Méloni freine des deux pieds.l'option d'un « prêt de réparation » gagé sur les avoirs russes immobilisés en Europe a reçu vendredi des signaux contrastés. D'un côté, le Conseil de l'UE a donné son feu vert à un changement de régime qui permet de maintenir l'immobilisation de ces actifs souverains jusqu'à la cessation des hostilités.
Par la voie d'une déclaration commune, consultée par « Les Echos », quatre pays (Belgique, Bulgarie, Malte et surtout Italie) l'ont critiquée. Le recours à l'article 122 du traité sur le fonctionnement de l'UE « implique des conséquences légales, financières, procédurales et institutionnelles qui pourraient aller bien au-delà du cas spécifique » des avoirs russes, indique leur texte.
La crainte d’un précédent juridique
Cette décision est un tournant pour l’Union européenne, analyse le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine, car le conseil de l’UE contourne une unanimité jusqu’ici nécessaire. "Plusieurs Etats se sont demandé si cet article pourra être utilisé à d’autres occasions, notamment dans des domaines où ils ont déjà mis leur veto", explique le journal.
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elle est coincée et ne joue pas solidaire.Sur le dossier ukrainien, l’équilibrisme est tout aussi périlleux. En apparence, l’Italie reste pleinement engagée aux côtés de Kyiv. Lundi, la Première ministre sera à Berlin pour la rencontre entre le président ukrainien et les leaders européens. Mardi 9 décembre, elle a reçu un Volodymyr Zelensky plein d’espoir au Palais Chigi: «J’ai confiance en Giorgia Meloni», a-t-il confié.
Toutefois, à l’issue de cette rencontre, la dirigeante italienne a été attentive à ne pas trop dévier vers l’une ou l’autre rive de l’Atlantique. Celle qui nourrit toujours l’ambition de s’imposer en interlocutrice clé entre Washington et Bruxelles insiste sur la nécessité d’une «vision commune» avec les Etats-Unis.
Et lorsqu’on gratte le vernis, le soutien italien à l’Ukraine apparait carrément vacillant. En 2025, alors que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont doublé — voire triplé — leurs contributions militaires par rapport à la période 2022-2024, l’Italie les a réduites de 15%, note l’institut de recherche allemand Kiel. Avec le coup de frein de Donald Trump, l’aide militaire globale fournie à l’Ukraine pourrait atteindre son plus bas niveau depuis le début de la guerre, au moment où les forces ukrainiennes sont en situation critique face au bulldozer russe.
Les obstacles internes au gouvernement
Autre caillou dans la chaussure pro-ukrainienne de Giorgia Meloni: son allié au gouvernement, Matteo Salvini. Son parti d’extrême droite la Lega bloque le vote du nouveau décret qui prolonge d’un an les aides militaires italiennes à l’Ukraine. Il plaide pour un engagement à plus court terme, ou pour limiter l’aide à des moyens défensifs et logistiques.
Il va falloir s'engager à un moment donné...

