Victor a écrit : 23 septembre 2026 15:40
Once a écrit : 23 septembre 2026 15:15
Non. Même si l'on peut distinguer plusieurs niveaux de bourgeoisie (de la plus haute à la plus petite), cette notion n'intègre pas les classes laborieuses qui constituent une large part de la société française.
Je suis plutôt de l'avis de papibilou.
Ce qui caractérise un pays dit développé c'est l'importance de sa classe moyenne (classe que l'on peut qualifier de "petite bourgeoisie".
Nous ne sommes plus au 19ième siècle. Les catégories sociales que vous employez datent de ce 19ième siècle.
Oui, nous voici à présent au XXI ième siècle et jamais les inégalités se sont autant creusées entre les uns et les autres depuis le début du capitalisme industriel. Le France est le deuxième pays au monde à avoir verser autant de dividendes en 2025. Juste derrière les Etats-Unis et devant l'Allemagne. Pendant que des millions de français sont à sec le 25 du mois et ne mettent que 20 euros dans leurs réservoirs en ce moment même parce qu'ils ont du mal à faire le plein.
Nous ne vivons plus à l'ère du capitalisme industriel et des vertus du fordisme pépère.
Aujourd'hui, jamais le capitalisme n'a connu autant de dérives capitalistiques purement financières qui le découplent totalement du monde réel du travail et de millions d'individus qui n'existent plus pour lui : jamais l'argent de quelques uns n'a produit autant de pouvoirs pour les mêmes qui rachètent tout ce qu'ils peuvent en créant des entreprises monopolistiques dirigeant le monde et en passe de dominer les états.
Mais il y a autre chose : malgré quelques exemples contraires, le capitalisme s'est le plus souvent accommodé de la démocratie. Ce n'est plus le cas : aujourd'hui, il s'accommode de pouvoirs ploutocratiques qui dirigent le monde aux Etats-Unis et en Chine.
Les classes sociales décrites par Marx n'existent plus en tant que telles aujourd'hui (bourgeoisie vs monde prolétaire) car tous les repères ont été brouillés par l'évolution des technologies modernes qui tendent de plus en plus à isoler les gens les uns des autres et à les abrutir avec du divertissement bas de gamme (Hanouna et cie...) quand le travail les a déjà suffisament abrutis pour qu'ils gagnent petitement leurs vies.
Pourtant, les antagonismes d'intérêts existent toujours même si ils se sont totalement divisés et sous-divisés en intérêts le plus souvent morcelés (il ne suffit que de constater le nombre de topics ouverts sur la question des retraités boomers pour ne pouvoir qu'admettre qu'ils forment bien une classe sociale spécifique defendant des privilèges historiques propres à elle). Si Marx vivait aujourd'hui il pourrait bien affirmer qu'existe une lutte des classes entre actifs et retraités en France, non ?
En tout cas, quand on essaie de prendre un peu de recul, on ne peut que constater une chose : la lutte des classes existe toujours mais elle a été remportée.
Et c'est un milliardaire qui sait de quoi qui nous le dit.
« Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui mène la lutte et nous sommes en train de gagner ." Warren Buffet.