cette mesure n'est pas toujours vue d'un bon œil par les Espagnols.
Tous les papiers en ordre
Devant le local de l'association Ruminahui, qui aide les étrangers dans leur démarche de régularisation, une vingtaine de personnes patientent. Grâce aux bénévoles, Jakeline, la vingtaine, et ses parents Rocio et Camilo, originaires d'Equateur, viennent finaliser leur dossier. Photocopies des passeports, justificatifs de présence de plus de 5 mois sur le territoire espagnol, extraits de casier judiciaire vierge, tout est en ordre. Les documents peuvent être envoyés au ministère de l'Immigration.
La mère et la fille en ont les larmes aux yeux, car il y a un an, elles ont quitté leur pays en proie à la violence et aux meurtres à répétition. Enfin, les deux femmes entrevoient un avenir meilleur ici en Espagne : "C'est un jour spécial pour nous parce qu'on a enfin l'opportunité d'être régularisés. C'est l'occasion pour nous d'être enfin tranquilles, d'obtenir un travail, et d'avoir une vie digne." Le permis de séjour, valable un an et renouvelable, devrait leur parvenir dans les prochains jours. Avec cela, la famille pourra travailler en toute légalité.
Une opportunité pour beaucoup de Sud-Américains
Ribellino, lui, vient du Pérou. Depuis deux ans, il vit de petits boulots informels, du travail au noir dans le bâtiment. "Quand j'aurai obtenu mes papiers, j'aurai de nouvelles opportunités professionnelles. Il y en a beaucoup ici dans les travaux publics", confie-t-il. Quand il sera en règle, Ribellino pourra aussi bénéficier d'une couverture santé. Bref, comme le résume une jeune fille juste à côté de lui, elle aussi originaire du Pérou, "la régularisation va nous faciliter la vie pour plein de choses".
Toutes ces personnes sont originaires d'Amérique latine et ce n'est pas un hasard. Si 90% des régularisations concernent des Sud-Américains, c'est parce que la plupart des Africains sont entrés en Espagne clandestinement sans leur passeport. Pour eux, il est donc impossible d'entamer les démarches de régularisation.
(....)
Une division au sein de la société
S'il y a un consensus des milieux économiques sur cette question migratoire, la classe politique, et la société espagnole de manière générale, sont profondément divisées.
Le principal parti d'opposition au gouvernement socialiste, le PP (Parti populaire), de droite et conservateur, est opposé à cette vague de régularisations, alors qu'il avait fait de même quand il était au pouvoir. Cette fois, le PP s'aligne sur les positions d'un parti dont la voix porte de plus en plus en Espagne : l'extrême droite de VOX.
Plusieurs sympathisants proches de ce mouvement manifestent devant le siège du Parti socialiste, avec José Andrès Calderon comme porte-parole : "Nous défendons l'identité nationale espagnole et ce processus de régularisation, nous préférons l'appeler processus d'invasion. Au final, l'immigration est utilisée comme un cheval de Troie pour détruire l'identité des nations européennes."
Ce discours parle à une partie importante de la population, puisqu'un tiers des Espagnols est contre la régularisation massive de sans-papiers."
https://www.franceinfo.fr/replay-radio/ ... 88648.html
Edit : l'actuel gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sanchez assume totalement et ouvertement cette démarche tandis que celui d'extrême droite italien de Georgia Meloni fait exactement pareil mais... discrètement et sans ostentation.
Autre remarque : l'Espagne a en ce moment une croissance qui ferait rêver la France = plus de 2 % !
