Procès RN en appel
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Re: Procès RN en appel
Marine Le Pen fait un (petit) changement de pied à son procès, ce que ça cache
Pour la première fois, la cheffe de file du Rassemblement national a reconnu la plausibilité d’une faute. Un discours qui tranche avec ses démentis en première instance.
Une défense revisitée pour le match retour. Le procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, s’est ouvert mardi 13 janvier avec un premier rebondissement : la cheffe de file du Rassemblement national a décidé d’infléchir sa ligne.
En mars dernier, le tribunal correctionnel de Paris, peu convaincu par ses arguments et autres démentis tranchants, l’avait déclaré coupable de détournement de fonds publics. Avec à la clé, une condamnation à quatre ans d’emprisonnement et une peine d’inéligibilité immédiate, qui avaient fait l’effet d’un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour de la prochaine présidentielle.
Pour son va-tout, dix mois plus tard, Marine Le Pen semble donc encline à modifier son discours. Elle a effectivement pris la parole, au premier jour du procès, pour expliquer qu’elle n’a jamais eu « le sentiment d’avoir commis le moindre délit », en insistant sur son absence d’intentionnalité « si tant est qu’une faute ait été commise ». Deux tirades qui n’ont rien d’anodin.
« Si un délit a été commis… »
Avec cette formule inédite dans sa bouche, Marine Le Pen reconnaît pour la première fois la plausibilité d’une faute, en l’occurrence d’un délit. Ce qu’elle avait toujours refusé jusqu’à présent, optant plutôt pour une défense dite de « rupture » faite de dénégations et d’attaques contre la justice ou l’Union européenne. Loin des enjeux de fond.
« Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis -, je veux bien l’entendre, a-t-elle ainsi insisté dans un retournement de situation attendu. Mais je veux que la cour sache qu’en ce qui nous concerne, nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009 puis 2014 nous avons embauché nos propres assistants puis mutualisé ces assistants. »
Pour comprendre cet ajustement stratégique, il faut donc remonter au mois de mars dernier et se pencher sur les motivations du tribunal correctionnel pour infliger une lourde peine à la cheffe de file de l’extrême droite française, et la grande majorité de ses co-prévenus. Pour justifier son inéligibilité immédiate (et donc l’impossibilité de concourir à une nouvelle présidentielle), les magistrats se sont notamment appuyés sur un « risque de récidive objectivement avéré. »
Pour cause : les accusés ont donné l’impression de ne pas comprendre, avant ou après l’audience, l’existence d’impairs ou de délits liés à leurs pratiques. Impossible, dans ces conditions, d’éviter une réitération de ce type de faits.
Éviter le spectre de la récidive
Ils « n’ont exprimé aucune prise de conscience de leur violation de la loi et de l’importance de la probité », même dix ans après, niant les faits « parfois jusqu’à l’évidence », avaient ainsi détaillé les juges dans leur jugement de plus de 150 pages. Un « logiciel » de défense d’autant plus problématique, estimaient-ils, de la part de personnes ayant « une formation de juriste ou d’avocat. »
Pour Marine Le Pen, on comprend donc aisément l’objectif de ce changement de pied : reconnaître l’existence d’un éventuel délit, puisque « tout le monde semble dire qu’il a été commis », selon ses nouveaux mots, pour mieux écarter le risque de récidive et donc la peine d’inéligibilité immédiate qui lui a été accolée en première instance. Le tout, en rejetant la faute sur le Parlement européen.
Selon les nouveaux éléments de cette défense, les frontistes accusent effectivement leur bête noire de ne pas avoir « joué ce rôle d’alerte tel qu’il aurait dû (le) jouer, alors qu’il avait connaissance de l’ensemble des éléments constitutifs de ces contrats ». « Nous n’avons jamais rien dissimulé, ni dans la publication de nos organigrammes ni dans les contrats déposés », a encore argué Marine Le Pen. Coupable peut-être, mais à son corps défendant, selon elle.
De quoi convaincre les juges, cette fois-ci ? Le risque de cette défense : faire passer le Parlement européen, partie civile et donc victime dans cette histoire, comme le fautif. Il lui faudra aussi convaincre qu’une alerte de cette institution qu’elle abhorre, qui plus est portant sur la façon dont elle devait gérer son propre parti, l’aurait conduit à rectifier le tir. Pas simple.
Quoi qu’il en soit, une nouvelle déclaration de culpabilité ne l’empêcherait pas de concourir à la prochaine présidentielle. À condition, toutefois, que la peine d’inéligibilité qui pourra l’accompagner soit inférieure à deux ans, ou sans exécution provisoire. Voilà l’enjeu, qui méritait bien une défense musclée pour éviter de nouvelles déconvenues.
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... e=20260115
Pour la première fois, la cheffe de file du Rassemblement national a reconnu la plausibilité d’une faute. Un discours qui tranche avec ses démentis en première instance.
Une défense revisitée pour le match retour. Le procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, s’est ouvert mardi 13 janvier avec un premier rebondissement : la cheffe de file du Rassemblement national a décidé d’infléchir sa ligne.
En mars dernier, le tribunal correctionnel de Paris, peu convaincu par ses arguments et autres démentis tranchants, l’avait déclaré coupable de détournement de fonds publics. Avec à la clé, une condamnation à quatre ans d’emprisonnement et une peine d’inéligibilité immédiate, qui avaient fait l’effet d’un coup de tonnerre au moment où la candidate survolait les intentions de vote pour le premier tour de la prochaine présidentielle.
Pour son va-tout, dix mois plus tard, Marine Le Pen semble donc encline à modifier son discours. Elle a effectivement pris la parole, au premier jour du procès, pour expliquer qu’elle n’a jamais eu « le sentiment d’avoir commis le moindre délit », en insistant sur son absence d’intentionnalité « si tant est qu’une faute ait été commise ». Deux tirades qui n’ont rien d’anodin.
« Si un délit a été commis… »
Avec cette formule inédite dans sa bouche, Marine Le Pen reconnaît pour la première fois la plausibilité d’une faute, en l’occurrence d’un délit. Ce qu’elle avait toujours refusé jusqu’à présent, optant plutôt pour une défense dite de « rupture » faite de dénégations et d’attaques contre la justice ou l’Union européenne. Loin des enjeux de fond.
« Si un délit a été commis – et tout le monde semble dire qu’un délit a été commis -, je veux bien l’entendre, a-t-elle ainsi insisté dans un retournement de situation attendu. Mais je veux que la cour sache qu’en ce qui nous concerne, nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis le moindre délit lorsqu’en 2004, 2009 puis 2014 nous avons embauché nos propres assistants puis mutualisé ces assistants. »
Pour comprendre cet ajustement stratégique, il faut donc remonter au mois de mars dernier et se pencher sur les motivations du tribunal correctionnel pour infliger une lourde peine à la cheffe de file de l’extrême droite française, et la grande majorité de ses co-prévenus. Pour justifier son inéligibilité immédiate (et donc l’impossibilité de concourir à une nouvelle présidentielle), les magistrats se sont notamment appuyés sur un « risque de récidive objectivement avéré. »
Pour cause : les accusés ont donné l’impression de ne pas comprendre, avant ou après l’audience, l’existence d’impairs ou de délits liés à leurs pratiques. Impossible, dans ces conditions, d’éviter une réitération de ce type de faits.
Éviter le spectre de la récidive
Ils « n’ont exprimé aucune prise de conscience de leur violation de la loi et de l’importance de la probité », même dix ans après, niant les faits « parfois jusqu’à l’évidence », avaient ainsi détaillé les juges dans leur jugement de plus de 150 pages. Un « logiciel » de défense d’autant plus problématique, estimaient-ils, de la part de personnes ayant « une formation de juriste ou d’avocat. »
Pour Marine Le Pen, on comprend donc aisément l’objectif de ce changement de pied : reconnaître l’existence d’un éventuel délit, puisque « tout le monde semble dire qu’il a été commis », selon ses nouveaux mots, pour mieux écarter le risque de récidive et donc la peine d’inéligibilité immédiate qui lui a été accolée en première instance. Le tout, en rejetant la faute sur le Parlement européen.
Selon les nouveaux éléments de cette défense, les frontistes accusent effectivement leur bête noire de ne pas avoir « joué ce rôle d’alerte tel qu’il aurait dû (le) jouer, alors qu’il avait connaissance de l’ensemble des éléments constitutifs de ces contrats ». « Nous n’avons jamais rien dissimulé, ni dans la publication de nos organigrammes ni dans les contrats déposés », a encore argué Marine Le Pen. Coupable peut-être, mais à son corps défendant, selon elle.
De quoi convaincre les juges, cette fois-ci ? Le risque de cette défense : faire passer le Parlement européen, partie civile et donc victime dans cette histoire, comme le fautif. Il lui faudra aussi convaincre qu’une alerte de cette institution qu’elle abhorre, qui plus est portant sur la façon dont elle devait gérer son propre parti, l’aurait conduit à rectifier le tir. Pas simple.
Quoi qu’il en soit, une nouvelle déclaration de culpabilité ne l’empêcherait pas de concourir à la prochaine présidentielle. À condition, toutefois, que la peine d’inéligibilité qui pourra l’accompagner soit inférieure à deux ans, ou sans exécution provisoire. Voilà l’enjeu, qui méritait bien une défense musclée pour éviter de nouvelles déconvenues.
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... e=20260115
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Re: Procès RN en appel
Rien d'étonnant, puisque les électeurs les plus naïfs qui sont pour la plupart les moins nantis croient les promesses de l'extrême droite en pensant que leur situation peut s'améliorer avec un parti nationaliste au pouvoir. Pour les plus nantis et les grands patrons, ce suivisme vers le nationalisme est assez étonnant. Ils ont pourtant l'exemple de leurs anciens qui ont pris cette décision en Italie, en Allemagne, et pour certains au USA en se rangeant du côté de l'extrême droite en 1930. Il ont également l'exemple de l'Italie, la Hongrie, la Biélorussie, de la Russie de maintenant...Once a écrit : 15 janvier 2026 10:13 En tout cas, elle ne la ramène plus et change totalement de stratégie en affichant un profil bas, désormais.
De toute façon et même si elle demeure éligible, elle est fichue : c'est Bardella que les partisans du RN veulent désormais. Les sondages sont clairs.
Autre problème (et il y avait un article de fond sur Le monde l'autre jour) : "le Rassemblement national et ses idées continuent de progresser dans l’opinion, particulièrement à droite"
https://www.lemonde.fr/politique/articl ... 23448.html
Attention : certaines de ses idées sont même approuvées par la gauche mainstream genre PS (ex : contre le regroupement familial)
L'histoire ne se renouvelle pas, mais elle balbutie et cela ne vaut guère mieux. Depuis toujours je suis persuadé que les humains ne changent pas, même s'ils peuvent parfois s'améliorer.
Je ne sais pas si Dieu existe, mais s'il existe, j'espère qu'il a une bonne excuse!
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Re: Procès RN en appel
Si elle n'a toujours pas « le sentiment d’avoir commis le moindre délit » et si elle n'a toujours pas conscience - elle, avocate - « qu’une faute ait été commise », il y aura donc toujours un risque de récidive...
Je n'ai pas l'impression que sa défense ait changé de beaucoup, en lisant cela.
Je n'ai pas l'impression que sa défense ait changé de beaucoup, en lisant cela.
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Re: Procès RN en appel
Elle n'est pas idiote, il ne fait aucun doute qu'elle a parfaitement conscience que l'escroquerie qu'elle a mis en place n'a pas lieu d'être dans une démocratie. Mais la question serait plutôt : est-ce qu'elle souhaite vraiment que la France et l'UE reste une démocratie, j'en doute de plus en plus.Kabé a écrit : 15 janvier 2026 13:08 Si elle n'a toujours pas « le sentiment d’avoir commis le moindre délit » et si elle n'a toujours pas conscience - elle, avocate - « qu’une faute ait été commise », il y aura donc toujours un risque de récidive...
Je n'ai pas l'impression que sa défense ait changé de beaucoup, en lisant cela.![]()
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Re: Procès RN en appel
mais elle savait, elle a été alerté par wallerand...
il y a une chose quand même, cette fois ci, elle s'est dissociée des autres, chacun son avocat et démerdez vous.
"Il nous demandait de faire attention pour ne pas commettre d'imprudences. Dans ma réponse, je lui ai expliqué que Marine savait tout cela, qu'elle n'avait pas l'intention de violer les règles", explique le trésorier du parti.
Le préjudice causé par cette affaire est évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d'euros entre 2009 et 2017, sur deux mandatures. Mais les investigations portent sur des faits remontant à 2014. L'enquête cible au total 17 députés et les contrats d'une quarantaine de collaborateurs.
il y a une chose quand même, cette fois ci, elle s'est dissociée des autres, chacun son avocat et démerdez vous.
un courriel de l'ancien assistant parlementaire de Mylène Troszczynski, Julien Odoul, embauché début octobre 2014 :
"Serait-il possible que je vienne à Strasbourg demain pour voir comment se déroule une session au PE, rencontrer députés et assistants et faire la connaissance de Mylène Troszczynski à qui je suis rattaché ?" écrit-il le 10 février 2015, montrant qu'il n'avait donc toujours pas rencontré l'eurodéputée, cinq mois après son embauche.
elle était au courant, pas de doute !Un autre échange semble montrer que ce système frauduleux était connu de Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti. Dans ce mail, Jean-Luc Schaffhauser (eurodéputé RN) lui écrit : "Ce que Marine nous demande équivaut qu'on signe pour des emplois fictifs… et c'est le député qui est responsable pénalement sur ses deniers, même si le parti en est bénéficiaire… ".
Je comprends les raisons de Marine mais on va se faire allumer car on regardera, c'est sûr, nos utilisations à la loupe avec un groupe si important. Je n'ai pas prévenu les autres du cadre légal car je créerais encore plus le bordel…
Jean-Luc Schaffhauser
à Wallerand de Saint-Just
Cité par "Le Monde"
Réponse du trésorier : "Je crois bien que Marine sait tout cela…".
"Il nous demandait de faire attention pour ne pas commettre d'imprudences. Dans ma réponse, je lui ai expliqué que Marine savait tout cela, qu'elle n'avait pas l'intention de violer les règles", explique le trésorier du parti.
Le préjudice causé par cette affaire est évalué par le Parlement européen à 6,8 millions d'euros entre 2009 et 2017, sur deux mandatures. Mais les investigations portent sur des faits remontant à 2014. L'enquête cible au total 17 députés et les contrats d'une quarantaine de collaborateurs.
Le nationalisme c'est la guerre !
Re: Procès RN en appel
Elle savait :
- que ce qu'elle faisait était illégal. A moins d'être complètement crétin et d'avoir séché les cours de formation pour être député ça n'est pas bien compliqué de comprendre qu'une enveloppe destinée à financer des assistants parlementaires ne sert pas à payer son majordome ou des salariés du parti
- que son parti avait mis cette escroquerie en place, puisque ça a été organisé depuis tout en haut de l'organigramme suite au constat que le parti n'avait plus de sous dans ses caisses
Sa défense là c'est comme un chauffard qui reprocherait à l'état que s'il roule trop vite c'est parce que les gendarmes ne mettent pas assez de radars planqués ou un trafiquant de drogue qui dirait que c'est légal de trafiquer tant que la police ne le chope pas. V'là le parti qui veut plus de sécurité et moins de délits ...
- que ce qu'elle faisait était illégal. A moins d'être complètement crétin et d'avoir séché les cours de formation pour être député ça n'est pas bien compliqué de comprendre qu'une enveloppe destinée à financer des assistants parlementaires ne sert pas à payer son majordome ou des salariés du parti
- que son parti avait mis cette escroquerie en place, puisque ça a été organisé depuis tout en haut de l'organigramme suite au constat que le parti n'avait plus de sous dans ses caisses
Sa défense là c'est comme un chauffard qui reprocherait à l'état que s'il roule trop vite c'est parce que les gendarmes ne mettent pas assez de radars planqués ou un trafiquant de drogue qui dirait que c'est légal de trafiquer tant que la police ne le chope pas. V'là le parti qui veut plus de sécurité et moins de délits ...
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Re: Procès RN en appel
Il manque pas d'Air Jordan !...Bon en même temps paraît que c'est aussi à ça...
En plein procès du RN, Jordan Bardella somme le Parlement Européen de payer son directeur de cabinet
Publié le 15/01/2026 à 13:06 , mis à jour à 14:08
Jordan Bardella attaque le Parlement européen pour refus d'embauche de son directeur de cabinet. Le Parlement craint un usage détourné des fonds européens. Bardella conteste cette décision.
C'est ce qu'on appelle avoir le sens du timing. Alors que le procès en appel de l’affaire dite des assistants parlementaires d’eurodéputés du FN (devenu RN) s’est ouvert mardi 13 janvier, Jordan Bardella a choisi, dès le lendemain, de contre-attaquer. Le président du parti d’extrême droite a déposé mercredi 14 janvier une requête contre le Parlement européen, partie civile dans cette même affaire.
En 2024 déjà , alors que le parti lepéniste était engagé dans un bras de fer judiciaire avec l’institution européenne, le Parlement avait refusé à Jordan Bardella l’embauche de François Paradol, son directeur de cabinet, comme assistant parlementaire local. Neuf autres eurodéputés RN élus en juillet 2024 s’étaient vus opposer la même décision. Ce mercredi 14 janvier, le chef du parti à la flamme a donc adressé une requête à l'institution pour contester ce refus de prise en charge, a-t-on appris jeudi matin lors de l’audition de Me Patrick Maisonneuve, avocat du Parlement européen, au procès en appel des assistants parlementaires des eurodéputés RN.
Le Parlement européen "plus regardant à force"
Lors des premières auditions en appel, l'avocat de l'institution a interrogé Didier Klethi, directeur des finances du Parlement européen. "On a appris qu’une requête a été déposée mercredi soir par M. Bardella. Qu’est-ce que vous en savez ?", demande-t-il. Réponse de Didier Klethi : "C’était sur un refus de prise en charge de son chef de cabinet. Parce que oui on est plus regardant à force. Là , on nous disait : 'je vais être assistant parlementaire le matin et à mi-temps l’après-midi auprès du président du RN avec une localisation au siège du parti à Paris'. On ne l’accepte plus."
Et d'ajouter : "Bardella, on lui a dit qu'on ne rembourserait pas ce contrat à mi-temps de son chef de cabinet. C'est comme s'il nous présentait un billet d'avion sans lien avec son mandat politique. Il peut, ce qu'il a fait, contester ma décision qui a été validée par le secrétaire général."
Dans la lettre de refus adressée en novembre 2024 à Jordan Bardella, le Parlement européen justifiait sa position en évoquant le risque que "les ressources de l’Union européenne soient utilisées à d’autres fins que celles auxquelles elles sont destinées, notamment au profit d’un mouvement politique". Le règlement de l'institution européenne stipule qu'"un assistant parlementaire doit être à Bruxelles, à Strasbourg ou au Luxembourg et il doit choisir sur cette liste restreinte de sites et s’il ne l’est pas, il est en infraction. C’est la condition essentielle même du statut d’assistant et c’est un motif de demande de restitution des sommes", rappelle Didier Klethi.
"Rien de problématique", se défend Bardella
Une décision qui avait alors "décontenancé" Jordan Bardella, comme le rapportait à l'époque le Monde. Le président du RN s'était défendu auprès de nos confrères, assurant : "Il n’y a absolument rien de problématique. Mon assistant travaillait sous cette formule lors du mandat précédent, cela avait été validé par le Parlement européen. J’ai été contrôlé régulièrement. Il a produit des questions écrites, des revues de presse liées à l’actualité européenne, des échanges de courriels avec l’équipe d’assistants basés à Bruxelles, des notes liées aux sessions plénières."
Selon l'entourage de Jordan Bardella, sa demande de contrat ne concernerait par ailleurs pas un "deux tiers-temps", comme l'écrit l'institution, mais "un contrat de soixante heures par mois, soit 40 % de son temps de travail".
Jordan Bardella n’a pas été mis en cause dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, bien qu’il ait occupé durant quatre mois, sur la période concernée, un poste d’assistant parlementaire du député européen Jean-François Jalkh. Selon Libération de fausses preuves de son travail ont été fabriquées a posteriori, en 2018, après le lancement de l'enquête de la justice française. Jordan Bardella a toujours démenti toute implication dans la fabrication de ces documents et affirme que sa signature a été imitée.
https://www.lindependant.fr/2026/01/15/ ... 163716.php
En plein procès du RN, Jordan Bardella somme le Parlement Européen de payer son directeur de cabinet
Publié le 15/01/2026 à 13:06 , mis à jour à 14:08
Jordan Bardella attaque le Parlement européen pour refus d'embauche de son directeur de cabinet. Le Parlement craint un usage détourné des fonds européens. Bardella conteste cette décision.
C'est ce qu'on appelle avoir le sens du timing. Alors que le procès en appel de l’affaire dite des assistants parlementaires d’eurodéputés du FN (devenu RN) s’est ouvert mardi 13 janvier, Jordan Bardella a choisi, dès le lendemain, de contre-attaquer. Le président du parti d’extrême droite a déposé mercredi 14 janvier une requête contre le Parlement européen, partie civile dans cette même affaire.
En 2024 déjà , alors que le parti lepéniste était engagé dans un bras de fer judiciaire avec l’institution européenne, le Parlement avait refusé à Jordan Bardella l’embauche de François Paradol, son directeur de cabinet, comme assistant parlementaire local. Neuf autres eurodéputés RN élus en juillet 2024 s’étaient vus opposer la même décision. Ce mercredi 14 janvier, le chef du parti à la flamme a donc adressé une requête à l'institution pour contester ce refus de prise en charge, a-t-on appris jeudi matin lors de l’audition de Me Patrick Maisonneuve, avocat du Parlement européen, au procès en appel des assistants parlementaires des eurodéputés RN.
Le Parlement européen "plus regardant à force"
Lors des premières auditions en appel, l'avocat de l'institution a interrogé Didier Klethi, directeur des finances du Parlement européen. "On a appris qu’une requête a été déposée mercredi soir par M. Bardella. Qu’est-ce que vous en savez ?", demande-t-il. Réponse de Didier Klethi : "C’était sur un refus de prise en charge de son chef de cabinet. Parce que oui on est plus regardant à force. Là , on nous disait : 'je vais être assistant parlementaire le matin et à mi-temps l’après-midi auprès du président du RN avec une localisation au siège du parti à Paris'. On ne l’accepte plus."
Et d'ajouter : "Bardella, on lui a dit qu'on ne rembourserait pas ce contrat à mi-temps de son chef de cabinet. C'est comme s'il nous présentait un billet d'avion sans lien avec son mandat politique. Il peut, ce qu'il a fait, contester ma décision qui a été validée par le secrétaire général."
Dans la lettre de refus adressée en novembre 2024 à Jordan Bardella, le Parlement européen justifiait sa position en évoquant le risque que "les ressources de l’Union européenne soient utilisées à d’autres fins que celles auxquelles elles sont destinées, notamment au profit d’un mouvement politique". Le règlement de l'institution européenne stipule qu'"un assistant parlementaire doit être à Bruxelles, à Strasbourg ou au Luxembourg et il doit choisir sur cette liste restreinte de sites et s’il ne l’est pas, il est en infraction. C’est la condition essentielle même du statut d’assistant et c’est un motif de demande de restitution des sommes", rappelle Didier Klethi.
"Rien de problématique", se défend Bardella
Une décision qui avait alors "décontenancé" Jordan Bardella, comme le rapportait à l'époque le Monde. Le président du RN s'était défendu auprès de nos confrères, assurant : "Il n’y a absolument rien de problématique. Mon assistant travaillait sous cette formule lors du mandat précédent, cela avait été validé par le Parlement européen. J’ai été contrôlé régulièrement. Il a produit des questions écrites, des revues de presse liées à l’actualité européenne, des échanges de courriels avec l’équipe d’assistants basés à Bruxelles, des notes liées aux sessions plénières."
Selon l'entourage de Jordan Bardella, sa demande de contrat ne concernerait par ailleurs pas un "deux tiers-temps", comme l'écrit l'institution, mais "un contrat de soixante heures par mois, soit 40 % de son temps de travail".
Jordan Bardella n’a pas été mis en cause dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, bien qu’il ait occupé durant quatre mois, sur la période concernée, un poste d’assistant parlementaire du député européen Jean-François Jalkh. Selon Libération de fausses preuves de son travail ont été fabriquées a posteriori, en 2018, après le lancement de l'enquête de la justice française. Jordan Bardella a toujours démenti toute implication dans la fabrication de ces documents et affirme que sa signature a été imitée.
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Re: Procès RN en appel
Avec ses histoires de cabinet, Bardella commence à devenir chiant.
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Re: Procès RN en appel
Mais c'est la justice qui a annoncé le jugement en juin, pas Alliot.Corvo a écrit : 15 janvier 2026 12:27Sauf que ça n'est pas Louis Alliot qui "mène le bal" mais la justice.papibilou a écrit : 15 janvier 2026 12:18
le procès sera antérieur aux municipales et le jugement sera postérieur. Donc, la logique voudrait que:
- Alliot devra consacrer du temps à se défendre et ne pourra faire campagne comme il le souhaite,
- mais sera déjà élu s'il gagne à Perpignan, lors du jugement. Donc son inéligibilité s'il y en a une, lui permettra s'il a été élu, de rester maire pendant les 5 ans à venir.
Vous n'êtes pas d'accord avec mon interprétation ?
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Re: Procès RN en appel
je me demande si elle va pas prendre plus qu'à la première salve.
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Re: Procès RN en appel
tu te demandes bien ,,,en plus avec sarko qui a fait sont petit séjour ,,,, pas de retenue possible ,,, ça va saigner ,,, ensuite c'est le tour du valet de coeur ,,, celui qui gribouille des agendas et qui bécote des Italiennes de la noblesse douteuseFonck1 a écrit : 15 janvier 2026 20:55 je me demande si elle va pas prendre plus qu'à la première salve.
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Re: Procès RN en appel
Procès des assistants parlementaires du FN
Le directeur général des finances du
Parlement européen a commencé l'audition en rappelant que le Parlement européen est la victime dans cette affaire. Il a également insisté sur le fait que le Parlement est victime d'un système consistant à faire travailler pour un parti politique des assistants parlementaires qui devaient travailler exclusivement pour leur député européen.
Sur le manque de vigilance, il affirme que le Parlement européen ne dispose pas d'un service d'enquête et n'est absolument pas en mesure de contrôler l'ensemble des assistants parlementaires. Il illustre cela par le fait qu'en 2011, il y avait 6.000 bénéficiaires et que seulement
14 personnes géraient ces contrats.
Il a ensuite réaffirmé que si le militantisme des assistants parlementaires est autorisé, il faut cloisonner leurs rôles au sein du parti et ceux pour leur député, allant jusqu'à comparer cela à un salarié qui travaillerait pendant « le temps de travail d'une entreprise » et qui « ne saurait travailler pendant ses heures de travail pour le compte d'une autre entreprise ».
Il assure également que Marine Le Pen connaissait les règles et qu'elles n'étaient pas floues, puisque lorsqu'il a découvert l'organigramme du RN en 2014, sur lequel figuraient des assistants parlementaires, Madame Le Pen a répondu: « Circulez, y a rien à voir. » Puis elle a ajouté : « Ça a été fait sur le temps libre. » Cela les a rassurés et montre qu'il y avait une bonne connaissance.
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Re: Procès RN en appel
Je continue à parier le contraire. Les magistrats ne désavoueront pas la première instance mais ne voudront pas que l'on recommence à parler de procès politique et en ramenant l'inéligibilité à 1 ou 2 ans ils éviteront la candidature de Bardella, actuellement bien mieux placé dans les sondages que MLP.Fonck1 a écrit : 15 janvier 2026 20:55 je me demande si elle va pas prendre plus qu'à la première salve.
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Re: Procès RN en appel
Bardella sera facile à dézinguer .papibilou a écrit : 15 janvier 2026 22:36Je continue à parier le contraire. Les magistrats ne désavoueront pas la première instance mais ne voudront pas que l'on recommence à parler de procès politique et en ramenant l'inéligibilité à 1 ou 2 ans ils éviteront la candidature de Bardella, actuellement bien mieux placé dans les sondages que MLP.Fonck1 a écrit : 15 janvier 2026 20:55 je me demande si elle va pas prendre plus qu'à la première salve.
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Re: Procès RN en appel
Je pense aussi que face à la percée fulgurante de Jordan Bardella qui fait encore mieux que la candidate Marine dans tous les sondages, les juges auront à coeur de la remettre dans le circuit électoral des prochaines présidentielles.papibilou a écrit : 15 janvier 2026 22:36Je continue à parier le contraire. Les magistrats ne désavoueront pas la première instance mais ne voudront pas que l'on recommence à parler de procès politique et en ramenant l'inéligibilité à 1 ou 2 ans ils éviteront la candidature de Bardella, actuellement bien mieux placé dans les sondages que MLP.Fonck1 a écrit : 15 janvier 2026 20:55 je me demande si elle va pas prendre plus qu'à la première salve.
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* Et le poète soul engueulait l' Univers *
(Rimbaud)
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