Bon, l'article est en accès restreint, mais je l'ai mis pour servir de source à une question importante que beaucoup se posent ; quand on voit les dégâts que provoque cette crise à tous les niveaux, la moindre des choses serait de présenter les données de façon fiable et honnête. Pour ma part, j'estime que cette question est assez importante pour déclencher un audit indépendant de tous les process qui servent à alimenter ces chiffresINTERVIEW - Antoine Houlou-Garcia, mathématicien, explique en quoi la crise du Covid-19 est un cas d’école de statistiques mal interprétées voire biaisées.
https://www.challenges.fr/entreprise/sa ... mie_727354
Le mathématicien Antoine Houlou-Garcia, coauteur avec Thierry Maugenest d’un livre Le théorème d’Hypocrite (Albin Michel) qui démontre l’usage de statistiques trompeuses à travers les âges (depuis Pythagore !) pour justifier des politiques pas toujours justes ou efficaces, voit en la crise du Covid-19 un cas d’école de chiffres mal interprétés voire biaisés.
Challenges – Dans votre livre, vous enjoignez, avec des exemples, à vous méfier des chiffres, surtout en matière d’épidémiologie : les épidémiologistes sont-ils mauvais en maths, l’équation a trop d’inconnues ou y a-t-il des arrière-pensées politiques ?
Antoine Houlou-Garcia – L’épidémiologie n’est pas une science exacte surtout au début d’une épidémie d’un virus nouveau. Il y a tant de paramètres inconnus sur le comportement du virus que c’est impossible de construire un modèle prédictif réaliste. Par le passé, les modélisations sur les épidémies de la vache folle, d’Ebola, de la grippe aviaire, du SRAS ont quasi-systématiquement été gonflées par rapport à ce qui s’est passé, ce qui a pu amener à des politiques contestées comme les millions de vaccins commandés inutilement par Roselyne Bachelot en 2009 contre la grippe H1N1. Pourquoi ? D’abord parce que les épidémiologistes sont avant tout des médecins, qui ont pour mission de sauver des vies et donc qui appliquent un principe de précaution maximal. Il est probable que si un collectif d’entrepreneurs férus de calculs statistiques émettait sa propre modélisation, en se basant sur un autre paramétrage, sans chercher le risque zéro, car il aurait plutôt à coeur de continuer à faire tourner l'économie, ils aboutiraient à un risque épidémique mortel bien plus bas… sans avoir forcément tort.
Surtout, ce n’est pas la faute des épidémiologistes qui, en scientifiques, savent bien qu’au début on tâtonne, que la marge d’erreur est grande, connaissent les limites du savoir et combien il faut du temps pour approcher de la vérité. Mais ils sont soumis à une pression énorme des politiques, des médias, de l’opinion publique, pour produire des chiffres qui seront ensuite ressassés, processés, dramatisés voire manipulés. Les humains ont un fort biais cognitif de détestation de l’inconnu, ils préfèrent se raccrocher à n’importe quel chiffre douteux que ne pas avoir de chiffre ! Certains épidémiologistes tombent aussi dans le piège de la célébrité jusqu’à en perdre toute rigueur scientifique et se muer en prophètes
Les écarts importants relevés à Nice tendent à prouver que ce ne serait pas du luxe ...
En l'occurrence, toutes les décisions sont basées sur un taux d'incidence qui ne veut rien dire ...
mais pire, avec des tests qui ne prouvent strictement rien et qui sont capables de détecter le fragment de la grippe de l'année dernière si on pousse le CT (nombre de cycles d'amplification) au delà du raisonnable ;
et quoi qu'il en soit, ces tests, même utilisés correctement, ne font pas office de preuves d'infection au sens de la justice, en témoignent la décision tombée au Portugal récemment et les nombreuses procédures en cours.
Ce qui est incompréhensible, c'est que le réseau Sentinelles (Inserm) diffuse des données depuis des lustres sur la circulation des différents virus et qu'on ne s'en sert pas ... pourquoi ? d'autant plus que ces données traduisent une tendance bien moins préoccupante que celles basées sur des tests peu fiables et non adaptés à la situation
Sur les données de mortalité, la communication a toujours tourné autour d'un nombre de morts qui représentent à ce jour 0.13% de la population française, et probablement bien moins si on fait abstraction des "erreurs" d'imputation par cause de décès ; seulement 54% des certificats de décès imputés au covid comportent une mention covid, les autres font état de 1 à 4 comorbidités. Et récemment, l'Ined a publié une étude qui revoit à la baisse ces données d'environ 25 000 ... mais peu importe ... 0.13% est un taux de létalité comparable à celui de la grippe
A côté de ça, il y a plusieurs manières de présenter les choses : la technique du verre à 3/4 vide ou à 3/4 plein
Les effets sur le psychique des gens ne sont pas les mêmes selon qu'on dise qu'il y a 91 000 décès du covid, qui plus est avec un décompte macabre journalier, ou qu'on précise que ça représente 0.13% de la population, ou encore qu'on dise que 99.87% des gens n'ont pas été touchés par le virus ou en sont guéris.
La forme de communication choisie traduit l'objectif poursuivi, selon qu'on est dans la bienveillance rassurante, ou au contraire dans la volonté d'instiller la peur dans l'esprit des gens ; une peur qui peut tourner à l'irrationnel et pousser au pire, mais qui rend le plus grand nombre malléable et en position d'accepter les mesures les plus restrictives.
C'est le choix qui a été fait en France, mais on retrouve la même logique et les mêmes procédés dans de nombreux pays dans le monde.
Pourquoi ? Qui profite de la situation ?

