*
Changer de fond en comble son parti, il l'a fait. S'opposer à toute alliance, même locale, avec le FN, il l'a fait. S'unir avec les centristes pour les régionales, il l'a fait. Sur six pages dans l'hebdomadaire de droite Valeurs actuelles, Nicolas Sarkozy peint un tableau tout en rose de son retour politique. A l'inverse, il reconnaît quelques erreurs lors de son quinquennat à l'Elysée ("Je ne dirai jamais que tout a été réussi") sans s'attarder dessus et préfère les comparer à ce qu'il estime être le bilan catastrophique de François Hollande.
Sarkozy veut parler à toutes les "Madeleine"
Le magazine a beau tout faire pour vendre son interview de l'ex-chef de l'Etat ("entretien exclusif" titré "la confession", "entretien sans tabou"), celui-ci s'adresse surtout à une partie des Français: les "Madeleine". Fin mars, une auditrice de RTL installée à Marseille, Madeleine, interpelle à l'antenne Nicolas Sarkozy. Je votais à droite mais déçue, je suis passée au Front national, lui dit-elle en substance. Depuis, le président du parti Les Républicains a reçu Madeleine et l'érige régulièrement en symbole de ces électeurs tentés par les extrêmes. Aux "Madeleine", il demande "de ne pas poursuivre la politique du pire (...) Voter Front national au premier tour, c'est faire gagner la gauche au second. C'est aboutir au même résultat que la situation actuelle. Au final, c'est donc le statu quo", met-t-il en garde."Jamais (il) n'a senti un décalage aussi profond entre ce qui est dit et ce que pensent les Français. C'est vrai pour le chômage, l'immigration, l'insécurité, trois sujets sur lesquels ils ont le sentiment qu'on ne leur dit pas la vérité".
Un programme à construire
Que Nicolas Sarkozy tienne ces propos dans les colonnes de Valeurs actuelles, l'hebdomadaire d'une droite musclée ,n'est évidemment pas un hasard. Sur son programme pour les prochains mois, le président du premier parti de l'opposition adopte un style moins direct et plus flou. Il s'est fixé deux "priorités" pour l'année à venir: les élections régionales de décembre et "la rédaction du projet d'alternance". "Avec Éric Woerth, chargé du projet, nous commencerons à faire des propositions fortes" (agriculture, économie, code du travail...), affirme Nicolas Sarkozy, qui souhaite également continuer à "donner une dimension internationale au fonctionnement des Républicains" et annonce de prochains déplacements en Grande-Bretagne, en Inde et en Chine.Et sa candidature à la primaire de 2016? "Le moment des décisions personnelles n'est pas venu."

