Message
par Jalisco » 30 octobre 2008 10:47
Excusez-moi si je vous ai paru sarcastique sur ce point. Je n'ai aucun problème à vous dire ce que je fais, mon travail, un petit peu de ce que j'ai vécu, mais il y a des choses que je prefère ne pas dire ouvertement, pour me protéger, sans doute, mais pas des autres, mais de moi même. J'ai l'impression que si je le passait à l'écrit, alors de revivrais les memes émotions et je n'ai pas envie.
Ma vie n'a pas été rose, mais je m'en suis sortie, comme si ma bonne étoile brillait de ce coté de l'hémisphère, en fin j'ai ma famille qui m'a beaucoup aidé et en France, tout est fait pour aider celui qui vient s'installer, surtout s'il vient d'un pays "pauvre": Appartement, formations, argent, école, santé, loisirs. La vie ici est tellement différente qu'au pays! C'est pour ça que j'ai du mal avec les français qui n'arretent pas de mettre en avant que les français sont racistes, qu'il sont égoistes, qu'il sont violents; j'ai du mal avec les immigrants et fils d'immigrant qui mettent sur le compte de la société leurs malheurs... alors qu'en France il y a tellement d'opportunités! bien sûr c'est difficile (en fin, il faut relativiser aussi), mais le problème de la survie est résolu et il ne reste plus qu'à bosser: à l'école, au boulot, dans des associations. Nous sommes dans un pays en paix, avec des gens qui ont une compréhension de l'autre qu'il faut être étranger pour s'en rendre compte et nous pouvons faire pas mal des choses, il suffit d'en vouloir, mais j'ai conscience que pour pouvoir les faire, il faut se préparer, il faut faire des efforts... le bonheur n'arrive pas avec un coup de baguette magique.
Pour revenir à ce que j'avais répondu au post de Constance où elle me dit que je sors des supputations parce que je n'ai jamais été sur le terrain au sujet des femmes battues, je peux vous dire que j'aurais été bien contente d'avoir dans mon pays les possibilités qu'il y a en France pour une femme qui quitte le foyer avec ses gosses; j'aurais bien aimé avoir eu une écoute à l'autre coté du téléphone. Pendant 7 ans je me suis fait battre par mon mari, et je n'en suis pas fière. J'ai pris 7 ans pour en parler dans mon entourage, je riais, j'espérais... 7 ans!!!!!!!!!
Avec la crise asiatique de l'époque, je travaillait 70 heures par semaine, mais payé 48 seulement, le temps legal de travail. "A cause de la crise". Un jour on a même voulu nous décompter les pauses pipi... oui! il fallait mettre un chronomètre!!!! On a pas attendu une journée, mes collègues et moi avons ménacé la Gérente de démissioner... et surprise, malgré les ménaces qu'elle nous sortait genre: il y a une centaine des personnes que veulent ton poste, et bien, elle a dû ceder. Ah! c'était une petite grande victoire pour nous!!!
Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent les causes.
Bossuet