c'est peut-être pas la place idéale d'un distributeur de préservatifs, mais il ne faut pas y voir un affront non plus, c'est l'évolution...Un distributeur de préservatifs est accroché sous une plaque commémorative à Paris. Un bloggeur s'insurge: cela bafoue la mémoire du général Charles Delestraint, à qui est dédié l'emplacement. Et vous, trouvez-vous cette installation choquante?
Un distributeur de préservatifs installé en dessous d'une plaque commémorative. Cette disposition incongrue a fait grincer des dents l'auteur du blog Les mots et l'image. Dans "L'ignomie et l'irrespect", billet au vitriol publié la veille du 70e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, Donatien Grau s'insurge. "Cette image est une honte. Cette image témoigne, ou d'une inconscience tragiquement coupable, ou d'un irrespect brutal envers la souffrance de ceux qui sont morts pour la France." Et d'ajouter: C'est "une injure faite aux cinquante heures de tortures que cet homme de soixante-quatre ans dut endurer".
Ce "martyr", dépeint par le blogueur, c'est Charles Delestraint, premier chef de l'armée secrète, arrêté par la Gestapo en 1943 et mort en 1945. La plaque en son honneur est située à la sortie du métro La Muette, avenue Mozart, dans le XVIe arrondissement de Paris. Et en dessous, trône, depuis "trois ou quatre ans", un imposant boîtier à l'effigie de la marque de préservatifs Manix.
Une association insultante? La propriétaire de l'officine dont dépend le distributeur montré du doigt concède avoir reçu "quelques remarques au moment de son installation". La pharmacienne affirme de bonne foi qu'elle était même prête à le changer de place. Puis, "plusieurs clients m'ont fait remarquer qu'il était plus important de sauver des vies", poursuit-elle. Et c'est ainsi que le boitier incriminé est resté à sa place.
La prévention prime sur le devoir de mémoire
Dans le quartier, le distributeur n'émeut pas plus que ça les habitués. "Je ne l'avais même pas remarqué", s'étonne Monique, 52 ans, vendeuse dans un kiosque à journaux situé en face de la plaque commémorative. Comme pour Elodie, 24 ans, de nombreux badauds estiment que l'argument de la prévention contre le sida prime sur le devoir de mémoire. "Un distributeur, c'est pratique. Certains n'osent pas aller acheter des préservatifs au guichet d'une pharmacie. Il vaut mieux qu'il soit là , plutôt qu'il n'y en ait pas du tout", renchérit René, 31 ans, commerçant dans la rue d'en face.
Choquant, non, mais maladroit, oui. "C'est un peu indélicat de l'avoir mis à cet endroit là , reconnait la vendeuse de journaux. Surtout dans ce quartier où, estime-t-elle, les gens accordent une grande importance à l'histoire de France." Vincent, 46 ans, qui habite La Muette depuis plusieurs années, considère qu'il faudrait "simplement le déplacer afin de régler le problème".
Cette solution ne semble pas être envisagée pour le moment. A ce jour, aucune plainte n'a été déposée auprès du cabinet du maire du XVIe arrondissement, Claude Goasguen.
Et vous, comprenez-vous cette polémique?
Est-ce que cela bafoue la mémoire du général Charles Delestraint?
Les distributeurs de préservatifs doivent-ils être visibles de tous ou placés dans des endroits discrets?
on peut tirer meilleur parti de cette installation et se dire que les jeunes qui achètent leurs préservatifs sont susceptibles de lire cette plaque commémorative et apprendre un pan de leur histoire.
