Victor a écrit : 04 février 2020 10:43
Une grande partie des salariés grévistes et syndiqués dans des "syndicats" politisés comme la CGT sont déjà "perdus".
Cela ne sert à rien de tenter de refermer la fracture.
Il vaut mieux acter que ces salariés seront toujours hyper politisés et inaptes à un véritable dialogue social.
Les primes versées par la SNCF aux cheminots non-grévistes ne possède t-elle pas, par sa nature et le contexte dans lequel elle s'inscrit, une dimension "hyper politisé" pour reprendre tes termes?
Il y a évidemment un gros problème avec ces primes.
Tout ce que j'ai pu lire sur ce sujet m'attriste... Certains plaident la privatisation de la SNCF avec manifestement une ignorance totale sur les externalités négatives que cela pourrait engendrer, il suffit pour cela de se pencher sur le cas de certains de nos voisins européens qui ont privatisé leurs compagnies ferroviaires pour s'en rendre compte.
Certains répètent à tout bout de champ le mot bolchevique comme si c'était un gros mot, sans même en saisir le sens, ni même comprendre la pensée de Marx fondatrice de ce mouvement et la nature des mouvements auxquels elle s'oppose.
Les médias se sont emparés de la grève des cheminots en pointant du doigt les "avantages injustifiables" (vous comprendrez l'utilisation des guillemets) des salariés de la SNCF et de la RATP.
Du coup, on voit pulluler dans le discours ordinaire une certaine forme de haine à leur égard, car il serait injuste qu'ils aient davantage que d'autres.
C'est fondamentalement le concept de justice social qui est au cœur du débat.
Il est question d'inégalités perçus comme étant injustes.
Cependant, si on parle d'inégalités, penchons-nous dessus sérieusement!
Au lieu d'écouter tata Monique qui répète ce qu'à dit BFMTV à la pause déjeuner, ayons une analyse fine et fiable de la structure des inégalités en France. Ainsi on pourra décider si il est pertinent de pointer du doigt les inégalités entre cheminot SNCF et smicards du privé!
Ce n'est pas le sujet et ça pourrait être long mais la réponse est évidemment que non.
On observe une concentration croissante des richesses au sein du décile français le plus élevé. Notamment lorsque l'on sait que les plus grandes inégalités sont de nature patrimoniales. Les 50% les plus bas détiennent 5% du patrimoine français. Je crois que la messe est dite.
Je pourrais m'attarder à vous trouver les sources si besoin, Piketty a fait un travail d'archive assez dense et a tout mit en ligne. (Je ne suis pas d'accord sur tout les points mais ses données empiriques sont d'une grande richesse)
Il ne reste plus qu'à déconstruire la fable méritocratique et philanthropique.
"Etre de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite c'est l'inverse" Gilles Deleuze