Sabah Ezzedi a été Interpellée le 23 juin 2007 à l'aéroport Atatürk d'Istanbul avec 684 grammes de cocaïne dissimulés dans le double fond de sa valise, elle attend d'être jugée pour importation et détention de stupéfiants depuis cette date.
Sabah Ezzedi se dit victime d'une «manipulation». Serveuse depuis quinze ans au buffet de la gare d'Agen, elle s'était liée d'amitié avec une Malienne qui lui aurait proposé de l'accompagner pour un week-end à Istanbul en juin 2007 : un séjour cinq étoiles, payé par son compagnon sénégalais, installé pour «affaires» dans la mégalopole turque. Sabah accepte. Le séjour est idyllique. Jusqu'à ce qu'on lui confie une valise d'effets personnels à rapporter en France. Et qu'un chien renifleur signe son arrestation.
Elle risque quinze ans de prison si le tribunal suit les réquisitions du procureur.
L'affaire de la Française Sabah Ezzedi a été renvoyée au 28 mai, lundi à Istanbul. Son comité de soutien ne comprend pas que son sort ne suscite pas autant de mobilisation que celui de Florence Cassez.
En vertu de la convention judiciaire entre la France et la Turquie, Sabah Ezzedi pourrait purger sa peine en France. Or, «tant qu'elle n'est pas condamnée, les autorités françaises ne peuvent pas intervenir dans le dossier», rappelle Me Bruneau. Ce qui explique que sa famille et son comité de soutien se sentent «si seuls en ce moment, surtout par rapport au cas Florence Cassez», ultra-médiatisé. Le comité de soutien de la prévenue a sollicité en décembre un entretien auprès du président Nicolas Sarkozy et du ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner. Pour l'heure, les lettres sont restées sans réponse. «C'est pas sympa, regrette sa soeur Bouchra Ezzedi, Sabah est autant Française que cette dame au Mexique». «On ne comprend pas ce qu'il faut faire pour que son cas soit médiatisé» renchérit Angélique Semon, présidente du comité de soutien, qui met également en avant la différence de traitement entre «quelqu'un accusé d'enlèvements et de séquestration» et «Sabah, qui avait 684 grammes de cocaïne dans ses bagages».
Extrait du Figaro
Enfin une consolation, les conditions de détention en Turquie, sont meilleures qu'en France, seul problème la prison turque coute beaucoup plus cher que son homologue en France.
En cas de condamnation, l'Agenaise pourrait être rapidement libérable, dès son transfert en France effectué. Me Laurent Bruneau lui a en outre assuré, au vu des conditions de sa détention, qu'elle souffrirait bien plus en France. « On est loin de "Midnight Express". Les conditions de détention sont ici révolutionnaires. »
Néanmoins, la vie dans les prisons turques coûte plutôt cher à la famille de Sabah, environ 200 euros par semaine. Un loto sera à ce propos organisé vendredi, au Stadium d'Agen.
SUD OUEST | Mardi 10 Mars 2009
Au suivant!
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