"Financement, réussite scolaire... Le bilan très mitigé de l'uniforme à l'école, dont l'expérimentation prend fin
Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation nationale, avait lancé le projet à l'automne 2023 afin d'atteindre "l'égalité sociale" et d'améliorer le climat scolaire.
Une expérimentation qui a fait couler beaucoup d'encre : celle de l'uniforme dans certains établissements scolaires. Après les lycéens et les collégiens, l'heure des grandes vacances a sonné pour les écoliers, vendredi 3 juillet : l'occasion de faire le bilan de cette expérimentation qui a duré deux ans. C'était Gabriel Attal qui avait alors lancé le projet, à l'automne 2023, lors de son passage express au ministère de l'Éducation nationale, défendant un moyen d'atteindre "l'égalité sociale" et d'améliorer le climat scolaire. Que vont faire désormais les établissements scolaires concernés ?
Sur la centaine d'établissements qui s'étaient lancés dans ce projet de tenue unique il y a deux ans,
la plupart arrêtent. Ils invoquent comme principale raison le fait que l'enveloppe de l'État, qui finançait la moitié du prix des vêtements, n'existe plus. L'idée était en effet que ça soit transparent pour les familles : le financement était partagé entre le gouvernement et la collectivité. Mais puisque l'Etat arrête, la majorité des mairies, des départements des régions ne veulent pas financer seuls.
Mais si l'uniforme a été promu par Gabriel Attal,
il n'a plus été défendu par ses successeurs, qui ont préféré se concentrer sur d'autres enjeux éducatifs, surtout en temps de restrictions budgétaires. On est donc très loin de l'éventuelle généralisation à tous les établissements scolaires, évoquée un temps par l'ancien ministre. Ou même par Emmanuel Macron, qui en rêvait début 2024.
De nombreux élèves pourront de nouveau s'habiller comme ils l'entendent
L'expérimentation prend fin dans les écoles de Reims, de Nice, de Metz, de Florange, de Châlons-en-Champagne, ainsi que dans les collèges des Bouches-du-Rhône. Béatrice Bonfillon-Chiavassa, conseillère départementale déléguée aux collèges en détaille les raisons : "
C'est en premier lieu l'arrêt du financement de l'État. La deuxième raison est qu'il y a un des deux collèges qui a souhaité s'arrêter, étant donné que les assistants d'éducation n'étaient pas assez nombreux pour la charge de travail supplémentaire, pour vérifier que l'ensemble des élèves ait bien la tenue unique. Et la troisième raison, c'est que l'entreprise qui avait obtenu le marché nous a annoncé des hausses de coûts conséquentes."
Comme souvent, il y a cet argument budgétaire, maintenant que l'État s'est désengagé. Les collectivités ne veulent pas assumer seules le coût de ces tenues.
Il y a aussi, parfois, la dynamique et l'enthousiasme du début qui retombent, des équipes pédagogiques qui ne souhaitent plus participer. Plusieurs collectivités avaient déjà jeté l'éponge en 2025, après une seule année de test, comme à Roanne ou dans trois des quatre lycées d'Auvergne-Rhône-Alpes qui s'étaient lancés dans l'expérimentation.
D'autres élèves devront continuer à porter la tenue unique
À l’inverse, d'autres collectivités maintiennent l'uniforme, malgré la fin des financements de l'État. C'est le cas à Troyes, à Bouzonville, en Moselle, et à Rillieux-la-Pape, dans le Rhône, où trois nouvelles écoles adoptent la tenue unique, en plus des deux premières. Béziers, la toute première commune à s'être lancée dans l'expérimentation, en cours d'année 2023, va même généraliser la tenue unique à toutes ses écoles.
Autre cas de figure, à Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis : les trois écoles participantes depuis deux ans arrêtent, mais une autre se lance. Ce sont les familles qui vont payer. La municipalité a négocié un prix de groupe avec le supermarché du secteur Auchan, 49,90 euros pour sept pièces.
Mais le maire divers droite de Neuilly-sur-Marne, Zartoshte Bakhtiari, se dit en "furieux" contre le gouvernement : "[Il] nous a lâchés en rase campagne après nous avoir promis monts et merveilles, après nous avoir dit qu'après les deux ans d'expérimentation, il y aurait de nouvelles modalités qui seraient proposées, il n’y a rien eu. Et le pire, c'est que même les indicateurs, j'ai dû me les créer moi-même. L'étude qui a été faite par le gouvernement est absolument lamentable. Il ne faut pas nous envoyer au casse-pipe inutilement."
L'étude citée par le maire a été publiée en mai dernier et porte uniquement sur la première année de l'expérimentation. S
elon ses conclusions, l'uniforme a pu produire certains effets positifs, sur le sentiment d’appartenance notamment. En revanche, son influence sur les apprentissages, la réussite scolaire est nul ou symbolique. L'enquête montre aussi un décalage fort entre les représentations portées par les adultes et le vécu réel des élèves. S'ils reconnaissent, par exemple, une baisse des moqueries, les jeunes soulignent surtout des contraintes et considèrent souvent l’uniforme comme n'étant pas adapté à leur vie quotidienne."
https://www.franceinfo.fr/societe/educa ... 90873.html
Je vois chaque jour, quand le bus s'arrête à un arrêt en particulier, deux élèves en uniforme scolaire. Ils détonnent parmi d'autres élèves en attente qui eux, sont en habits civils.
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells