Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Mesoke »

Yaroslav a écrit : 04 septembre 2026 12:22 Avec une augmentation continue de la dette en proportion du PIB, ce qui est la tendance depuis des lustres, rien ne dit que ce sera soutenable ad vitam, au contraire.

Et à contrario, si on essaie de maintenir notre dette en proportion du PIB, là le ratio "ressources acquises / intérêts remboursés" va commencer à devenir beaucoup moins intéressant.

Donc j'ai bien l'impression que la dette n'offre que 2 perspectives en gros : soit des gains très limités, voire peut-être des pertes, si on la stabilise dans le temps, soit une fuite en avant qui rendra la dette intéressante financièrement jusqu'au jour où on arrivera plus à payer.
Avec une gestion correcte du déficit ce système est pérenne. Nombre de pays ont une gestion correcte de leur déficit public et le ratio dette / PIB y reste stable. En France après une crise qui fait augmenter la dette on ne fait rien pour la ramener à un meilleur niveau, pour la faire diminuer.

Si on essaye de réduire le ratio dette / PIB ou ne serait-ce que le maintenir alors c'est qu'on aura réduit le déficit public et que, donc, on ne fera plus entrer de sous dans notre économie via de l'endettement mais en plus on aura augmenté les recettes / baissé les dépenses ce qui aura un impact négatif sur le PIB.

La dette n'offre pas que deux perspectives : c'est juste un outil qui fait entrer des sous dans d'économie via un endettement perpétuel (tu parles plus haut de 1800 milliards d'euros, ce ne sont pas des gains limités) et qui est pérenne si on le gère correctement et qu'on laisse pas la dette s'envoler. Le problème de ce système c'est que tous les gouvernements se sont dit "on a de la marge, après moi le déluge, les futurs dirigeants gèreront la dette supplémentaire qu'on leur laisse", et ce parce que stabiliser la dette se fait en augmentant les recettes / diminuant les dépenses ce qui ne plait pas aux électeurs, et qu'aujourd'hui c'est Macron qui paye les pots cassés de 50 ans de roulement de dette. Macron qui n'a pas fait mieux ni pire sur ce sujet que ses prédécesseurs.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par papibilou »

Mesoke a écrit : 04 septembre 2026 15:26
Yaroslav a écrit : 04 septembre 2026 12:22 Avec une augmentation continue de la dette en proportion du PIB, ce qui est la tendance depuis des lustres, rien ne dit que ce sera soutenable ad vitam, au contraire.

Et à contrario, si on essaie de maintenir notre dette en proportion du PIB, là le ratio "ressources acquises / intérêts remboursés" va commencer à devenir beaucoup moins intéressant.

Donc j'ai bien l'impression que la dette n'offre que 2 perspectives en gros : soit des gains très limités, voire peut-être des pertes, si on la stabilise dans le temps, soit une fuite en avant qui rendra la dette intéressante financièrement jusqu'au jour où on arrivera plus à payer.
Avec une gestion correcte du déficit ce système est pérenne. Nombre de pays ont une gestion correcte de leur déficit public et le ratio dette / PIB y reste stable. En France après une crise qui fait augmenter la dette on ne fait rien pour la ramener à un meilleur niveau, pour la faire diminuer.

Si on essaye de réduire le ratio dette / PIB ou ne serait-ce que le maintenir alors c'est qu'on aura réduit le déficit public et que, donc, on ne fera plus entrer de sous dans notre économie via de l'endettement mais en plus on aura augmenté les recettes / baissé les dépenses ce qui aura un impact négatif sur le PIB.

La dette n'offre pas que deux perspectives : c'est juste un outil qui fait entrer des sous dans d'économie via un endettement perpétuel (tu parles plus haut de 1800 milliards d'euros, ce ne sont pas des gains limités) et qui est pérenne si on le gère correctement et qu'on laisse pas la dette s'envoler. Le problème de ce système c'est que tous les gouvernements se sont dit "on a de la marge, après moi le déluge, les futurs dirigeants gèreront la dette supplémentaire qu'on leur laisse", et ce parce que stabiliser la dette se fait en augmentant les recettes / diminuant les dépenses ce qui ne plait pas aux électeurs, et qu'aujourd'hui c'est Macron qui paye les pots cassés de 50 ans de roulement de dette. Macron qui n'a pas fait mieux ni pire sur ce sujet que ses prédécesseurs.
L'augmentation du PIB c'est la croissance. La croissance c'est l'augmentation de la production. C'est a dire l'augmentation du travail.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Yaroslav »

Mesoke a écrit : 04 septembre 2026 15:26Si on essaye de réduire le ratio dette / PIB ou ne serait-ce que le maintenir alors c'est qu'on aura réduit le déficit public et que, donc, on ne fera plus entrer de sous dans notre économie via de l'endettement mais en plus on aura augmenté les recettes / baissé les dépenses ce qui aura un impact négatif sur le PIB.

La dette n'offre pas que deux perspectives : c'est juste un outil qui fait entrer des sous dans d'économie via un endettement perpétuel (tu parles plus haut de 1800 milliards d'euros, ce ne sont pas des gains limités) et qui est pérenne si on le gère correctement et qu'on laisse pas la dette s'envoler. Le problème de ce système c'est que tous les gouvernements se sont dit "on a de la marge, après moi le déluge, les futurs dirigeants gèreront la dette supplémentaire qu'on leur laisse", et ce parce que stabiliser la dette se fait en augmentant les recettes / diminuant les dépenses ce qui ne plait pas aux électeurs, et qu'aujourd'hui c'est Macron qui paye les pots cassés de 50 ans de roulement de dette. Macron qui n'a pas fait mieux ni pire sur ce sujet que ses prédécesseurs.
Si je reprends mot pour mot ton 1er paragraphe : tu dis bien que stabiliser la dette, même en % de PIB, va coûter cher et aura des conséquences négatives sur le PIB. Ça veut donc bien dire que le seul moyen de "booster" le PIB comme tu dis au moyen de l'endettement, c'est d'accroître indéfiniment le taux de notre dette publique en % de PIB...

Et ça, je le maintiens, je pense que ça nous envoie nécessairement vers le précipice.
Modifié en dernier par Yaroslav le 04 septembre 2026 16:01, modifié 1 fois.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Mesoke »

papibilou a écrit : 04 septembre 2026 15:48 L'augmentation du PIB c'est la croissance. La croissance c'est l'augmentation de la production. C'est a dire l'augmentation du travail.
Tout à fait. D'où l'intérêt d'injecter de l'argent neuf dans l'économie réelle pour augmenter le PIB. Et d'où la réticence des élus à faire diminuer l'endettement, donc le déficit, donc à ralentir l'augmentation du PIB.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Mesoke »

Yaroslav a écrit : 04 septembre 2026 15:53 Si je reprends mots pour mots ton 1er paragraphe : tu dis bien que stabiliser la dette, même en % de PIB, va coûter cher et aura des conséquences négatives sur le PIB. Ça veut donc bien dire que le seul moyen de "booster" le PIB comme tu dis au moyen de l'endettement, c'est d'accroître indéfiniment le taux de notre dette publique en % de PIB...

Et ça, je le maintiens, je pense que ça nous envoie nécessairement vers le précipice.
Non ça n'est pas tout à fait ce que je dis. Je dis qu'un déficit public ça fait entrer de l'argent dans l'économie, donc ça booste le PIB, pour un coût qui n'est "que" du nouvel endettement qui sera remboursé par un autre endettement. Mais ce déficit peut être prévu en relation avec des prévisions de croissance du PIB et d'inflation afin de garder constant dans le temps le ratio dette / PIB. Ce que fait l'Allemagne, par exemple, qui essaye de rester à un ratio de 60% comme prévu dans les accords européens. Quand leur endettement a augmenté avec la crise du covid, l'Allemagne a passé quelques années à réduire leurs déficit pour moins emprunter, ce qui a fait diminuer leur ratio dette/PIB pour qu'il reviennent à environ 60% après avoir augmenté, mais on constate également un ralentissement de leur croissance économique sur la période.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Yaroslav »

Mesoke a écrit : 04 septembre 2026 16:05Non ça n'est pas tout à fait ce que je dis. Je dis qu'un déficit public ça fait entrer de l'argent dans l'économie, donc ça booste le PIB, pour un coût qui n'est "que" du nouvel endettement qui sera remboursé par un autre endettement. Mais ce déficit peut être prévu en relation avec des prévisions de croissance du PIB et d'inflation afin de garder constant dans le temps le ratio dette / PIB. Ce que fait l'Allemagne, par exemple, qui essaye de rester à un ratio de 60% comme prévu dans les accords européens. Quand leur endettement a augmenté avec la crise du covid, l'Allemagne a passé quelques années à réduire leurs déficit pour moins emprunter, ce qui a fait diminuer leur ratio dette/PIB pour qu'il reviennent à environ 60% après avoir augmenté, mais on constate également un ralentissement de leur croissance économique sur la période.
Eh bien je serais curieux de connaître ce gain net cumulé lié à la dette publique allemande (que j'ai évalué à 1 800 milliards d'€ pour la France depuis 1974) qui doit être beaucoup moins élevé pour l'Allemagne en 2026 sachant que ce pays n'a justement pas fait exploser sa dette afin de maintenir son confort de vie.

Ce qui est certain, c'est que stabiliser une dette en euros (ce qui revient à stabiliser une dette en % de PIB avec croissance 0) n'est pas rentable car le montant des ressources consacré au remboursement devient supérieur au montant des prêts accordés.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Mesoke »

Non, justement.

Même en France avec notre dette et notre déficit tous pourris le montant des intérêts est toujours inférieur à notre déficit. On est de plus en plus proche de la bascule, mais uniquement parce que l'endettement a été mal géré, ou même pas géré. Au mieux les gouvernements se sont contentés de maintenir l'endettement constant par rapport au PIB entre deux crises, mais sans jamais chercher à le faire diminuer (à part un peu sous Jospin il y a 25 ans, mais c'était en profitant de quelques années de bonne conjoncture économique).

Si le déficit est intelligemment géré et si on garde comme cap un niveau d'endettement / PIB donnée, genre 60%, et si le PIB croît avec le temps, alors les intérêts ne seront toujours qu'une petite part du déficit et l'endettement pour combler le déficit fera toujours entrer de nouveaux sous dans l'économie. Le problème c'est la mauvaise gestion, le système semble lui totalement pérenne.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Yaroslav »

Mesoke a écrit : 04 septembre 2026 16:25 Non, justement.

Même en France avec notre dette et notre déficit tous pourris le montant des intérêts est toujours inférieur à notre déficit. On est de plus en plus proche de la bascule, mais uniquement parce que l'endettement a été mal géré, ou même pas géré. Au mieux les gouvernements se sont contentés de maintenir l'endettement constant par rapport au PIB entre deux crises, mais sans jamais chercher à le faire diminuer (à part un peu sous Jospin il y a 25 ans, mais c'était en profitant de quelques années de bonne conjoncture économique).

Si le déficit est intelligemment géré et si on garde comme cap un niveau d'endettement / PIB donnée, genre 60%, et si le PIB croît avec le temps, alors les intérêts ne seront toujours qu'une petite part du déficit et l'endettement pour combler le déficit fera toujours entrer de nouveaux sous dans l'économie. Le problème c'est la mauvaise gestion, le système semble lui totalement pérenne.
Non quoi ?
"Stabiliser une dette en euros (ce qui revient à stabiliser une dette en % de PIB avec croissance 0) n'est pas rentable car le montant des ressources consacré au remboursement devient supérieur au montant des prêts accordés" est rigoureusement juste. C'est simplement lié au fait que les prêts ont des intérêts.

Il y a 3 scénarios possibles dans un schéma où un pays stabilise sa dette en proportion de son PIB.
- Soit la croissance est nulle ou faible et stabiliser la dette revient à la payer plus chère qu'elle ne rapporte.
- Soit la croissance permet de payer exactement les intérêts de la dette sans puiser dans les réserves.
- Soit la croissance est forte et stabiliser la dette revient à ce qu'elle rapporte plus qu'elle ne coûte.
Donc tout dépend de la croissance.

Ça fait plusieurs messages que tu parles de "mal gérée", "bien gérée", ça ne veut pas dire grand chose.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Mesoke »

Tout ne dépend pas de la croissance, mais du niveau de déficit et de dette par rapport à la croissance. Plus la croissance est forte et plus on peut s'accorder un gros déficit qu'on comblera avec de la dette. Si la croissance devient négative alors on ne peut plus utiliser l'effet booster de l'endettement si on veut rester à un ratio dette/PIB constant. Ou alors vu qu'une croissance négative arrive surtout pendant des crises, on s'autorise à faire montant le taux d'endettement pendant le temps de la crise, pour ne pas trop freiner l'économie, puis on rétablit un endettement acceptable après la crise, comme ce qu'ont fait les allemands.

Quand je parle de bien ou mal gérer le budget dans le cadre de cette discussion c'est pour dire que les gouvernements s’intéressent ou non à contenir le niveau d'endettement à un seuil acceptable pour la pérénité du système au lieu de faire le minimum quand la situation économique est bonne, de claquer plein de sous en cas de crise et de ne jamais essayer de revenir à un taux d'endettement plus soutenable pour avoir de la marge lors de la crise suivante.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par vivarais »

Il ne s'agit pas de comprendre la dette mais de la résoudre
Qui dit comment la résoudre d'une manière cartésienne
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par papibilou »

Mesoke a écrit : 04 septembre 2026 17:52 Quand je parle de bien ou mal gérer le budget dans le cadre de cette discussion c'est pour dire que les gouvernements s’intéressent ou non à contenir le niveau d'endettement à un seuil acceptable pour la pérennité du système au lieu de faire le minimum quand la situation économique est bonne, de claquer plein de sous en cas de crise et de ne jamais essayer de revenir à un taux d'endettement plus soutenable pour avoir de la marge lors de la crise suivante.
On peut accepter cette analyse, mais alors quel boulot il reste à faire chez nous !
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Yaroslav »

Mesoke a écrit : 04 septembre 2026 17:52 Tout ne dépend pas de la croissance, mais du niveau de déficit et de dette par rapport à la croissance. Plus la croissance est forte et plus on peut s'accorder un gros déficit qu'on comblera avec de la dette. Si la croissance devient négative alors on ne peut plus utiliser l'effet booster de l'endettement si on veut rester à un ratio dette/PIB constant. Ou alors vu qu'une croissance négative arrive surtout pendant des crises, on s'autorise à faire montant le taux d'endettement pendant le temps de la crise, pour ne pas trop freiner l'économie, puis on rétablit un endettement acceptable après la crise, comme ce qu'ont fait les allemands.

Quand je parle de bien ou mal gérer le budget dans le cadre de cette discussion c'est pour dire que les gouvernements s’intéressent ou non à contenir le niveau d'endettement à un seuil acceptable pour la pérénité du système au lieu de faire le minimum quand la situation économique est bonne, de claquer plein de sous en cas de crise et de ne jamais essayer de revenir à un taux d'endettement plus soutenable pour avoir de la marge lors de la crise suivante.
Moi je te parle d'un schéma où on stabilise la dette en % du PIB.
Aujourd'hui, la dette représente 119% du PIB.
Admettons qu'on fixe une règle d'or selon laquelle maintenant, on maintient le dette à 119% du PIB, un point c'est tout.
Le montant du déficit sera donc ajusté en fonction de ces 119% de dette / PIB.
Eh bien dans ce cas là, je dis que le seul paramètre qui fera que l'entretien de la dette à 119% du PIB va nous coûter très cher ou au contraire va continuer à nous rapporter + d'argent frais, c'est la croissance.

Sur la suite on est d'accord, mais j'aimerais te poser une autre question.
Selon toi, quel scénario de la dette publique est le plus pertinent (à choisir entre les 2) ?
Celui de la France qui continue à accroître sa dette en % de PIB, mais pas grave parce qu'on fait "rouler" ?
Ou bien celui de l'Allemagne qui a fait de gros efforts pour réduire sa dette en % de PIB, quitte à réduire son train de vue et affaiblir son économie à l'instant T ?
Et quel scénario de la dette te paraîtrait "idéal" pour la France ?
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Once »

Yaroslav a écrit : 04 septembre 2026 08:36
Once a écrit : 04 septembre 2026 08:24

Mais ce sont les marchés financiers qui ont intérêt à ce que les états s'endettent pour faire monter leurs taux d'intérêts. Que deviendraient ils sans les dettes des états ?

Non, le véritable problème c'est la privatisation exclusive de la dette publique par les marchés financiers étrangers.

Voilà le problème. Nous nous sommes mis sous leur coupe dans le cadre des institutions de l'UE et du rôle que la BCE joue en son sein.

Il n'est pas question d'en sortir en ce moment, le remède serait pire que le mal.

Par contre, il faudrait pouvoir réduire la part de cette privatisation dans le cadre de l'UE : et pour cela convaincre une majorité de pays de l'UE que ce serait dans leur propre intérêt. Y compris l'Allemagne qui vient de violer sa propre règle d'or en se lançant dans un grand investissement pour assurer sa défense contre la menace russe.

Il existe des alternatives possibles pour réduire la privatisation des dettes publiques. De toute façon, on ne peut pas continuer comme cela à un moment où des investissements énormes et URGENTS s'imposent de plus en plus dans de nombreux domaines.
La dette publique est forcément "privatisée" dans le sens où c'est l'état qui a besoin de fonds
Biais total dans ce genre de raisonnement unilatéral. Les marchés ont intérêt à faire rouler à l'infini la dette française : rien que les intérêts leur suffisent et c'est une excellente affaire pour eux. Mais le problème dépasse la question financière : c'est aussi une question politique car les marchés exercent un pouvoir énorme sur les états puisqu'ils les notent comme de bons ou de mauvais élèves en culpabilisent les citoyens des états jugés trop dépensiers.

et qu'il ne servirait donc à rien que l'état se prête de l'argent à lui-même.
Mais ce serait justement quelque chose d'essentiel en matière de souveraineté financière perdue en 1973 mais de manière plus importante en au début des années 90.

Donc il faut bien qu'il obtienne les fonds d'acteurs privés, je ne vois pas comment on peut faire autrement.
Oui, c'est ce que tout le monde nous demande de bien assimiler. Mais ce que j'essaie de vous expliquer c'est qu'il existe des moyens de réduire la privatisation de la dette. Ce qui ramène à la proposition de LFI concernant le gel de la dette Covid, soit des 600 milliards détenus par la BCE : ce que LFI souhaite d'abord et avant tout c'est qu'elle ne soit pas offerte aux marchés financiers. Leur proposition a été déformé par les médias mainstream : elle est pourtant jugée intéressante et crédible par de nombreux économistes de l'OBS, cette semaine.

Cela nous est expliqué ici (mais pas que) : ne tenez surtout pas compte de la présentation racoleuse, mais jugez du fond qui fait réfléchir (et je précise que je visionne intégralement les vidéos que je poste ici avant de les poster et celle -ci m'a paru intéressante dans son ensemble) Je ne vous demande pas d'en débattre - je sais que vous n'aimez pas le procédé- mais au moins de la visionner. Elle n'est pas si longue (25 mn)



Personne n'a vraiment envie de prêter son argent gratuitement, il attend des intérêts en retour. Même un citoyen français !
C'est un parallèle complètement biaisé qui est généralement fait : comparer "la bonne manière du père de famille de gérer le budget du foyer "avec celui de "l'Etat qui dépense à tort et à travers". C'est une comparaison totalement fallacieuse mais qui fonctionne parfaitement dans les esprits mal informés. Un état ne meurt jamais contrairement à un simple foyer français et les besoins d'un état n'ont rien à voir avec celui d'un simple foyer fiscal.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Yaroslav »

Once a écrit : 04 septembre 2026 19:44
Yaroslav a écrit : 04 septembre 2026 08:36

La dette publique est forcément "privatisée" dans le sens où c'est l'état qui a besoin de fonds
Biais total dans ce genre de raisonnement unilatéral. Les marchés ont intérêt à faire rouler à l'infini la dette française : rien que les intérêts leur suffisent et c'est une excellente affaire pour eux. Mais le problème dépasse la question financière : c'est aussi une question politique car les marchés exercent un pouvoir énorme sur les états puisqu'ils les notent comme de bons ou de mauvais élèves en culpabilisent les citoyens des états jugés trop dépensiers.

et qu'il ne servirait donc à rien que l'état se prête de l'argent à lui-même.
Mais ce serait justement quelque chose d'essentiel en matière de souveraineté financière perdue en 1973 mais de manière plus importante en au début des années 90.

Donc il faut bien qu'il obtienne les fonds d'acteurs privés, je ne vois pas comment on peut faire autrement.
Oui, c'est ce que tout le monde nous demande de bien assimiler. Mais ce que j'essaie de vous expliquer c'est qu'il existe des moyens de réduire la privatisation de la dette. Ce qui ramène à la proposition de LFI concernant le gel de la dette Covid, soit des 600 milliards détenus par la BCE : ce que LFI souhaite d'abord et avant tout c'est qu'elle ne soit pas offerte aux marchés financiers. Leur proposition a été déformé par les médias mainstream : elle est pourtant jugée intéressante et crédible par de nombreux économistes de l'OBS, cette semaine.

Cela nous est expliqué ici (mais pas que) : ne tenez surtout pas compte de la présentation racoleuse, mais jugez du fond qui fait réfléchir (et je précise que je visionne intégralement les vidéos que je poste ici avant de les poster et celle -ci m'a paru intéressante dans son ensemble) Je ne vous demande pas d'en débattre - je sais que vous n'aimez pas le procédé- mais au moins de la visionner. Elle n'est pas si longue (25 mn)



Personne n'a vraiment envie de prêter son argent gratuitement, il attend des intérêts en retour. Même un citoyen français !
C'est un parallèle complètement biaisé qui est généralement fait : comparer "la bonne manière du père de famille de gérer le budget du foyer "avec celui de "l'Etat qui dépense à tort et à travers". C'est une comparaison totalement fallacieuse mais qui fonctionne parfaitement dans les esprits mal informés. Un état ne meurt jamais contrairement à un simple foyer français et les besoins d'un état n'ont rien à voir avec celui d'un simple foyer fiscal.
Il vaudrait peut être mieux ne pas découper autant mes phrases, parce que j'ai du mal à suivre et à comprendre ce que tu dis.

Commençons par quelque chose de simple si tu es d'accord, les taux d'intérêt.
Je sais bien que l'état a la réputation d'être immortel et qu'il a donc cette capacité de "faire rouler la dette" comme aime à le répéter Mesoke. Ça c'est juste en effet.

Mais ce n'est pas pour autant que les gens qui ont de l'argent à épargner vont être d'accord pour prêter de l'argent gratuitement à l'état. Quel que soit le créancier qu'il y a derrière, que ce soit une grande institution ou que ce soit toi ou moi, on va réclamer des taux d'intérêt. Et le fait que l'état soit immortel ne change rien à ça.
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Re: Décryptage : 5 minutes pour comprendre la dette publique

Message par Once »

Yaroslav a écrit : 04 septembre 2026 19:59
Once a écrit : 04 septembre 2026 19:44

Biais total dans ce genre de raisonnement unilatéral. Les marchés ont intérêt à faire rouler à l'infini la dette française : rien que les intérêts leur suffisent et c'est une excellente affaire pour eux. Mais le problème dépasse la question financière : c'est aussi une question politique car les marchés exercent un pouvoir énorme sur les états puisqu'ils les notent comme de bons ou de mauvais élèves en culpabilisent les citoyens des états jugés trop dépensiers.




Mais ce serait justement quelque chose d'essentiel en matière de souveraineté financière perdue en 1973 mais de manière plus importante en au début des années 90.




Oui, c'est ce que tout le monde nous demande de bien assimiler. Mais ce que j'essaie de vous expliquer c'est qu'il existe des moyens de réduire la privatisation de la dette. Ce qui ramène à la proposition de LFI concernant le gel de la dette Covid, soit des 600 milliards détenus par la BCE : ce que LFI souhaite d'abord et avant tout c'est qu'elle ne soit pas offerte aux marchés financiers. Leur proposition a été déformé par les médias mainstream : elle est pourtant jugée intéressante et crédible par de nombreux économistes de l'OBS, cette semaine.

Cela nous est expliqué ici (mais pas que) : ne tenez surtout pas compte de la présentation racoleuse, mais jugez du fond qui fait réfléchir (et je précise que je visionne intégralement les vidéos que je poste ici avant de les poster et celle -ci m'a paru intéressante dans son ensemble) Je ne vous demande pas d'en débattre - je sais que vous n'aimez pas le procédé- mais au moins de la visionner. Elle n'est pas si longue (25 mn)






C'est un parallèle complètement biaisé qui est généralement fait : comparer "la bonne manière du père de famille de gérer le budget du foyer "avec celui de "l'Etat qui dépense à tort et à travers". C'est une comparaison totalement fallacieuse mais qui fonctionne parfaitement dans les esprits mal informés. Un état ne meurt jamais contrairement à un simple foyer français et les besoins d'un état n'ont rien à voir avec celui d'un simple foyer fiscal.
Il vaudrait peut être mieux ne pas découper autant mes phrases, parce que j'ai du mal à suivre et à comprendre ce que tu dis.

Commençons par quelque chose de simple si tu es d'accord, les taux d'intérêt.
Je sais bien que l'état a la réputation d'être immortel et qu'il a donc cette capacité de "faire rouler la dette" comme aime à le répéter Mesoke. Ça c'est juste en effet.

Mais ce n'est pas pour autant que les gens qui ont de l'argent à épargner vont être d'accord pour prêter de l'argent gratuitement à l'état. Quel que soit le créancier qu'il y a derrière, que ce soit une grande institution ou que ce soit toi ou moi, on va réclamer des taux d'intérêt. Et le fait que l'état soit immortel ne change rien à ça.
Question de fond que les taux d'intérêt. Ceci n'est que mon avis, mais c'est une perversion du système financier : l'argent produit de l'argent. Il favorise le fait que les capitaux se détournent des investissements productifs (usines, recherche, infrastructures) pour se diriger vers les marchés financiers, jugés plus rentables à court terme grâce aux intérêts et aux dividendes. Il favorise aussi la spéculation boursière et creuse les inégalités.

Mais il existe des alternatives : je pense par exemple aux monnaies fondantes théorisée par l'économiste belgo-allemand Silvio Gesell au début du XXe siècle et qui a connu une application lors de la Grande Dépression en 1932. La petite ville autrichienne de Wörgl a alors créé sa propre monnaie fondante. En quelques mois, le chômage y a chuté drastiquement et les infrastructures ont été réparées, car la vitesse de circulation de la monnaie était phénoménale. L'expérience fut si efficace que la Banque centrale autrichienne l'interdit par peur de perdre son monopole.

Il y a aussi l'exemple de la finance islamique qui interdit formellement l'usure.

Je pense aussi à la réflexion de John Maynard Keynes : selon lui, le taux d'intérêt n'est pas la récompense de l'épargne, mais le "prix de la renonciation à la liquidité". Si les taux d'intérêt sont trop élevés, les investisseurs préfèrent prêter leur argent sur les marchés financiers pour toucher des intérêts plutôt que de créer des entreprises (trop risqué). Cela provoque du chômage et bloque l'économie. Et, à partir de cette réflexion, il s'attaque directement aux rentiers en affirmant : sans taux d'intérêt, la fonction de "rentier" disparaît.

Pour finir : LFI s'attaque lui aussi frontalement à ce qui paraît comme une évidence au citoyen lambda avec sa proposition d'instaurer un pôle public bancaire.

Il s'agit d'assurer le primat du politique sur le financier et de mettre fin à la dictature du rendement : vaste programme qui ne va pas manquer de provoquer une véritable guerre des marchés financiers et de leurs relais dans les grands médias.
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