Un second patient de l'hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse à Marseille s'est échappé dimanche 28 décembre, alors que les recherches concernant un schizophrène dangereux, lui aussi échappé du même établissent, se poursuivent.
"C'est un patient qui venait des Baumettes, nous avions obligation de le prendre en charge sur demande du préfet", a expliqué à l'AFP Pierre Tribouillard, secrétaire du syndicat FO à l'hôpital Edouard Toulouse. "Quand un détenu est hospitalisé en chirurgie, il est gardé par deux policiers, ce n'est pas le cas en psychiatrie où on nous demande à la fois de le soigner et de le retenir", a déploré Pierre Tribouillard.
La police et la gendarmerie sont toujours à la recherche, dans la région marseillaise et dans les Hautes-Alpes, département où vivait sa famille, de Joël Gaillard, premier évadé qui était hospitalisé d'office pour schizophrénie, une mesure prononcée pour des raisons sanitaires et sécuritaires.
Des membres de sa famille sont actuellement entendus pour tenter d'identifier ses points de chute éventuels, a-t-on ajouté de même source.
Individu dangereux
L'homme qui s'est échappé dans la nuit de vendredi à samedi est schizophrène et réputé dangereux.
En 2004, Joël Gaillard avait été mis en examen pour avoir tué, à coups de hache, un octogénaire, compagnon de sa grand-mère, Germain Trabuc, à Gap (Hautes-Alpes). Mais il avait été déclaré pénalement irresponsable, en raison de son état psychiatrique. Il avait par conséquent bénéficié d'un non lieu.
En mars 2007, le fils de la victime, Michel Trabuc, a porté plainte contre l'établissement psychiatrique Edouard Toulouse et le préfet de région. Il reproche à ce dernier d'avoir autorisé Joël Gaillard à sortir de l'hôpital en décembre 2003. "Quelques mois plus tard, en mars 2004, il tuait mon père", a-t-il regretté samedi, joint par téléphone par l'AFP. Une enquête a été ouverte à Marseille à la suite de cette plainte, a affirmé Michel Trabuc.
Joël Gaillard avait été placé une première fois en 2001 à l'hôpital Edouard Toulouse après avoir tenté de tuer un maréchal-ferrant d'un centre équestre des Hautes-Alpes.
Le président Nicolas Sarkozy a annoncé, le 2 décembre, une réforme de l'hospitalisation d'office, après le meurtre, mi novembre, d'un étudiant par un malade échappé d'un hôpital psychiatrique à Grenoble. Les syndicats d'infirmiers et de psychiatres avaient alors dénoncé une réforme "dictée sous le coup de l'émotion".