Il faut bien une date. Le 4 juillet aux Etats-Unis, le 14 juillet en France, le 5 juillet en Algérie ou le 1er octobre en Chine. Une date pour célébrer, rassembler, recentrer une nation, un peuple. Autocratie ou démocratie, tous les pays du monde ont leur fête nationale. Une date, parfois choisie arbitrairement, parfois symbole fort d’un moment historique clé : la signature d’une déclaration d’indépendance, la date d’une bataille décisive ou la création d’un système fondateur. Cette date est l’occasion de se souvenir, de faire corps autour de certains idéaux ou certaines valeurs.
Ce samedi 4 juillet, la relativement jeune démocratie américaine célèbre son quart de millénaire, ses 250 ans, sa Déclaration d’indépendance dans laquelle figure cette phrase célèbre : «Nous tenons pour évidente cette vérité : tous les hommes sont créés égaux.» Il y a déjà bien longtemps que nous savons que cette vérité n’a strictement rien d’évident. Et que l’égalité aux Etats-Unis ou ailleurs reste une aspiration difficilement atteignable.
Mépris profond pour l’histoire
Ce pays si complexe a pourtant réussi, il y a 250 ans, à poser les fondations d’un système de gouvernement finalement solide, qui, jusqu’à ce jour, a résisté à l’épreuve du temps et aux contradictions des époques. Et les célébrations du 4 juillet ont toujours été l’occasion de rappeler que les Pères fondateurs des Etats-Unis se sont appuyés sur des idéaux et des valeurs qui n’ont, certes, pas toujours résisté à l’épreuve de la réalité mais qui, au fil du temps, sont restés des aspirations profondes au sein de la nation.
Ce 4 juillet 2026, pourtant, rien dans les célébrations officielles de l’administration Trump ne ressemble à une volonté de rassembler ou d’unifier un pays profondément divisé. Rien. Les valeurs et les idéaux semblent s’être évanouis à la faveur d’un narcissisme débridé et d’un mercantilisme assumé. Voire d’une forme de mépris profond pour l’histoire et la vision fondatrice. Un pays qui ignore, qui prône l’oubli de son histoire, est un pays malade. Parce qu’une nation se construit et se renforce sur les ruines ou les fondations de son passé. C’est vrai pour les Etats-Unis mais aussi pour la France et tant d’autres pays où les valeurs fondatrices des démocraties semblent parfois vaciller. Il est donc urgent de regarder dans le rétroviseur et de se souvenir.
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