LOFOTEN a écrit : La filière française de l'hydrolien a connu jeudi un revers qui pourrait lui être fatal, avec l'annonce par Naval Energies de l'arrêt de ses investissements dans le secteur, un mois et demi seulement après avoir inauguré sa première usine de fabrication à Cherbourg.
Vers la fin de l'hydrolien en France? Naval Energies a en tout cas décidé de stopper ses investissements dans le secteur. La société a expliqué avoir tiré les conséquences de l'absence de soutien public à ces technologies dont le coût était jugé trop élevé, alors que les élus locaux y voyaient une filière prometteuse d'emplois même si elle était très en retard en France. L'entreprise spécialisée dans les énergies marines renouvelables, détenue à 60% par Naval Group et à 34% par la banque publique Bpifrance, a annoncé jeudi soir dans un communiqué qu'elle avait «décidé lors de son conseil d'administration extraordinaire du 25 juillet de mettre fin à ses investissements dans le domaine des hydroliennes», invoquant un manque de perspectives.
Naval Energies, filiale du constructeur naval français Naval Group (ex DCNS), avait inauguré à la mi-juin, à Cherbourg, la première usine française de fabrication d'hydroliennes, alors que le gouvernement français ne cachait pas déjà des doutes sur l'avenir de la technologie. La construction de l'usine, qui représentait un investissement de 10 millions d'euros financé en partie par les collectivités locales, avait démarré en juillet 2017. Avec seulement deux commandes fermes d'hydroliennes (au Japon et Canada), le site de 5 500 m2 tournait au ralenti avec juste une poignée de salariés. Naval Energies espérait des appels d'offres de l'État pour pouvoir augmenter sa production et faire tourner son outil de production. Ils ne sont jamais arrivés.
Colère des élus
Naval Energies évoque un «décalage entre l'offre technologique et la demande du marché» et dénonce «le système de subventions qui n'apporte pas d'aides directes aux constructeurs», ne permettant pas à l'industrie de «financer seule» le développement de ce secteur. «L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) (...) n'a prévu que 100 à 150 MW installés d'ici 2028, soit 50 turbines de 2 MW dans dix ans», a indiqué le groupe.
Cette annonce a suscité la colère des élus normands. Le ministre de l'Environnement «Nicolas Hulot a tué une filière d'avenir pour les énergies marines renouvelables. C'est tout de même un comble pour un ministre qui se veut écologiste», a accusé Benoît Arrivé, maire de Cherbourg-en-Cotentin, dans une interview à La Manche Libre, dénonçant «un choix financier et non industriel». Le sénateur LR de la Manche, Philippe Bas, a critiqué «les retards répétés, depuis plusieurs années et malgré nos relances régulières, dans le passage à la phase commerciale des appels à projets, indispensable pour conforter le «business plan» de l'usine et lui permettre de remporter les marchés internationaux qui se multiplient». Il a appelé le gouvernement «au sursaut nécessaire».
«Les coûts de production des hydroliennes (...) apparaissent très élevés, même à long terme et même par rapport à l'éolien offshore».
D'autres industriels sont présents sur cette filière, dont la société britannique Atlantis, numéro un mondial. «Si l'État ne lance pas dans de brefs délais d'appels d'offres commerciaux, l'ensemble de la filière (française) va s'arrêter», avait mis en garde lors de l'inauguration de l'usine de Cherbourg, le 14 juin, le président de Naval Energies, Laurent Schneider-Maunoury. «Les coûts de production des hydroliennes (...) apparaissent très élevés, même à long terme et même par rapport à l'éolien offshore», avait estimé la veille le ministre Nicolas Hulot, tout en demandant des études complémentaires à l'ADEME.
Les hydroliennes, turbines sous-marines qui transforment les courants marins en électricité, suscitent depuis de nombreuses années l'espoir d'une source d'énergie propre, sans les nuisances visuelles causées par les éoliennes. La France dispose au large de la Manche, à une demi-journée de Cherbourg, dans le raz Blanchard, du deuxième courant marin le plus puissant au monde et de nombreux autres «gisements» au large de ses côtes.
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018 ... rolien.php
Faut il aussi rappeler qu'en France il est presque impossible "rapidement" de construire des éoliennes en mer ou sur terre . Une fois l'avis déposé il faut compter au moins 5 ans de pourparler et de procès......(pour faire bref) Dans les autres pays c'est entre 6 mois et un an !
VERONIQUE LE BILLON |
LE 06/01/17 À 15H47
Energies marines : GE jette l'éponge dans l'hydrolien
ANNE FEITZ VERONIQUE LE BILLON | LE 06/01/17 À 15H47
EXCLUSIF
- Selon nos informations, General Electric a décidé d'arrêter le développement de sa turbine hydrolienne, qui utilise les courants marins pour produire de l'électricité.
Douche froide sur les grandes ambitions de la France dans l'hydrolien, cette technologie qui utilise les courants marins pour produire de l'électricité. Selon nos informations, General Electric (GE) a décidé de suspendre le développement de la turbine Oceade de 1,4 mégawatt (MW) que développait Alstom dans ce domaine, plantant au passage Engie, qui travaillait avec ces turbines sur un projet (Nepthyd) de quatre hydroliennes au Raz Blanchard, à l'ouest du Cotentin (Manche).
« Le marché n'est pas au rendez-vous des espoirs suscités entre 2009 et 2013 ", confirme-t-on chez GE. Les 40 personnes qui travaillaient dans ce domaine ont été redéployées sur des activités à forte croissance, comme l'éolien en mer, posé ou flottant.
Du coup, Engie, qui avait remporté ce projet fin 2014 après un appel à manifestation d'intérêt (AMI) de 2013, indique avoir « malheureusement décidé d'arrêter le projet Netphyd suite au défaut d'un fournisseur ", sans plus de commentaires. L'énergéticien, qui avait mené les premières études et conduit l'enquête publique l'été dernier, avait obtenu le feu vert de la Commission européenne et était sur le point d'obtenir les autorisations administratives en France.
Problème technique pour EDF
Par ailleurs, les deux hydroliennes immergées en 2016 par EDF, avec une turbine fournie par DCNS, au large de Paimpol-Bréhat (Côtes d'Armor), ont, elles, dues être ramenées à terre en raison d'un problème technique : les boulons utilisés ne correspondaient pas aux spécifications et n'ont pas supporté pas la corrosion.
apparement rien avoir avec les moules , les coquillages....encore une coquille supputée de vivarais
DCNS s'est retourné contre son fournisseur, mais EDF ne prévoit désormais pas de les remettre à l'eau avant plusieurs mois. Le consortium EDF EN-DCNS, autre lauréat de l'AMI de 2013, n'est donc pas prêt d'immerger les sept hydroliennes également prévues au Raz Blanchard dans ce cadre.