Re: Voeux de Macron
Posté : 01 janvier 2025 23:54
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papibilou a écrit : 01 janvier 2025 22:01J'ai de gros doutes sur l'intérêt de faire un référendum sur un texte que personne n'a lu.Cépajuste a écrit : 01 janvier 2025 20:44
Il était tout à fait naturel de passer par un référendum pour un traité de ce genre, et Chirac était un gaulliste. Donc, pour lui, c'était une évidence. Je vous rappelle que Mitterrand aussi était passé par le référendum pour le traité de Maastricht.
C'est comme si on vous demandait votre avis sur la théorie de relativité restreinte d'Einstein.
donc référendum inutile.da capo a écrit : 01 janvier 2025 19:56La question n'intéressait pas grand monde et parmi la minorité qui a bien voulu voter, 55 % des électeurs ont répondu à Chirac : casse-toi.jeandu53 a écrit : 01 janvier 2025 19:10
Il y a eu une belle campagne en 2005, les gens se sont intéressés au sujet, se sont documentés. Ils ont répondu non à la question posée.
le problème, c'est que ce n'est pas avec l'avis de la majorité que l'on a fait avancer la cause des minorités.LeGrandNoir a écrit : 01 janvier 2025 23:35Merci de me rappeler que je suis un âne. Vous ne souffrez guère de complexes non plus.Cépajuste a écrit : 01 janvier 2025 22:49
Demander l'avis des électeurs, ce n'est pas seulement le principe du gaullisme, c'est celui de la démocratie. Le mépris et le complexe de supériorité ne sont pas des signes d'intelligence.
Pourtant, des pays bien démocratiques comme l'Allemagne ou la Belgique n'ont pas le référendum dans leurs catalogues constitutionnels et vivent très bien sans.
Le référendum n'a rien de mauvais en soi. C'est la pratique française qui est calamiteuse. La votation suisse est exemplaire. Je suis donc favorable à une journée ou deux par an où on demanderait au peuple de trancher un certain nombre de questions. Par exemple, le droit du sol ajouté au droit du sang nous conduit - parmi d'autres facteurs - à une invasion migratoire (notamment à Mayotte et en Guyane), et serait un excellent sujet à soumettre au peuple.
Ce qui pose la question du "qui ?".jeandu53 a écrit : 01 janvier 2025 14:10Le référendum serait très utile pour réformer le pays en surmontant les blocages à l'Assemblée et aussi pour contourner la jurisprudence du CC. Donc sur le principe, le référendum, c'est bien. Sauf que Macron n'a rien promis.
Ce qui revient à poser de question de "quoi ?"jeandu53 a écrit : 01 janvier 2025 14:19Pour un référendum, la question doit être simple, on y répond par oui ou par non. Si c'est trop compliqué, on ne peut pas y arriver.
"Aurait dû".Kelenner a écrit : 02 janvier 2025 11:00 C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé. Le référendum de 2005 avait été conçu pour que les gens votent oui et rien d’autre, la victoire massive du non aurait dû amener à tout reprendre à zéro, avec élection d’une Assemblée constituante, pour élaborer un projet plus conforme à la volonté populaire. C’est tout le contraire qui a été fait.
La question du « qui » peut se poser en effet, c'est pourquoi je suis partisan du référendum d'initiative populaire. Si c'est le peuple lui-même qui se saisit d'une question, le risque plébiscitaire est évité. Mais ce n'est pas parce que la question est posée par un président qu'elle est illégitime ni que son intention est forcément de faire un plébiscite. Le référendum de Maastricht n'avait rien de plébiscitaire, ni celui du Traité Constitutionnel Européen, ni celui sur la Nouvelle-Calédonie.Yaroslav a écrit : 02 janvier 2025 10:37 Ce qui pose la question du "qui ?".
Qui pour choisir le thème et l'intitulé de la question ? Le président probablement.
Ce qui revient à dire que c'est le président qui continue à gouverner en sous-mains s'il s'agit de passer outre l'assemblée nationale, donc cela revient vraiment pour le coup à délégitimer les derniers résultats électoraux législatifs.
Il n'y a pas de plan B. En cas de réponse positive, le projet proposé par référendum est adopté. Dans le cas contraire, il est juste rejeté et c'est le statu quo.Yaroslav a écrit : 02 janvier 2025 10:37 Ce qui revient à poser de question de "quoi ?"
Quoi en cas de "non" ? Le plan A, c'est la validation du projet par un oui majoritaire au référendum.
Le plan B, en cas de "non" majoritaire, c'est quoi ?
L'article 11 de la Constitution est très clair :Yaroslav a écrit : 02 janvier 2025 10:37Ce qui pose la question du "qui ?".jeandu53 a écrit : 01 janvier 2025 14:10Le référendum serait très utile pour réformer le pays en surmontant les blocages à l'Assemblée et aussi pour contourner la jurisprudence du CC. Donc sur le principe, le référendum, c'est bien. Sauf que Macron n'a rien promis.
Qui pour choisir le thème et l'intitulé de la question ? Le président probablement.
Ce qui revient à dire que c'est le président qui continue à gouverner en sous-mains s'il s'agit de passer outre l'assemblée nationale, donc cela revient vraiment pour le coup à délégitimer les derniers résultats électoraux législatifs.
Par ailleurs, je ne suis pas certain que le référendum permet de passer outre la constitution.
Ce qui revient à poser de question de "quoi ?"jeandu53 a écrit : 01 janvier 2025 14:19Pour un référendum, la question doit être simple, on y répond par oui ou par non. Si c'est trop compliqué, on ne peut pas y arriver.
Quoi en cas de "non" ? Le plan A, c'est la validation du projet par un oui majoritaire au référendum.
Le plan B, en cas de "non" majoritaire, c'est quoi ? Il y en aura forcément un, mais qui sera présenté plus tard du coup, devra-t-il alors lui aussi être validé par référendum ? Si tu penses que oui, alors il faudra aussi prévoir potentiellement un plan C. Et pourquoi le plan C devrait-il être proposé après le B ? Autant tous les proposer au cours du même scrutin, projet A contre B contre C.
On voit bien que la question binaire "oui / non" est non seulement un éloge à la médiocrité (parce qu'il faut pas faire trop "compliqué"...) mais qu'elle pose aussi d'énormes problèmes purement logiques. Et c'est justement à cause de ce non sens "oui / non" (parce qu'il faut bien continuer à vivre et à gouverner en cas de non) que certains arrivent à dire ici avec la plus grande mauvaise foi qu'on aurait transformé un "non" en un "oui".
Merci pour ce rappel, que je reconnais 100% valide. Quand à Kelenner, il se stirlipote un peu le schmilblick.Yaroslav a écrit : 02 janvier 2025 11:18"Aurait dû".Kelenner a écrit : 02 janvier 2025 11:00 C’est pourtant bien ce qu’il s’est passé. Le référendum de 2005 avait été conçu pour que les gens votent oui et rien d’autre, la victoire massive du non aurait dû amener à tout reprendre à zéro, avec élection d’une Assemblée constituante, pour élaborer un projet plus conforme à la volonté populaire. C’est tout le contraire qui a été fait.
Non sûrement pas, ça c'est votre interprétation et votre vision des chose, votre plan B à vous et rien qu'à vous.
Le "non" impliquait que le TCE ne soit pas adopté, or le TCE était symboliquement une constitution préparant à faire nation européenne avec des symboles d'identité et des valeurs (droits de l'homme, concurrence) gravés dans le marbre. Cette approche est bel et bien tombée à l'eau, on est resté sur des traités purement techniques, ce qui a finalement conforté une UE "technocratique".
Le "non" n'impliquait ni un Frexit, ni une constituante, ni une sortie de tous les traités européens applicables adoptés dans le passé, même si chaque "non" a ainsi voulu prêcher pour sa propre paroisse (j'avais moi-même voté "non" au passage).
Le "non" n'impliquait pas non plus le repêchage du texte par le Parlement avec l'adoption du Traité de Lisbonne. C'est, je crois, la première fois dans l'histoire que le Parlement a adopté un texte qui avait été rejeté par le peuple français.Yaroslav a écrit : 02 janvier 2025 11:18 Le "non" n'impliquait ni un Frexit, ni une constituante, ni une sortie de tous les traités européens applicables adoptés dans le passé, même si chaque "non" a ainsi voulu prêcher pour sa propre paroisse (j'avais moi-même voté "non" au passage).
Si vous l'aviez lu, vous auriez constaté que ce n'était pas le même texte, mais j'avais voté Non! au référendum.Cépajuste a écrit : 02 janvier 2025 12:04Le "non" n'impliquait pas non plus le repêchage du texte par le Parlement avec l'adoption du Traité de Lisbonne. C'est, je crois, la première fois dans l'histoire que le Parlement a adopté un texte qui avait été rejeté par le peuple français.Yaroslav a écrit : 02 janvier 2025 11:18 Le "non" n'impliquait ni un Frexit, ni une constituante, ni une sortie de tous les traités européens applicables adoptés dans le passé, même si chaque "non" a ainsi voulu prêcher pour sa propre paroisse (j'avais moi-même voté "non" au passage).
Le non aurait dû simplement conduire au statu quo. À charge ensuite aux dirigeants européens de proposer éventuellement autre chose.
C'est le même texte à 99.99 %, hormis quelques symboles secondaires. Ce n'est pas contre ces symboles que les électeurs ont voté "non".Georges61 a écrit : 02 janvier 2025 12:11Si vous l'aviez lu, vous auriez constaté que ce n'était pas le même texte, mais j'avais voté Non! au référendum.Cépajuste a écrit : 02 janvier 2025 12:04
Le "non" n'impliquait pas non plus le repêchage du texte par le Parlement avec l'adoption du Traité de Lisbonne. C'est, je crois, la première fois dans l'histoire que le Parlement a adopté un texte qui avait été rejeté par le peuple français.
Le non aurait dû simplement conduire au statu quo. À charge ensuite aux dirigeants européens de proposer éventuellement autre chose.